Tony Germain a connu des Jeux olympiques passablement mouvementés à Rio.

Décisions controversées en boxe: l'arbitre Tony Germain blanchi sous peu?

Les 36 juges et arbitres écartés après les Jeux olympiques de Rio à la suite de décisions controversées, dont le Shawiniganais Tony Germain, seront «réintégrés au cas par cas», a annoncé vendredi la Fédération internationale de boxe amateur (AIBA) à l'issue d'une enquête interne qui vient d'être bouclée.
Plusieurs juges et arbitres avaient déjà été écartés des épreuves durant les Jeux, après plusieurs décisions controversées. L'Irlandais Michael Conlan, défait en quarts de finale des moins de 56 kg par le Russe Vladimir Nikitin, avait ainsi contesté avec virulence la décision des juges. «Les juges sont corrompus, c'est aussi simple que ça», avait tempêté l'Irlandais, qui a depuis lors reçu un «blâme sévère» du CIO pour avoir placé des paris sur des combats de boxe durant les Jeux.
À sa première présence aux Olympiques, Germain avait été passablement occupé, officiant 12 combats en plus d'en juger 52 autres. Il était d'ailleurs un des juges lors du combat entre Conlan et Nikitin. Toutefois, sa carte de pointage n'avait pas été retenue lors de cet affrontement, puisque, avec la réglementation en cours à ce moment, seulement trois cartes des cinq juges étaient utilisées.
«Je donnais l'Irlandais gagnant», rappelle Germain, soulagé du courriel qu'il a reçu vendredi matin. Le message, qui redirigeait vers le communiqué de l'AIBA, ne faisait toutefois aucunement mention de la liste des juges qui seront réintégrés dans les prochaines semaines. Un petit doute subsiste donc dans sa tête
«Je n'ai pas à m'inquiéter, mais ça reste politique. On ne sait pas comment ça va virer. Je m'attends à recevoir un appel ou un courriel la semaine prochaine. Les Olympiques, c'était ma meilleure compétition à vie. Je me croise les doigts, mais je devrais être correct.»
L'AIBA avait annoncé le 6 octobre que l'intégralité des 36 juges et arbitres ayant officié aux JO de Rio avaient été écartés dans l'attente des résultats d'une enquête.
«La réintégration de ces officiels va maintenant commencer au cas par cas», a indiqué l'AIBA dans un communiqué expliquant que la suspension provisoire de ces juges, annoncée début octobre était «nécessaire» mais ne préjugeait en «aucun cas d'actes» répréhensibles.
«Tous ne seront pas réintégrés», a précisé à l'AFP un porte-parole de l'AIBA.
Parmi les recommandations de la commission d'enquête de l'AIBA en vue des Jeux de Tokyo en 2020, certains changements seront mis en place. Les pouvoirs seront décentralisés afin d'éliminer le système 5 étoiles des arbitres et juges pour confier l'arbitrage aux superviseurs techniques des tournois. De plus, les cinq cartes des juges seront dorénavant retenues pour décider de l'issue d'un combat, plutôt que trois, et le choix des officiels pour un combat sera fait au hasard par un système informatique.
Des changements que Germain applaudit, lui qui a été, tout comme les 36 autres arbitres et juges, interrogé par voie de questionnaire lors du processus d'enquête de l'AIBA.
«C'est une bonne nouvelle. Depuis Rio, je n'avais pas travaillé. Oui, je comprends que par souci de transparence, nous ayons été suspendus, mais c'est un soulagement d'enfin voir la lumière au bout du tunnel.»
Avec l'Agence France Presse