Le rendement des piliers des Cataractes a considérablement ralenti au cours des dernières semaines, réduisant du même coup la fréquence des célébrations sur la patinoire.

Des vétérans en panne d'inspiration

CHRONIQUE // Avant le match de dimanche face au Phoenix, il ne fallait pas trop s'inquiéter de la tenue des Cataractes ces dernières semaines. Ils ne jouaient pas leur meilleur hockey, c'était une évidence. Mais dans un calendrier de 68 matchs, ce genre de séquence finit toujours par se produire. Celle-ci était même prévisible, dans la mesure où Claude Bouchard a poussé fort sur ses joueurs toute la saison pour les maintenir au sommet. Avec une telle priorité au sommet de la division, quand les Sea Dogs ont pris l'avance en tête du classement général, je pense que les joueurs de Bouchard - inconsciemment ou non - ont ressenti un peu de fatigue et décidé de s'économiser un peu.
Vrai par contre qu'au plan tactique, il y avait certains choix discutables. La charge de travail colossale de Mikhail Denisov, par exemple. Le gars n'avait jamais traversé une saison aussi exigeante, or il est le deuxième gardien le plus utilisé de la ligue. Une telle situation a fini par taxer le gardien russe, et a visiblement miné la confiance de Zachary Bouthillier, moins solide depuis les Fêtes. Ça va prendre un meilleur équilibre d'ici la fin de la saison pour permettre aux deux gardiens d'arriver en séries prêts. 
Il y a aussi le jeu de puissance qui continue de s'enliser. Les Cataractes n'ont peut-être pas la profondeur en attaque des autres puissances de la ligue, mais leurs meilleurs éléments sont aussi talentueux que n'importe qui. Ils ont le meilleur quart-arrière de la Ligue canadienne avec eux en Samuel Girard, le gars qui possède le meilleur tir du point d'appui de la ligue en Cavan Fitzgerald. Sur les ailes, deux compteurs de 40 but en Dennis Yan et Alexis D'Aoust. Pourquoi ces gars-là ne sont pas réunis au sein du même jeu de puissance? C'est un mystère à mes yeux. Tu prends ces quatre gars-là, tu demandes à Cameron Askew de se planter devant le filet et tu les fais pratiquer ensemble tous les jours de façon à améliorer l'exécution. Puis, tu leur réserves 90 secondes de temps de jeu à chaque fois qu'un gars est au cachot. 
C'est ce que font tous les clubs misant sur des patineurs élites. Avez-vous déjà vu Shea Weber se contenter de 30 secondes sur la deuxième vague cette année? Erik Karlsson? À l'époque où il terrorisait les gardiens de la LHJMQ, j'aurais aimé voir la tête de Steve Larouche si Dany Dubé lui avait réservé pareil traitement... C'est pourtant ce qui se passe actuellement chez les Cataractes en ce moment. 
Mais bon, l'utilisation des joueurs, c'est la prérogative des entraîneurs. On peut ne pas être d'accord, poser des questions, pointer du doigt, ce sont eux qui sont payés pour prendre ces décisions. Ils sont les mieux placés pour les prendre, ils vivent au quotidien avec les joueurs.
Des vétérans moins affamés
L'autre bout de leur tâche, c'est de préparer les troupes pour chacun des matchs. Ça, c'est préoccupant car dernièrement, les joueurs semblent moins réceptifs.
C'est du moins la conclusion que je tire du match de dimanche. 
Lors du duel de vendredi face aux Voltigeurs, Mathieu Olivier était sorti dans les médias, implorant le noyau de leaders dont il fait partie de se lever. Je me disais que c'était le signal du réveil. Et comme le Phoenix, déjà menacé d'être exclu des séries, se pointait sans trois de ses meilleurs éléments, ça sentait le massacre.
Les quelque 4000 personnes qui étaient dans l'aréna dimanche ont plutôt vu une autre sortie peu convaincante. À part peut-être Dennis Yan, Samuel Asselin et Nicholas Welsh, aucun vétéran n'a joué avec urgence. Alexis D'Aoust, cocapitaine, a été l'un des pires joueurs sur la glace. Combien de fois le Trifluvien de 20 ans s'est-il fait voler la rondelle? Fort comme un boeuf, D'Aoust. Des troncs d'arbre comme jambes. Malgré ses atouts physiques, son talent et son expérience, c'est une machine à revirements depuis quelques matchs. À trois semaines des séries, c'est assez alarmant. Cavan Fitzgerald n'est pas plus allumé, il se contente de faire son travail, sans mettre d'extra. Il est où le gars qui brûlait la ligue en début de saison? On peut faire le tour un bon bout comme ça, personne ne s'est levé. Ajoutez à ça une équipe qui ne frappe plus, et vous avez devant vous l'essentiel des raisons qui expliquent ce revers gênant.
Maintenant, il sera très intéressant d'observer ce qui va se passer mercredi à Drummondville. Les Voltigeurs représentent une des bêtes noires des Cataractes depuis le camp d'entraînement. C'est, de plus, un adversaire potentiel pour la première ronde des séries. Inutile de vous dire que les Shawiniganais ont besoin d'offrir du jeu beaucoup plus inspiré au Centre Marcel-Dionne. Si ce n'est pas le cas, les turbulences enregistrées ces dernières semaines risquent de se changer en tempête. Une cinquième défaite d'affilée, dont quatre face à des clubs sous ,500, et il y aura de plus en plus de gens qui vont faire des parallèles avec le sort que Martin Mondou à réservé à Martin Bernard à la Saint-Valentin l'an dernier... Ou encore avec le destin des Foreurs de 2015-16, qui avaient passé l'année à se battre pour la tête de la division Ouest, avant de sombrer dès le premier tour des séries.
Price a-t-il eu la tête de Therrien?
J'ai sursauté en lisant le message de mon ami Raphaël Doucet , de Hockey Magazine, sur Twitter lundi matin. Sous Claude Julien, Carey Price a bloqué 187 tirs sur 197, pour une efficacité de ,949.
Ces statistiques de l'Élu donnent du poids à la rumeur voulant qu'il ait obtenu la tête de Michel Therrien. Ce qui circule, c'est que Price s'était dressé devant Therrien dans le vestiaire en se portant à la défense d'Andrew Shaw, qui se faisait alors enguirlander par le pilote du Canadien. Une scène qui aurait été suivie par plusieurs performances erratiques de celui qui est considéré comme le meilleur gardien au monde. Et la veille du congédiement de Therrien, Price - pourtant jamais très bavard devant les médias - avait lancé que son club avait perdu son identité... 
Tout ça se tient. Ça ne veut pas dire que c'est la vérité. En fait, j'espère que ce n'est pas la vérité. Car s'il y a un joueur que Therrien a traité aux petits oignons durant son séjour à Montréal, c'est bien Price.
Au moins, pour les fans, le retour en forme de l'Élu redonne espoir en vue des séries. À ,949 d'efficacité, avec une équipe un peu plus lourde autour de lui, tout est possible. Oui, oui, tout.