Jordan Balmir a réussi à régler ses problèmes pour se consacrer exclusivement à la boxe.

Dépendant à l’entraînement

Shawinigan — Quand Jordan Balmir a lancé en conférence de presse jeudi dernier, lors du dévoilement de la sous-carte du gala du 10 février à Shawinigan, qu’il était 100 % dédié à la boxe, il ne badinait pas.

C’est un engagement qu’il a pris envers lui-même il y a déjà un bon bout de temps. Quatre cent vingt-deux jours, pour être plus précis. Le Drummondvillois, qui partage son temps entre son patelin et Trois-Rivières puisqu’il est dans l’écurie de Jimmy Boisvert au club Performance, s’est débarrassé de ses derniers démons depuis maintenant plus d’un an, une source de fierté encore plus grande que sa fiche immaculée de sept victoires en autant de sorties chez les pros.

«De 12 à 20 ans, j’étais dépendant aux drogues. J’ai été hospitalisé, j’ai fait des cures. J’en ai fait baver pas mal à mes parents. Je m’en suis sorti il y a quelques années mais il restait la question de l’alcool à régler», confie Balmir. «J’étais incapable d’être raisonnable. Certains peuvent arrêter facilement après un verre. Moi je devais voir le fond de la bouteille à tout coup. Évidemment qu’un tel comportement amène des problèmes.»

Après son deuxième combat pro, une victoire tiède contre un boxeur de troisième ordre, Balmir a décidé de faire un choix. «Pour moi, c’était une défaite, ce combat-là. Je suis tombé dans une petite dépression. J’ai alors décidé de mettre de côté l’alcool pour quelques temps. Un mois, puis trois mois, puis six mois, et ainsi de suite. Aujourd’hui, je ne me souviens plus de l’effet d’un lendemain de veille. C’est une grande victoire pour moi.»

Balmir accepte de s’ouvrir sur le sujet, afin de peut-être inspirer d’autres personnes qui vivent le même calvaire. Il veut redonner au suivant. «Moi, j’ai été inspiré par d’autres dans mon combat. Je voyais des gens sur Facebook qui avaient arrêté de boire depuis un an, ou plus, ça me prouvait que c’était possible. Chaque truc positif disponible peut faire une différence.»

Différent
Balmir se sent différent maintenant. À 24 ans, il croit qu’il pourrait renouer avec un verre ou deux, sans trop s’emporter. «Mais je n’ai pas le goût de le faire. Tant qu’à arrêter, aussi bien arrêter pour vrai.»

Il est toujours dépendant par contre. C’est l’entraînement qui l’obsède. C’est son frère qui l’a initié à la musculation à l’adolescence. Il a bifurqué ensuite vers les arts martiaux mixtes, avant de faire son nid dans le noble art. «C’est moins dur sur le body que l’alcool et la drogue, et ça me mets pas mal moins dans le trouble», sourit-t-il. «Mais oui, c’est une sorte de dépendance. Je m’entraîne deux fois par jour. Avant, c’était six jours semaine. J’ai augmenté à sept. Je veux mettre toutes les chances de mon bord.»

Balmir va remonter sur le ring le 10 février, quelques heures avant la finale impliquant son chum Simon Kean. Il a bien failli être impliqué dans un combat local, défié par Louisbert Altidor (6-2). Balmir aurait aimé accepter le combat mais son entraîneur Jimmy Boisvert a finalement apposé son veto. Balmir va plutôt se mesurer à un Mexicain dont il ignore pour l’instant l’identité.

«J’ai la chance d’être bien entouré. Ces gens-là prennent les meilleures décisions pour moi. La boxe est un sport dur, il faut faire les choses de la bonne façon. Les gros combats, ça va venir», promet-il, en avouant qu’il est très clair sur ses intentions avec son clan. «À tous les jours, nous avons des discussions sur notre plan. Mes proches savent que je veux être testé, que je veux vivre de grandes soirées. Si c’était juste de moi, ce serait tout de suite. Je comprends toutefois qu’il y a une façon d’arriver à atteindre nos objectifs. Mais croyez-moi, je ne suis pas le gars le plus patient. De belles choses s’en viennent!»