Un groupe d’athlètes féminines de la région représentent le Québec au Championnat du monde d’ultimate frisbee.

Des joueuses de la région au Championnat du monde

Trois-Rivières — Bien que méconnu, l’ultimate frisbee compte des adeptes un peu partout sur la planète. Du 14 au 21 juillet, les meilleures équipes participent au Championnat du monde par équipe à Cincinnati aux États-Unis. Un groupe d’athlètes féminines de la région représentent le Québec au sein de cette équipe d’élite.

«On a le désir de gagner, de se surpasser et de nous donner entièrement sur le terrain pour notre équipe, nos amies, notre famille», lance en entrevue avant de s’envoler pour les États-Unis Marie-Ève Beauchemin, une des capitaines de l’équipe IRIS.

L’athlète originaire de Trois-Rivières sera entourée de compatriotes dans la région à Cincinnati. Les joueuses Marie Genest et Maude Gagné, également de la région, porteront aussi l’uniforme bleu de l’équipe IRIS. Deux entraîneures de l’équipe du Québec, Audrey St-Arnaud et Isabelle Lemay, représenteront aussi la région à cette importante compétition.

Sport ignoré par plusieurs, le ultimate frisbee a été constitué à la fin des années 60 et reprend notamment des éléments du football, du soccer et du handball. L’objectif est de marquer des points en progressant sur un terrain en passant le frisbee d’un joueur à l’autre — le passeur ne peut toutefois pas marcher avec le disque — jusque dans la zone d’en-but à l’image d’un touché au football.

L’équipe IRIS est composée de filles de partout au Québec. De Montréal à Sherbrooke, en passant par Trois-Rivières ou encore de la Gaspésie, ces athlètes sont réunies par la passion du sport.

Signe que l’ultimate frisbee est un sport plus populaire qu’on pourrait le penser, des équipes de la Colombie, des États-Unis, de la Finlande, de la Russie, de la Nouvelle-Zélande, de l’Italie, de l’Autriche, de la Suisse ou encore du Japon, de l’Australie et du Mexique tenteront de remporter les grands honneurs à Cincinnati. IRIS doit débuter son tournoi dimanche avec un match contre l’Australie.

Fébriles, les joueuses sont en confiance pour ce premier duel. «Nous affrontons les meilleures équipes du monde.C’est une chance unique de prouver que nous faisons partie de celles-ci», estime pour sa part Maude Gagné. Marie-Ève Beauchemin, qui a aussi pratiqué le flag football, l’athlétisme pour le Vert et Or de l’Université de Sherbrooke et l’haltérophilie, connaît bien la compétition de haut niveau. L’ancienne élève de l’Académie les Estacades en est à ses troisièmes championnats du monde.

«Le calibre va être vraiment relevé. Et il y aura cette année cinq équipes américaines. Et les États-Unis sont vraiment la puissance mondiale en ce moment au niveau du ultimate. Ils ont toujours le podium», soutient la capitaine de l’équipe IRIS. «Il y a aussi la Colombie qui sort bien son épingle du jeu, alors ça va être difficile de se tailler une place dans le top 8, mais c’est notre objectif.»

Devant le jeu rapide et les courtes passes des Japonaises ou encore les longues passent à la «Hail Mary» des Américaines, les joueuses d’IRIS veulent opposer un jeu offensif calme et réfléchi.

«Nous avons des joueuses avec une grande expérience en offensive. On utilise notre cerveau davantage. On a aussi des joueuses vraiment en forme et prêtes pour le championnat», précise Marie-Ève Beauchemin. «On s’entraîne vraiment beaucoup pour ce tournoi. L’intensité va être à fond et on va profiter des revirements.»

Fait inusité, il n’y a pas d’arbitre au ultimate frisbee. Les joueurs se doivent d’avoir un bon esprit sportif. «J’adore que ce soit autoarbitré, car ça demande de l’honnêteté et beaucoup d’esprit de jeu. C’est la beauté de ce sport. Les athlètes ont vraiment une bonne éthique de travail grâce à cet aspect», conclut Maude Gagné.