Certains terrains de tennis du parc Réal-Dufresne pourraient être aménagés pour le pickleball, mais auparavant, il faudrait redonner un peu de lustre à ces surfaces de jeu.

Des adeptes réclament des terrains à Shawinigan

SHAWINIGAN — De plus en plus nombreux, les amateurs de pickleball réclament des surfaces de jeu à Shawinigan. Une quarantaine d’entre eux se sont déplacés à la dernière séance publique du conseil municipal, où ils ont reçu une oreille attentive des élus.

Ce sport, un mélange de tennis, de badminton et de tennis de table, gagne en popularité partout à travers le Québec. En 2011, Marcel Lemieux a fondé la Fédération québécoise de pickleball et au cours de la première année, elle comptait une soixantaine de membres. Sept ans plus tard, ce nombre est passé à 3000. M. Lemieux estime toutefois qu’il existe au moins 10 000 joueurs à travers la province.

«On s’attend à doubler le nombre de membres d’ici deux ou trois ans», explique le président - directeur général de la Fédération québécoise de pickleball. «C’est un sport qui aura une progression fulgurante, comme aux États-Unis. Là-bas, ils sont trois millions de joueurs et ils s’attendent à en avoir huit millions dans deux ans! La croissance est effrayante, parce que tout le monde peut jouer.»

Si les écoles finissent par démontrer un intérêt pour le pickleball, cet engouement ne fera que s’accentuer, prédit M. Lemieux. «À partir du moment où les professeurs d’éducation physique vont s’impliquer, ça va être l’enfer!»

Cet intérêt grandissant est également observé à Shawinigan, d’où la démarche de plusieurs membres du Club de pickleball Shawinergie. En trois ans, le nombre d’adeptes réguliers est passé d’une quinzaine à 80, selon le porte-parole, Pierre Barbeau.

Il explique qu’un projet a été déposé au conseil municipal, inspiré notamment par les démarches réalisées au parc Pie-XII à Trois-Rivières et à Berthierville. Il consiste essentiellement à utiliser deux des quatre terrains de tennis du parc Réal-Dufresne pour y intégrer du pickleball.

La Ville reporte la réfection de ces terrains depuis deux ans. Des fissures s’élargissent d’année en année et le gazon s’y infiltre, affectant ainsi toutes les surfaces de jeu. Le conseiller du district Val-Mauricie, Guy Arseneault, mentionne que la Ville tente d’obtenir une aide financière du gouvernement provincial pour réparer ces terrains, puisque les travaux sont tout de même estimés à 215 000 $. Un montant de 72 000 $ avait pourtant été investi au même endroit en prévision des finales provinciales des Jeux du Québec, en 2012.

«Il y a quatre terrains de tennis et nous demandons d’en enlever deux pour faire six terrains de pickleball permanents», explique M. Barbeau.

M. Arseneault indique que le Service des loisirs, culture et vie communautaire analyse actuellement cette proposition, mais d’autres avenues pourraient également être explorées. La fréquentation des terrains de tennis du parc Réal-Dufresne entrera dans l’équation, bien que M. Arseneault reconnaisse que compte tenu de l’état de ces surfaces de jeu, cette analyse peut être trompeuse.

«Pour le moment, tous les scénarios sont bons», résume le conseiller municipal.

Les adeptes de ce sport cherchent des surfaces de jeu et peinent à en trouver, particulièrement en plein air. Durant l’automne et l’hiver, ils prennent d’assaut les gymnases pendant les samedis sportifs, aux écoles secondaires Val-Mauricie et Du Rocher. Ils ont aussi trouvé des disponibilités au Séminaire Sainte-Marie. L’été, ils jouent au parc André-Yvon Perreault, où ils disposent de quatre terrains.

«Nous constatons aussi qu’il reste de l’espace au parc Frank-Gauthier, où il pourrait y avoir des terrains de pickleball», avance M. Barbeau.

Ouverture
Le maire, Michel Angers, n’a pas donné une réponse claire lorsqu’il a été interpellé sur cette question, mais la promotion de l’activité physique touche une corde sensible.

«Si quelque chose nous tient à cœur, c’est de voir que nos enfants, nos parents et nos grands-parents puissent être en mesure de bouger», a-t-il répondu. «Une analyse doit se faire, mais on peut s’avancer sur le fait qu’on va travailler pour faire la promotion de ce sport et vous donner les endroits nécessaires pour le pratiquer.»

Le maire a confirmé que la cohabitation avec les terrains de tennis devra être analysée. M. Lemieux reconnaît qu’il s’agit d’un écueil à travers le Québec.

«Notre gros problème, c’est la disponibilité des terrains par rapport au nombre de personnes qui veulent jouer», explique-t-il. «Au Québec, les joueurs de tennis ont une grosse influence sur les élus municipaux. Ils ne veulent pas qu’on touche à leurs terrains! On l’a vécu partout. À certains endroits, des lignes de terrains de pickleball sont intégrées aux terrains de tennis. Une fois que c’est fait, ça va bien. Mais à Drummondville par exemple, on fait des terrains spécialement dédiés au pickleball. Notre défi, c’est de convaincre les politiciens.»