Denis et Bégin deviennent des légendes

Trois-Rivières — Lorsque Marc Denis et Steve Bégin ont enfilé pour la première fois le chandail des Estacades, ils ne se doutaient pas que 25 ans plus tard, ils verraient leur numéro être hissé au sommet du domicile de la formation trifluvienne.

Dimanche, les deux hockeyeurs sont devenus les premiers joueurs immortels du club. Devant la foule réunie au Complexe sportif Alphonse-Desjardins, les numéros 1 et 20, appartenant respectivement au gardien et à l’attaquant, ont été hissés au sommet de l’aréna. Denis et Bégin étaient de la toute première édition de l’équipe, lors de la saison 1993-1994, bien que le deuxième a vu davantage d’action lors de la campagne suivante, à titre de capitaine. 

«J’ai eu une montée d’émotion quand j’ai vu la bannière rejoindre le plafond. C’est une fleur qu’ils me font. On ne court pas après ça lorsqu’on joue au hockey, on court après les victoires et on veut être un bon coéquipier. On ne court pas après les honneurs, mais c’en est tout un aujourd’hui», a souligné Denis.

Pour Bégin, il s’agissait de la conclusion d’une belle semaine. Mardi, la Ville de Trois-Rivières et le Canadien de Montréal ont inauguré la patinoire Bleu-Blanc-Rouge, dont le pavillon porte maintenant son nom. Une surface construite à quelques centaines de mètres de l’endroit où il a grandi. Puis dimanche, c’est une autre étape de sa jeunesse qui était soulignée.

«J’ai été m’acheter un billet de loterie! C’est une belle semaine pour moi. Des reconnaissances comme ça, c’est une fierté et ça rappelle de bons souvenirs du temps où on était avec les Estacades. J’étais remplaçant quand Marc était ici, mais la deuxième année de l’équipe, c’était mon année. C’est tellement de beaux souvenirs.»

Un tremplin vers la LNH

Le passage de Marc Denis avec les Estacades aura été le point tournant de sa carrière. Celui-ci venait tout juste d’être retranché par l’équipe de Montréal-Bourrassa et semblait se diriger vers un cul-de-sac, avant d’accepter l’offre de la toute nouvelle équipe située en Mauricie. Deux ans plus tard, l’Avalanche du Colorado en faisait leur choix de première ronde au repêchage de la Ligue nationale de hockey.

«J’ai vécu (mon passage à Trois-Rivières) en accéléré. C’est une décision qui s’est prise en 48 h, quitter le nid familial alors que je venais juste de me faire retrancher. Sans les Estacades, il n’y aurait probablement pas eu d’histoire de hockey professionnel pour Marc Denis. Ça allait être les études et tourner la page. Mais le rêve était tellement fort. Cette opportunité a été un tremplin pour moi et je ne l’ai jamais regrettée», souligne le gardien

«Trois-Rivières a fait une belle job avec lui! Il a tout appris à trois-Rivières!», a lancé en rigolant Bégin, à propos de la carrière du gardien, mais aussi d’analyste à RDS.

L’ancien capitaine des Estacades a finalement poursuivi son chemin avec les Foreurs de Val-d’Or, où il portait le C sur son chandail lorsque l’équipe a remporté la coupe du Président. Un autre trophée s’est ajouté, la coupe Calder, emblème de la Ligue américaine, quelques années plus tard dans l’organisation des Flames de Calgary, qui en avaient fait leur choix de deuxième ronde en 1996. Celui à qui peu de gens donnaient une chance d’atteindre la LHJMQ a finalement disputé plus de 500 matchs dans le circuit Bettman.

Un message aux joueurs

C’est d’ailleurs cet exemple de ténacité que les deux joueurs ont voulu partager avec les jeunes joueurs des Estacades, qui avaient enfilé le gilet d’époque à l’occasion du match face aux Albatros du Collège Notre-Dame.

«On leur a dit à quel point on était fier d’avoir été avec les Estacades. Le conseil que nous leur avons donné pour jouer dans la LNH, c’est que ce ne sont pas toujours les meilleurs qui passent. Ce sont ceux qui ont le plus de coeur, de caractère et qui le désirent plus que l’autre. Il faut que tu acceptes qui tu es. Si tu es un gardien, tu dois arrêter la rondelle, si tu es un marqueur, tu dois marquer et si tu es un joueur physique, tu dois frapper. Si tu l’acceptes, avec du travail, tu as une chance comme n’importe qui d’atteindre ton rêve», conclut Bégin.

Danault absent

Il y avait bien sûr un absent de marque lors de cette après-midi. Victime d’une commotion cérébrale après avoir reçu un tir de Zdeno Chara à la tête le 13 janvier dernier, Phillip Danault n’a pu être de la fête, lui qui devait être le troisième ancien Estacades à voir son numéro retiré. Cet honneur a été remis à une date ultérieure par l’organisation.

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Des unités spéciales payantes

Il a fallu attendre jusqu’en deuxième période avant de voir les Estacades exploser, dimanche après-midi face au Collège Notre-Dame. Ils l’ont emporté par la marque de 4-1.

La troupe de Frédéric Lavoie a rapidement donné le ton dans cette rencontre, mais a manqué d’opportunisme en première période, si bien que ce sont les Albatros qui ont été les premiers à s’inscrire à la marque. Indisciplinés, les visiteurs ont ouvert la porte aux Estacades par la suite. Zackary Daneau a été le premier à faire bouger les cordages, puis Jérémy Michaud, deux fois, et Mavrik Bourque ont inscrit des filets en avantage numérique avant la fin du deuxième engagement pour assurer la victoire aux locaux.

«On avait hâte de marquer parce qu’ils auraient fini par avoir des chances. C’était un match physique, mais ils ont prêché par l’indiscipline parce qu’ils voulaient faire preuve d’intimidation. On les a fait payer en avantage numérique», a analysé le pilote.