Les joueurs de football des Diablos ont participé à la distribution des paniers de Noël, qui seront remis à plus de 400 familles.

Des bras, mais surtout du cœur

TROIS-RIVÈIRES — L’effort physique demandé n’a rien à voir avec les entraînements exigeants de la saison régulière, mais pour les gens à qui ils viennent en aide, ça fait toute la différence.

Des joueurs des Diablos football ont répondu à l’invitation de leur entraîneur François Dussault en s’impliquant pour la distribution des paniers de Noël de l’organisme Ebyôn, au Centre de solidarité Saint-Eugène du secteur Cap-de-la-Madeleine.

«On vient prêter main-forte. En fait, on prête nos bras», mentionne Dussault, rencontré à quelques minutes des premiers dépôts de boîtes, entouré de ses gaillards. «Nous sommes très heureux d’y participer. Chaque année, j’essaie de trouver deux activités de bénévolat. Notre présence ici deviendra une tradition.»

L’initiative provient de Roger Kemp, lui-même associé aux Diablos pendant plusieurs années. Les jeunes adultes qui ont  levé la main pour offrir de leur temps toucheront plus de 400 familles de l’est de Trois-Rivières, où le taux d’analphabétisme atteint 37 % de la population dans certains secteurs. «Mon gars a joué cinq ans et j’ai été gérant d’équipement. Ça me réchauffe le cœur de voir tous ces joueurs avec leur chandail de football. Ils sont là pour les bonnes raisons.»

«C’est se lever tôt qui est le plus difficile», lance Michaël Morin en souriant, sous le regard complice de son coéquipier Patrice Gemme. «Nous sommes en fin de session, mais on a du temps à donner. Il faut en profiter, nous sommes en forme et c’est une façon de redonner. J’aime l’idée de François de s’activer par l’action bénévole. J’espère que ça va se répéter pour les autres cohortes Diablos dans les années à venir. On apprend beaucoup d’expériences comme celle-là.»

Vision partagée par le demi de sûreté Olivier Gingras-Gagnon qui, un peu plus loin, recevait les boîtes posées sur des chariots. Une fois installés sur les tables, les paniers sont prêts à quitter le sous-sol de l’ancienne église Saint-Alphonse, rachetée par Ebyôn dans les dernières semaines. 

«Il n’y a pas de stress, on s’amuse! On essaie de se rapprocher de la communauté. À Trois-Rivières, nous sommes privilégiés d’avoir une si belle base de partisans à nos matchs locaux. J’ose croire que nous sommes des modèles pour les jeunes aussi alors si on peut leur inculquer certaines valeurs, c’est tant mieux.»

François Dussault l’assure, il n’a pas eu à tordre un bras ou à menacer ses protégés d’entraînements punitifs pour assurer leur participation à l’activité. «Non, je n’ai pas besoin de courir après eux et c’est ce qui me rend fier. C’est une question de valeurs que nous prônons dans notre sport: le respect et le travail d’équipe. On a tendance à oublier, de nos jours, à quel point c’est gratifiant de redonner.»

Les Diablos compléteront leur bonne action du temps des Fêtes ce vendredi, alors que les derniers paniers de Noël seront distribués aux familles dans le besoin. Ebyôn a également prévu la distribution de jouets pour des enfants de tous les âges. Qui sait, l’un d’eux trouvera peut-être, dans son panier, une peluche des Diablos.