Steve Turcotte
Le nouveau Colisée aura-t-il besoin de nouveaux fonds avant même la première mise au jeu?
Le nouveau Colisée aura-t-il besoin de nouveaux fonds avant même la première mise au jeu?

Des millions pour déjà remodeler le nouveau Colisée?

CHRONIQUE / Si tout va bien, avant les vacances estivales, la Ville de Trois-Rivières et les promoteurs de la East Coast League auront signé une entente les liant pour la saison 2021-22.

Ne cherchez pas ce genre de déclaration chez les intervenants impliqués. Les négociations sont longues, complexes. Il y a eu des points de revirements majeurs depuis un an. Tout ça amène à la prudence, des deux côtés. Mais depuis quelques mois, le narratif a changé. On s’échange des contre-propositions, on s’approche chaque fois. Les deux parties veulent s’entendre. Nous y sommes presque.

Partons de ce scénario. Le nouveau Colisée abritera donc une équipe majeure. Le club-école du Canadien de Montréal dans la ECHL. Une bonne quarantaine de dates, peut-être un peu plus.

Il y a évidemment de la place dans le calendrier pour y accueillir les Patriotes, l’autre équipe qui souhaite profiter de ces nouvelles installations.

Par contre, pour miser sur la cohabitation, ça va prendre un investissement supplémentaire.

Le Colisée a été dessiné pour une seule équipe majeure. Même si le nouveau joyau trifluvien n’est pas terminé, pas question de rouvrir le cahier de charges. C’est un projet clé en main: si tu changes une virgule au contrat, tu ouvres la porte à une facturation plus élevée. La Ville a déjà écarté cette avenue. S’il y a des locaux aménagés pour une deuxième équipe majeure, ils seront créés lors d’une deuxième phase. Quant au coût associé à un tel projet, il varie en fonction de l’ampleur des travaux. Mais semble-t-il que la barre minimale est au-dessus du million $ et que ça peut très facilement doubler, peut-être tripler.

C’est quand même un montant appréciable. Une décision qui ne doit pas être prise sur le coin d’une table par les élus municipaux. Il y a déjà une soixantaine de millions engagés dans cette nouvelle infrastructure, cet ajout vaut-il la peine?

Peut-être que la réponse est positive. Tant mieux pour les Patriotes si c’est le cas. Mais les élus devront quand même défendre ça devant les payeurs de taxes.

À un moment où, dans un autre secteur de la ville, on s’apprête à démolir l’aréna Jean-Guy-Talbot.


« Bien des gens sont tristes au Cap-de-la-Madeleine de perdre cette infrastructure. La démolition est logiquement incontestable, la bâtisse est en très piteux état. »
Steve Turcotte

La Ville a annoncé son intention de le remplacer par un nouveau complexe sportif… sans surface glacée. C’est là que ça se corse. Le secteur perd donc une glace, au moment où ailleurs en ville, il y en a deux qui s’ajoutent. S’il faut en plus injecter des millions supplémentaires au nouveau Colisée avant même la première mise en jeu, ça risque de crier dans certaines chaumières.

On me dit que le maire est sensible aux frustrations exprimées au Cap-de-la-Madeleine sur la disparition d’une glace. Le fruit n’est peut-être pas mûr pour une annonce en pleine pandémie, mais il y a une certaine réflexion déjà entamée sur la possibilité de finalement greffer une glace au nouveau complexe multidisciplinaire. Si on se dirige vers cette option, ça vaudrait la peine de l’entourer d’un millier de sièges, pour satisfaire les besoins du Climatisation Cloutier.

Qui sait, ça pourrait devenir en même temps le château fort des Patriotes, non? Pour une équipe de hockey, c’est toujours mieux de remplir un aréna au bouchon, plutôt qu’au tiers.

D’une façon ou d’une autre, les prochains millions investis pour les sports de glace doivent être stratégiquement utilisés. Il faut penser moyen et long terme plutôt que d’avoir les yeux uniquement sur les prochains mois. Si la Ville a des sous à la fois pour remodeler le nouveau Colisée et accommoder les gens du secteur Cap-de-la-Madeleine, il faudra s’en réjouir. Mais s’il y a un choix à faire, une sérieuse réflexion doit être menée.