Chez Passion Vélos, comme chez les autres détaillants en Mauricie, les ventes de vélos et d’autres équipements connaissent un essor fulgurant: dans la majorité des cas, on a doublé les ventes par rapport à la même période, l’an passé. Sur la photo, le propriétaire de Passion Vélos, Pino Mondello.
Chez Passion Vélos, comme chez les autres détaillants en Mauricie, les ventes de vélos et d’autres équipements connaissent un essor fulgurant: dans la majorité des cas, on a doublé les ventes par rapport à la même période, l’an passé. Sur la photo, le propriétaire de Passion Vélos, Pino Mondello.

Des vélos qui partent comme des petits pains chauds!

Trois-Rivières — Vous voulez acheter un vélo en vue de la belle saison? Ne perdez pas de temps, les détaillants en Mauricie commencent à manquer de modèles.

L’été covidien que l’on s’apprête à vivre décourage bien des industries, mais pas celle du vélo. Non, il ne manque pas de travail dans les commerces de vente et les ateliers de réparation. Pour plusieurs acteurs du domaine cycliste, c’est du jamais vu, scandent-ils à l’unisson.

Un heureux problème? Oui et non...

«Depuis la mi-avril, c’est complètement fou. On s’est tous fait prendre. En ce moment, la demande dépasse l’offre. C’est un phénomène mondial qui touche autant les détaillants que les distributeurs et les manufacturiers», explique le propriétaire de Passion Vélos Trois-Rivières, Pino Mondello.

«Certains de nos distributeurs ont moins de produits. Heureusement, nous sommes encore en mesure de vendre des modèles recherchés et abordables, que ce soit sur route, de montagne ou les hybrides. Je n’ai pas beaucoup de temps pour vous parler, ça roule pas mal sur le plancher», s’excuse Stéphane Dufresne, du Yéti de Shawinigan et Trois-Rivières.

«Non, on ne s’attendait pas à ça», répond Dany Milette de Go Sport Shawinigan, qui note une forte popularité pour les montures appréciées de «monsieur et madame Tout-le-Monde».

«Nous avons dû réactiver des commandes auprès des fournisseurs, des commandes qu’on avait mises sur le hold au début de la COVID-19. La demande est très forte.»

À La Tuque, l’Atelier Roule Vélo... roule à pleine vitesse. «Sept jours sur sept, avec moins d’employés à cause de la pénurie de main-d’œuvre. On a de la broue dans le toupet», sourit le propriétaire Luc Arseneault, qui sera bientôt en rupture de stock.

«Si un client entre et qu’il recherche une couleur en particulier, je lui suggère fortement d’acheter ce qu’on a en magasin. Sinon, il va marcher! En comparant à l’an dernier, j’ai doublé mes ventes.»

Doubler les ventes: ce constat fut observé par les autres détaillants rejoints par Le Nouvelliste mardi. On savait que ces ventes allaient bon train dans les grandes villes, on sous-estimait peut-être l’effet de cette frénésie dans les régions.

«Les gens ne magasinent pas: ils arrivent avec un plan en tête et ils achètent si ça leur convient. Depuis trois semaines, je suis en rupture de stock sur la plupart de mes modèles. Les vélos électriques, entre autres, ont vraiment la cote», dit Yves Martin, de Vélo 2 Max, dans le secteur Trois-Rivières-Ouest. «Si vous voyez votre grandeur, commandez! Il y a quelque temps, un client d’environ 6 pieds est entré. J’ai su tout de suite que je n’avais plus rien pour lui. Je me suis excusé. La situation est exceptionnelle.»

Du doute à la consécration

Le pire dans tout ça, c’est qu’à l’image de bien des commerçants, les propriétaires des magasins de vélo ont aussi eu peur de devoir mettre la clé sous la porte. «Au plus fort de la période d’isolement, ça te trotte dans la tête», admet Yves Martin, qui a évidemment retrouvé son optimisme depuis.

Même son de cloche du côté de Brunelle Ski Vélo, sur le boulevard des Récollets à Trois-Rivières. «On assiste à une explosion des ventes, tellement que c’est parfois difficile de circuler entre les rangées de vélo», concède Alexandre Turcotte-Giroux.

«Chez nous, depuis trois ans, on remarque un virage prononcé pour le vélo de montagne. On a la chance de miser sur Énergie CMB et le Mont SM à Saint-Mathieu-du-Parc, j’ai l’impression qu’il y aura encore plus d’adeptes de la discipline cet été.»

Les ateliers débordent aussi

Durant la pandémie, l’entreprise trifluvienne Laferté Bicycles, une véritable institution, a concentré ses activités de réparation et d’entretien à la succursale de la rue Laviolette, alors que les ventes de vélos et d’équipements se font sur le boulevard Jean-XXIII, question de faciliter le respect des recommandations émises par la Santé publique.

«La simple mise à niveau, ce qu’on appelle aussi l’entretien préventif, on n’en fait plus», mentionne le gérant de l’atelier de réparation, Martin Nadeau-Gélinas.

«On va s’occuper de vous s’il y a une crevaison ou que vous avez un problème avec votre vélo et que vous êtes sous la garantie. Par contre, il faut qu’on trie davantage qu’avant. On n’a pas le choix!»

Les impacts de l’Asie

Avant le début de la pandémie, le blocus ferroviaire accaparait l’actualité. Celui-ci a eu un impact sur la distribution de certaines pièces, mais c’était bien minime par rapport à ce qui attendait les détaillants, quelques semaines plus tard...

«La COVID-19, c’est comme si les fournisseurs n’avaient jamais reçu leur deuxième livraison de stock! En temps normal, on reçoit nos commandes en deux jours. Maintenant, ça peut prendre deux semaines», estime Nadeau-Gélinas.

Chez Passion Vélos, Pino Mondello dresse des parallèles entre l’arrêt des productions en Asie, au début de la crise du coronavirus là-bas, et les commandes qui tardent à débarquer sur notre continent.

«On s’en rend compte, nous dépendons beaucoup de la Chine. Je me souviens qu’en 2008, quand ils avaient fermé temporairement des usines pour abaisser le niveau de pollution en vue des Jeux olympiques, nous en avions ressenti les conséquences dans la distribution de certains modèles de vélo et des équipements. Comme on dit, quand la chaîne débarque là-bas, on ressent les secousses jusqu’ici!»