Officielle de renommée internationale originaire de Slovénie, Jasna Golubic offrira son expertise au club de taekwondo Performance. On l’aperçoit en discussion avec les athlètes Viviane Tranquille et Marianne Leclerc.

De la Slovénie à la Mauricie, en rêvant à Tokyo!

Trois-Rivières — Officielle de taekwondo de renommée internationale, originaire de Slovénie et polyglotte qui ne maîtrise toutefois pas du tout le français: rien ne destinait Jasna Golubic à déménager au Québec. Encore moins à Trois-Rivières. C’est pourtant la route que le destin lui a tracée. Rêvant de participer aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2020, elle vient à peine de s’installer dans la cité de Laviolette pour offrir un coup de main au club de taekwondo Performance, à travers ses multiples compétitions internationales.

Le parcours de la Slovène de 32 ans est tout sauf banal mais son arrivée au pays n’a pourtant rien d’un hasard. Son amour pour le Canada remonte au début des années 2000 lorsqu’elle est venue y passer quelques semaines en vacances chez ses oncles qui ont immigré dans les années 70. Pour elle, le coup de foudre a été instantané. Il ne lui restait plus qu’à trouver le bon moment pour mettre en place son plan.

«Dès que mon séjour s’est terminé ici, je me suis dit que j’allais revenir un jour pour y vivre. Je suis revenue en 2017 pour participer à l’Omnium du Canada et mon opinion n’avait pas changé. Aussitôt que je suis revenue en Slovénie, j’ai rempli ma demande pour obtenir un permis de travail. Tout s’est fait rapidement et j’ai reçu mon visa en janvier 2018.»

De fil en aiguille, sa route a croisé celle de l’entraîneur du club Performance, Tommy Boisvert. Après l’avoir rencontrée à l’Omnium du Canada cet automne, puis à l’Omnium de Paris quelques semaines plus tard, sa curiosité a été piquée lorsqu’il l’a vue en action à l’Assomption lors d’une compétition de sélection provinciale.

Golubic a alors expliqué son parcours à Boisvert tout en lui indiquant qu’il n’était pas facile pour elle de dénicher un travail stable étant donné son emploi du temps extrêmement chargé en tant qu’officielle de calibre international. Le grand patron du club Performance lui a aussitôt suggéré de quitter Montréal pour venir lui donner un coup de main à Trois-Rivières, à travers ses obligations envers la fédération mondiale de taekwondo (WTF).

Oeuvrant sur la scène internationale depuis sept ans, Jasna Golubic rêve de participer aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

«Quand Tommy m’a soumis cette proposition, j’étais emballée. C’est une très belle opportunité. Je vais devoir me mettre en apprentissage accéléré pour le français!», indique celle qui parle déjà le slovène, le croate, le serbe, l’italien, l’espagnol, l’allemand et l’anglais.

«Je souhaite faire profiter de mon expérience aux athlètes du club et peut-être, si possible, réussir à en attirer d’autres en raison de mon expertise», lance la native de Maribor, deuxième ville d’importance en Slovénie derrière la capitale Ljubljana.

Tout pour Tokyo

D’abord débarquée dans le monde du taekwondo en tant qu’athlète, Golubic est littéralement tombée en amour avec ce sport lorsqu’elle a fait le saut comme officielle, il y a 13 ans. Une compétition après l’autre, elle a gravi différents échelons jusqu’à la scène internationale où elle œuvre depuis sept ans. Elle a officié des Championnats du monde, des Jeux olympiques de la jeunesse, des Championnats européens, des Grands Prix. Bref, elle est de tous les grands rendez-vous. Il n’en manque qu’un seul à son tableau de chasse: les Jeux olympiques et elle espère vivre l’expérience au Japon en 2020.

La nouvelle Trifluvienne d’adoption ne s’en cache pas, c’est son rêve le plus cher. «Les Jeux olympiques, c’est la cerise sur le sundae. Je suis prête à faire tous les sacrifices nécessaires pour y participer. Il s’agit de mon unique priorité, tout le reste demeure un plan B pour l’instant.»

Bien au fait des aspirations de sa nouvelle collègue, Boisvert est bien prêt à l’épauler dans sa quête en lui offrant ce pied-à-terre à Trois-Rivières. Il estime que les athlètes du club Performance ne pourront que bénéficier de ses conseils.

«Je pense que son regard d’officielle de calibre international peut certainement aider nos athlètes d’élite en plus de profiter à tous nos athlètes du club», mentionne l’entraîneur qui, à plus long terme, aimerait réussir à développer le taekwondo au sein du réseau scolaire anglophone de la Mauricie avec l’aide de Golubic.

À bientôt 33 ans, la Slovène n’a aucune idée de ce que l’avenir lui réserve. Elle était d’ailleurs loin de se douter qu’elle aménagerait à Trois-Rivières, une ville dont elle n’avait jamais entendu parler, ou presque, avant d’y mettre les pieds. Chose certaine, si son destin lui réserve une participation aux Jeux olympiques, c’est vraisemblablement par Trois-Rivières et le club Performance que ça passera.