Samuel Poulin, première étoile de la dernière semaine dans la LHJMQ, joue à merveille son rôle de catalyseur offensif chez le Phoenix de Sherbrooke.

Déjà des réponses à certaines questions

CHRONIQUE / Les 18 équipes de la LHJMQ auront bientôt écoulé le quart de la saison 2019-20. À ce point, l’échantillon des premières semaines est valable, et apporte déjà des réponses à certaines questions des observateurs. Voici quelques constats que l’on peut tirer de ces premières semaines d’activités dans le circuit Courteau.

Le Phoenix répond aux attentes

Le Phoenix de Sherbrooke fait bien paraître les spécialistes de hockey junior, qui avaient presque à l’unanimité identifié l’équipe de Stéphane Julien comme la référence de l’association Ouest.

Tout fonctionne pour les Sherbrookois. Les vétérans de 20 ans apportent leadership et production, la vedette locale Samuel Poulin joue son rôle de catatyseur offensif, les unités spéciales sont brillantes et le nouveau gardien Samuel Hlavaj s’est déjà joint à la crème de sa confrérie.

Le seul péché mignon du Phoenix à l’heure actuelle, c’est son indiscipline. Jusqu’à maintenant, l’équipe bâtie par Jocelyn Thibault s’en tire sans dommage mais il est évident que ce problème doit être corrigé sinon, il finira par coûter des matchs. La bonne nouvelle, c’est que c’est un dossier qui peut se régler assez rapidement, si Julien met son pied à terre dans le vestiaire.

Pour le reste, il sera très intéressant de suivre Thibault lors de la prochaine période de transactions. Pour la première fois, il se retrouve dans la position de favori. Saura-t-il être créatif pour greffer les derniers morceaux manquants? Certains directeurs généraux brillent dans une situation aussi délicate, d’autres passent à côté de la parade…

Déchaîné, Lafrenière

Certains joueurs peuvent être dérangés par la pression qui enveloppe la saison les menant au repêchage. Pour les compétiteurs toutefois, l’effet est complètement inversé!

Alexis Lafrenière appartient incontestablement à la deuxième catégorie. Le grand joueur de centre de 18 ans a enfoncé 34 points dont 10 buts à ses 13 premiers matchs. Monsieur Lafrenière tire évidemment ses compagnons de trio Cédric Paré et Dmitry Zavgodniy, eux qui ont amassé respectivement 32 et 28 points. Imaginez, la meilleure récolte de buts en carrière de Paré s’établissait à 17. Il en revendique déjà un de plus! On devine le vétéran de 20 ans très gentil avec son entraîneur, question de garder sa place sur le premier trio!

Chose certaine, cette combinaison meurtrière explique en grande partie pourquoi l’Océanic se bat pour la tête de la division Est, avec les surprenants Islanders de Charlottetown. Serge Beausoleil va chercher à s’offrir plus de profondeur pour le dernier droit menant aux séries mais au moins, il n’a pas besoin d’attaquer la prochaine période de transactions de décembre avec l’urgence de dénicher des ténors. Les gros canons, il les possède déjà.

Encore une longue saison pour le Titan

L’optimisme était bien réel chez le Titan durant la saison estivale. Après avoir perdu 35 de ses 36 derniers matchs en 2018-19, le patron hockey Sylvain Couturier a fait des ajouts intéressants pour donner un peu plus de munitions à son entraîneur Mario Durocher. Or les vétérans Yan Aucoin, Shawn Élément et Tristan Bérubé n’arrivent pas à sortir l’équipe de sa torpeur. Le Titan n’a pas encore gagné en 2019-20, en 12 essais. L’attaque est la pire de la ligue et sans Bérubé, qui présente le quatrième meilleur pourcentage d’efficacité du circuit, la défensive serait aussi à la queue du peloton.

Oui, c’est une autre bien longue saison qui semble attendre les champions du printemps 2018. Un championnat fort coûteux, puisque le Titan y a englouti notamment ses choix de premier tour en 2018 et 2019. En juin dernier, ça lui a coûté Zachary L’Heureux au 3e échelon, déjà auteur de 15 points en 12 matchs à 16 ans! Le Titan va à nouveau se priver d’un choix top 5, peut-être même top 3 au prochain repêchage. Pas évident reconstruire quand on doit faire l’impasse sur ce genre de talent.

Il y a des marchés qui acceptent les lourdes reconstructions. À Bathurst, cette traversée du désert fragilise certainement la concession. Le Titan n’a franchi la barre des 2000 spectacteurs qu’une seule fois, à son match d’ouverture. Depuis, les foules se promènent entre 1700 et 1300 personnes, bien loin du seuil de rentabilité d’une franchise junior.

Vivement un nouvel amphithéâtre pour les Olympiques

L’une des plus glorieuses franchises de la LHJMQ tire de la patte depuis quelques années. Alain Sear a tout misé pour préparer une équipe excitante qui sera en mesure d’anime le futur amphithéâtre qui se bâtit actuellement à Gatineau mais pour s’y rendre, le chemin est tortueux.

Les ennuis aux guichets de l’équipe sont connus. Et ce n’est pas la nouvelle saison qui semble vouloir redresser la situation. Des photos d’un aréna Robert-Guertin pratiquement désert ont circulé ces dernières semaines, faisant bien mal paraître les Olympiques. L’état-major a répliqué en mettant sur pied une nouvelle promotion… qui a dû être retirée puisqu’elle était illégale. Ça faisait pas mal broche à foin…

Sur la glace, ça ne va pas mieux. Les Olympiques n’ont gagné que deux de leurs 12 premiers matchs. Le travail en infériorité numérique flirte avec le record de médiocrité des 51 années d’histoire du hockey junior canadien! Ce rendement a incité Sear à déclarer qu’il allait bientôt aller faire un tour derrière le banc de l’équipe pour mieux apprendre à connaître ses joueurs. Pas de façon permanente, non. De temps en temps, comme si c’était un country club où l’on entre et on sort à sa guise!

Ça n’a aucun sens.

S’il est satisfait du travail de ses entraîneurs comme il le dit, qu’il les laisse manœuvrer dans la tempête. Sinon, qu’il procède à un changement. Une solution entre les deux, c’est curieux, pour être poli.