Le patineur shawiniganais, Gabriel St-Jean, un ancien champion canadien de sa discipline, revient d’une tournée de huit mois sur le Symphony of the Seas.

De l’aréna au plus gros bateau de croisière

SHAWINIGAN — Un grand nombre d’athlètes souhaitent pouvoir participer aux Jeux olympiques et y revenir avec une médaille au cou. Le patineur artistique sacré champion canadien novice à 15 ans, Gabriel St-Jean, revient quant à lui d’un contrat de huit mois sur le plus gros bateau de croisière, le Symphony of the Seas.

L’athlète shawiniganais aujourd’hui âgé de 19 ans a d’abord commencé le patinage artistique à l’âge de six ans avec le Club Ook-pic de Grand-Mère. Après avoir passé une année en Sport-études à l’Académie les Estacades, il part de la maison à seulement 13 ans pour s’entraîner avec les meilleurs, à Montréal. «J’ai décidé d’augmenter mon niveau de patin. J’avais fait des camps d’été là-bas et je connaissais certains entraîneurs», soutient Gabriel.

Alors qu’il représente l’un des plus beaux espoirs de son sport et qu’il a toujours sa place sur les podiums, Gabriel se retire de la compétition à 17 ans. «Je me suis dit que je pouvais continuer de faire du patinage artistique ou me concentrer sur mes études. Toutefois, mon entraîneuse m’a recommandé à une agence américaine pour des spectacles de patin», poursuit-il.

Dès lors, une excellente proposition s’offre à lui. Gabriel a la chance de participer à des spectacles de patinage artistique sur le plus gros bateau de croisière du monde, le Symphony of the Seas, de la compagnie Royal Caribbean. «J’aimais la compétition, mais j’aime mieux performer. C’est aussi moins stressant que la compétition parce qu’il n’y a pas de réglementation dans le spectacle», explique-t-il.

Gabriel lors d’un spectacle sur le Symphony of the Seas.

Une expérience inoubliable

«C’est vraiment une expérience de vie. Ça m’a montré le côté professionnel et comment travailler. C’est une expérience qui va m’aider pour mon vrai travail», continue-t-il.

Le côté artistique du sport a toujours été l’aspect qu’il a préféré depuis ses débuts. Il le considère d’ailleurs comme étant sa force. «Sur les bateaux, j’ai découvert complètement un autre monde, c’est comme le showbizz. Dans des spectacles comme ça, on a vraiment plus de liberté pour donner un show», sourit-il.

Chaque croisière est d’une durée de sept jours, et sur cette période, deux spectacles sont répartis sur huit performances et présentés sur une glace neuf fois plus petite qu’une glace olympique. La première des deux ressemble à une pièce de théâtre qui est présentée à cinq reprises.

«C’est une histoire qui se déroule à Londres. Ça raconte l’histoire d’un voleur de bijoux et j’y joue plusieurs personnages en variant les performances», raconte-t-il. Le deuxième est plus similaire à une performance comme dans les compétitions, sans le pointage, qui revient à trois occasions. «C’est vraiment plus pour montrer nos qualités de patineurs. C’est un show où on présente des numéros».

Gabriel ne prévoit pas rester dans le sport encore longtemps, croyant que l’âge va le rattraper.

Des parents comblés

Ses parents, Chantal et Patrick, sont très fiers de l’accomplissement et du courage de Gabriel.

«On est fiers de lui, être fonceur comme ça à 19 ans, c’est rare. Partir de la maison et aller sur un bateau à l’autre bout du monde, je trouve que c’est extraordinaire», mentionne son père. «Il a toujours foncé dans plein de choses. J’aime qu’il vive cette expérience pendant qu’il est encore jeune», ajoute Chantal.

Ils ont tous les deux eu la chance de voir leur fils en action, lors de leur passage sur le Symphony of the Seas, en avril. «J’en ai vu dans ma vie des spectacles dans lesquels il a participé, mais c’était vraiment les plus beaux. Ce n’est pas parce que c’est mon fils, mais Gabriel était vraiment bon», se souvient-elle.

Plusieurs portes ouvertes

Gabriel est conscient que d’autres possibilités dans le sport lui sont offertes, c’est pourquoi il ne ferme aucune porte. «Je pourrais être intéressé à participer à des spectacles comme Disney on Ice ou Holiday on Ice en Europe, mais je ne ferai pas carrière là-dedans», avoue-t-il.

Le côté artistique de son sport a toujours été l’aspect qu’il a préféré depuis ses débuts.

Gabriel ne prévoit pas rester dans le sport encore longtemps, croyant que l’âge va le rattraper. Il souhaite poursuivre son chemin dans le domaine des communications, dans lequel il ira étudier à l’université quand il aura 21 ans. «J’aimerais travailler à la télévision ou à la radio», souhaite-t-il.

Gabriel partira dans environ trois semaines pour un deuxième contrat, celui-ci d’une durée de sept mois, sur le Navigator of the Seas. Il prendra part à un spectacle qui vient tout juste d’être créé, sous forme de numéros individuels. «Je m’en vais m’amuser et découvrir de nouvelles choses», conclut-il.

Comme quoi il n’y a pas de voie prédéfinie dans la vie et que tout est possible.