Gerry Rochon était une figure bien connue et respectée dans le monde du sport en Mauricie.

Décès de Gerry Rochon: la mémoire du sport en Mauricie n’est plus

TROIS-RIVIÈRES — Figure emblématique du sport en Mauricie, grand statisticien et encyclopédiste: Gerry Rochon, dont la réputation dépassait les frontières de la région, est décédé jeudi à 69 ans. Il se savait atteint d’un cancer depuis quelques mois.

Impliqué au sein de l’organisation du Grand Prix de Trois-Rivières par l’entremise des Amis du Grand Prix, de la Corporation Sport-Hommage ainsi que du Temple de la renommée sportive de la Mauricie, son passage remarqué à l’émission Tous pour un, dans les années 90 à Radio-Canada, l’aura fait connaître à la grandeur de la province.

Ses connaissances générales en faisaient une personne recherchée et respectée. Plusieurs le considéraient comme la Bible du sport puisqu’il conservait précieusement toutes ses notes. Il avait aussi une mémoire phénoménale.

Gerry Rochon a notamment travaillé pour la Ligue nationale de hockey et les Canadiens de Montréal. Il a aidé ces organisations dans la quête de certaines statistiques. Le Tricolore avait fait appel à ses services dans le cadre du 100e anniversaire de la concession, en 2009. Il est aussi intervenu lors des célébrités entourant le 80e anniversaire du Stade de baseball de Trois-Rivières, l’an passé.

Naturel et spontané

Longtemps employé à l’UQTR, M. Rochon attirait la curiosité des étudiants qui fréquentaient l’imprimerie, où il travaillait. Sa passion pour les chiffres ne faisait pas de doute. Il s’intéressait au hockey, mais aussi au baseball, au football, au tennis, au soccer, à la course automobile ainsi qu’à tous les sports olympiques. Il pouvait énumérer tous les records du monde de chacune des disciplines. Il collectionnait les statistiques depuis des décennies. Impossible de le coincer sur des faits. Sa maison regorgeait de documents manuscrits.

«Il était notre mémoire vivante, c’était quelqu’un de très méticuleux. Une lourde perte pour la Mauricie», partage le président de la Corporation Sport-Hommage, André Beauchesne. «Gerry a repris le flambeau du Temple de la renommée sportive en Mauricie lorsque Jean-Marc Paradis et Claude Mongrain sont tombés malades. Grâce à lui, la structure du Temple a toujours eu des bases solides.»

Naturel, spontané et dédié, voilà les mots qui ressortent pour décrire Gerry Rochon. «C’était mon complice de toujours. La première fois que tu le rencontres, on dirait que ça fait des années que tu le connais.»

M. Beauchesne ajoute que «l’ami Gerry, c’était bien plus que des statistiques. Il a toujours eu une soif d’apprendre, une curiosité intellectuelle. Jamais nous ne l’oublierons.»

Le président de Sport-Hommage confirme qu’un hommage perpétuel sera rendu à l’homme qui a contribué à la cause du sport amateur régional.

Le gars qui savait tout

Il y a environ deux mois, lorsque Gerry Rochon est entré dans son bureau en lui annonçant qu’il devait se retirer de ses obligations avec les Amis du Grand Prix, le directeur général du GP3R, Dominic Fugère, savait que son complice était atteint d’une grave maladie. «Il ignorait à ce moment qu’il s’agissait du cancer, mais c’était sérieux.»

M. Fugère espérait que le féru de statistiques de son organisation puisse lui donner un coup de main dans la préparation d’un calendrier spécial d’Appartenance Mauricie, afin de souligner la 50e édition du Grand Prix. «Parce que c’est notre mémoire vivante, le gars qui savait tout. On a tous eu à répondre à ses fameuses questions avec divers degrés de difficulté», sourit le D.G.

Référence dans le monde du sport, M. Rochon entretenait aussi une passion pour la vie et l’assassinat de John F. Kennedy ainsi que sur l’histoire du Titanic. Il était d’ailleurs membre du Titanic Historical Society. 

Gerry Rochon, un homme connu pour avoir une éthique de vie irréprochable, aura finalement trouvé le cancer sur son chemin. «C’est paradoxal quand on y pense, relève André Beauchesne. Gerry, c’est le gars qui ne buvait pas, qui ne fumait pas. Ses deux parents sont décédés alors qu’ils étaient très vieux, il a pris soin d’eux. Il pouvait profiter davantage de la vie depuis quelques années, avant de rencontrer le cancer sur sa route.»