Depuis 2015, le club Trampoline Intercité doit composer avec un environnement inadéquat pour la pratique de son sport, dans l’ancienne église Sainte-Cécile.

De l’eau et des chauves-souris

TROIS-RIVIÈRES — Déménagé à l’automne 2015 dans l’ancienne église Sainte-Cécile de Trois-Rivières, le club Trampoline Intercité a fait face à des défis depuis cette relocalisation.

L’eau, qui coule parfois de la toiture et de l’entretoit vers les équipements, ainsi que la présence de chauves-souris à certains moments de l’année, ont quelque peu perturbé les activités du club, qui rallie plus de 400 personnes chaque semaine, dont la dizaine de jeunes du programme port-études de l’Académie les Estacades.

«Quand il y a des averses de pluie ou de neige, il faut prévoir que l’eau coulera dans l’église, peut-être sur les toiles de trampoline. Les entraîneurs calculent les risques, regardent les prévisions météorologiques. Il y a des périodes plus difficiles, comme au printemps, ou après une tempête hivernale», raconte un parent, qui préfère garder l’anonymat.

C’est toutefois la présence des chauves-souris qui a marqué les esprits. En 2017, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs est intervenu pour vérifier la situation, face à l’inquiétude et au questionnement provoqués par ces petits mammifères volants.

À la Ville de Trois-Rivières, qui subventionne une partie des activités du club de trampoline, le porte-parole Yvan Toutant confirme que le dossier a été suivi de près l’an dernier.

«Le ministère de la Faune nous a certifié qu’il n’y avait pas de danger pour les utilisateurs. À la base, c’est ce qui nous inquiétait. La situation du club dans l’église nous préoccupe toujours, mais nous n’avons pas d’autres bâtiments pour le relocaliser. Le trampoline est une discipline particulière, ça prend un plafond très élevé. Si nous avions pu déplacer le club, on l’aurait fait. Nous continuons à suivre la situation.»

L’ancienne église Sainte-Cécile appartient à la Corporation Spect-Arts, dont le mandat vise à assurer sa gestion. Yvan Toutant précise que la Ville «ne peut donc pas intervenir par rapport aux réparations du bâtiment.»

Des travaux effectués

Chez Spect-Arts, on mentionne que des travaux ont été effectués et continuent d’être réalisés, quand ils sont jugés nécessaires. Il semble cependant que les problèmes persistent, autant sur le plan de l’eau que des chauves-souris. Le président du conseil d’administration de Spect-Arts, Rémi Francoeur, spécifie que des problèmes d’infiltration d’eau ont été constatés récemment. La corporation, assure-t-il, se charge toujours de colmater les brèches en faisant appel à des professionnels.

Pas plus tard que cet automne, des chauves-souris ont été observées dans les hauteurs de l’église. Par le passé, on avait même retrouvé des chauves-souris mortes, ou encore leurs fientes, et ce, sous les tapis.

Quand ils exécutent leurs sauts, les jeunes sont loin de toucher aux chauves-souris, prend le soin d’ajouter un responsable du club. Ceci dit, cette personne convient qu’il a fallu faire de la sensibilisation et dissiper les inquiétudes de certains.

Des propos qui trouvent écho au sein du conseil d’administration, surpris que cette histoire aboutisse dans les médias.

«Nous avons fait preuve de transparence, les parents savent que le toit coule et qu’il y a des chauves-souris à l’occasion. On ne minimise pas la situation, au contraire, Spect-Arts intervient avec nous dès qu’on rencontre un problème», admet la trésorière Guylaine Allaire, dont les jeunes fréquentent l’ancien lieu de culte. «C’est un vieux bâtiment, mais c’est sécuritaire.»

Le président du C.A. de Spect-Arts, Rémi Francoeur, fréquente l’endroit depuis plusieurs années, bien avant le déménagement des activités de Trampoline Intercité. «Il y a eu un sévère manque d’entretien avant l’achat de l’église par Spect-Arts et déjà, j’avais aperçu des chauves-souris. Ce n’est pas intéressant, c’est loin d’être idéal, mais ce n’est pas nuisible. La bâtisse respecte les normes d’hygiène. En 2017, la Faune nous avait avisés que les chauves-souris pouvaient revenir, qu’il fallait accepter leur présence. Mais on travaille à ce que d’autres n’entrent pas.»

Selon lui, les principaux défis se concentrent autour du vandalisme. «Je ne sais pas qu’est-ce qu’il adviendra de l’église dans 10 ans, si jamais les jeunes sportifs quittent. Notre conseil d’administration a suggéré des transformations pour des projets culturels, mais il n’y a pas beaucoup d’argent pour ce type de projets. Nous sommes une organisation bénévole, à l’initiative des citoyens. On fait du mieux qu’on peut pour garder cet important héritage culturel du quartier.»

Le club Intercité n’est pas le seul au Québec à avoir élu domicile dans une ancienne église. Au moins un autre, dans la région de Chaudière-Appalaches, aurait emboîté le pas dans les dernières années, selon Gymnastique Québec.

L’effet visuel offre une note particulière aux utilisateurs ainsi qu’à ceux qui ne sont que de passage dans l’église. En termes d’espace, le site convient aussi aux trampolinistes, surtout en l’absence de plan B, comme le rappelle la Ville de Trois-Rivières.

C’est pourquoi, dans cette histoire, personne ne souhaite dénoncer publiquement les désagréments qui accompagnent les problèmes reliés à la toiture ainsi qu’à la présence des chauves-souris.