Déjà vainqueurs cinq fois du trophée Vince-Lombardi, Tom Brady et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre tenteront de rejoindre les Steelers de Pittsburgh pour le plus grand nombre de conquêtes du Super Bowl.

De la visite pour les Steelers

CHRONIQUE / Après avoir inscrit leurs noms bien confortablement dans la postérité de la NFL l’an dernier en s’offrant un cinquième championnat depuis 2001, Tom Brady et Bill Belichick vont maintenant tenter de hisser la concession des Patriots de la Nouvelle-Angleterre au sommet du palmarès collectif.

Bien entendu, le nom des Patriots, Brady et Belichick sont déjà gravés un peu partout dans les annales du football américain. Leur renommée est connue aux quatre coins du globe alors qu’ils se préparent à disputer leur huitième match du Super Bowl en 16 ans!

Cependant, une prestigieuse marque leur échappe toujours: le plus grand nombre de titres du Super Bowl. Depuis leur victoire de 2005, les Steelers de Pittsburgh se baladent seul en tête avec six conquêtes du trophée Vince-Lombardi.

Les 49ers de San Francisco ont bien failli les rejoindre en 2012, mais ont plutôt perdu le dernier match de l’année face aux Ravens de Baltimore. Quant aux Cowboys de Dallas, ils n’ont pas été invités au plus grand rendez-vous de fin d’année depuis leur sacre de 1995.

Depuis quelques années, c’est du côté de la Nouvelle-Angleterre qu’on souffle dans le cou des Steelers alors que les Patriots cumulent les bagues de championnat au même rythme – ou presque – que les Browns de Cleveland collectionnent les saisons humiliantes.

Un sixième championnat Brady-Belichick viendra-t-il sonner la fin de la plus grande dynastie de l’histoire du circuit Goodell? C’est possible. Beaucoup d’encre a coulé cette année concernant une mésentente entre l’entraîneur, le quart vedette et même le propriétaire de l’équipe Robert Kraft. Le litige aurait concerné l’avenir de l’équipe et le rôle qu’on souhaitait offrir au prometteur Jimmy Garoppolo, possible dauphin de Brady expédié à San Francisco. Qui dit vrai dans tout ça? Peu importe, direz-vous, les Patriots sont au Super Bowl! C’est bien vrai.

Ceci dit, peu importe l’issue du match, prenez bien le temps d’observer le tandem Brady-Belichick. Son histoire tire peut-être à sa fin.

Philadelphie rêve D’un lombardi
À l’autre bout du spectre, les Eagles de Philadelphie ne partagent pas les mêmes objectifs. Bien entendu, ils souhaitent célébrer sous les confettis dimanche soir. Mais les comparaisons s’arrêtent là pour les deux franchises.

Au pays de Rocky Balboa, on rêve encore d’un premier trophée Vince-Lombardi. À une époque, les Eagles ont été sacrés champions trois fois de la NFL, avant la fusion entre la NFL et la AFL et la création du Super Bowl. Depuis, c’est la sécheresse.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Les Eagles ont d’abord mordu la poussière en 1980 face aux Raiders d’Oakland de Jim Plunkett. Puis, le début des années 2000 s’annonçait glorieux avec le brio de Donovan McNabb, sous la gouverne d’Andy Reid. Encore là, le rêve s’est rapidement transformé en mirage. Entre 2001 et 2004, les Eagles ont subi trois défaites en finale de conférence et une autre défaite, encore plus crève-cœur, au Super Bowl. Cette année là, un certain Tom Brady avait fait rager les partisans de Philadelphie.

Treize ans plus tard, ce même foutu duo de Brady et Belichick se trouve sur la route de la consécration pour les Eagles. Donovan McNabb a cédé sa place à Nick Foles et Andy Reid est devenu Doug Pederson.

Pour Foles, l’occasion d’écrire un conte de fées est parfaite. Jadis étiqueté comme un sauveur à Philadelphie son étoile a rapidement pâli et il était confiné dans l’ombre de Carson Wentz depuis deux ans. Lorsque le quart vedette des Eagles est tombé au combat, le 11 décembre, plusieurs croyaient que la saison magique des Eagles allait s’écrouler.

Or, Foles a fait fi des critiques et a plutôt pris le relais de manière magistrale. De le voir découper la défensive des Vikings du Minnesota en finale de conférence était tout simplement spectaculaire!

Maintenant, un défi encore plus colossal se dresse devant Foles et les Eagles. Un défi que seul Eli Manning et Tom Coughlin ont réussi à vaincre depuis 2001, lors du rendez-vous sportif le plus attendu de la planète.

Foles a-t-il l’étoffe pour devenir un immortel à Philadelphie, une ville où les championnats se font rares en ce nouveau millénaire? Il faut remonter à 2008, lors de la conquête de la Série mondiale par les Phillies, pour voir Philadelphie au sommet d’un sport majeur. Quant aux Flyerss, ils n’ont pas sabré le champagne depuis 1975 à l’époque des Broad Street Bullies et ce n’est guère mieux au basketball alors que les 76ers doivent se contenter de radoter sur la victoire de 1983.

Est-ce que les Eagles seront en mesure de rapporter un gros trophée dans le berceau des États-Unis? La commande s’annonce très lourde.

Prédiction: Patriots 30 Eagles 27

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À qui le trophée?

À l’aube du 52e Super Bowl, personne ne doute que l’attaque des Patriots peut briller au moment opportun pour signer la victoire et ce, peu importe l’état de santé de Rob Gronkowski. Après tout, bien peu de gens auraient cru les Patriots capables de revenir de l’arrière face à l’excellente défensive des Jaguars de Jacksonville, en finale de conférence, lorsque le colosse numéro 87 est tombé au combat. Pourtant, Brady et sa bande ont réussi puisque les Jaguars avaient oublié l’existence de Danny Amendola. Sacré Bill Belichick!

Par contre, où les points d’interrogation se font plus insistants, c’est au plan défensif. Cette saison, les Patriots ont accordé une tonne de verges à leurs rivaux. En raison régulière, ils arrivent au 29e rang pour les verges accordées. Heureusement pour Belichick, son groupe défensif a souvent réussi à limiter les dégâts avant la zone des buts puisque les Patriots n’ont accordé que 18,5 points par match à l’adversaire, au cinquième rang de la NFL.

Pour les Eagles, la clé du match se trouvera justement dans la zone payante. Une fois installé à l’intérieur de la ligne de 20, Nick Foles devra parvenir à atteindre la zone des buts et non pas se contenter de placements. Et c’est justement contre la passe que les Patriots ont éprouvé le plus d’ennuis cette année.

Chaque point laissé à l’intérieur de la zone rouge pourrait suffire à Tom Brady et sa bande pour parader sur l’estrade dimanche, à Minneapolis. Après tout, les deux dernières conquêtes des Patriots ont bien démontré qu’ils trouvent toujours une façon de gagner. Si la victoire de 2014 porte le sceau de Malcom Butler, grâce à son interception à la porte des buts contre les Seahawks de Seattle, celle de 2016 sera à jamais associée à l’incroyable de remontée face aux Falcons, après avoir tiré de l’arrière 28-3 au troisième quart.

Cette année, quel joueur voudra bien s’accaparer d’un chapitre dans l’histoire?