Dany Dubé est d'avis que le Canadien accorde trop de buts à l'adversaire dans les moments critiques, dont les débuts et les fins de période.

Dany Dubé: «Ça leur prend plus qu'un trio»

Quand Dany Dubé est en ville pour livrer une conférence sur le coaching, il doit répondre à son lot de questions concernant le Canadien. Sans surprise, son rôle d'analyste de hockey le suit partout, surtout quand l'équipe connaît des difficultés!
Présent au Collège Laflèche hier, Dubé a abordé les sujets de l'heure dans le camp du Tricolore. Carey Price, Thomas Vanek, la panne offensive généralisée, bref, tout y est passé! Gérants d'estrades, vous pouvez cependant attendre avant de peser sur le fameux bouton panique. L'ancien entraîneur des Patriotes de l'UQTR est persuadé que tout rentrera dans l'ordre... quand le meilleur gardien de but de la LNH effectuera enfin son retour au jeu.
«Un des problèmes du Canadien dernièrement, c'est qu'il accorde trop souvent le premier filet à l'adversaire», fait-il remarquer, lui qui a pris l'habitude, au cours des dernières années, de diviser les périodes en trois segments, priorisant les cinq premières minutes et les cinq dernières. «Le hockey est un sport de rythme, tu ne peux pas briser constamment ce momentum en allouant des buts lors des moments critiques. Or, dans les 15 dernières périodes, les joueurs du Canadien ont accordé huit filets dans ces circonstances. C'est énorme, ils jouent presque toujours du hockey de rattrapage. Et on parle d'un club qui peine à marquer à cinq contre cinq... »
Mais qu'est-ce que Carey Price vient faire là-dedans au juste, demanderont avec raison certains amateurs? «En se positionnant comme l'un des meilleurs de sa profession, Price donne plus de chances à son club d'inscrire le premier filet, chose que Budaj ne peut garantir sur une plus longue période.»
On veut bien, mais ça ne règle pas tous les problèmes du piètre rendement offensif du Canadien, non? «Ça leur prend plus qu'un trio, c'est certain. Quoique j'ai toujours préféré parler de duos dans le hockey, avec un joueur complémentaire, qu'on peut dire interchangeable. Selon moi, Thomas Vanek et Daniel Brière doivent avoir des partenaires constants, même si le dernier n'affiche plus la forme de ses beaux jours. J'estime que ça prendrait huit attaquants stables et quatre complémentaires. Mais encore là, il y a des joueurs qui pèsent moins dans la balance.»
Quant à Andrei Markov, plus loin le Canadien se rendra en séries, plus il sera difficile à signer l'été prochain. «Le CH doit attendre l'échéancier dans son cas, pas le provoquer. Plusieurs joueurs arrivent à la croisée des chemins, ce sera intéressant de voir quelle identité Marc Bergevin voudra inculquer à son équipe.»
De Sotchi à Los Angeles
Habitué au décalage horaire, Dany Dubé convient néanmoins que ses obligations à Sotchi et le retour hâtif des activités de la LNH ont eu des répercussions. Il n'y a pas que les joueurs qui peuvent souffrir du facteur fatigue après tout!
«Ici, je fais habituellement des journées de douze heures, mais aux Olympiques, ça pouvait monter jusqu'à 17! Par contre, ce fut une expérience mémorable», confie celui qui en était à ses troisièmes Jeux, ses premiers comme analyse à la télévision.
Les belles histoires de plusieurs athlètes québécois pourraient d'ailleurs se retrouver dans un deuxième livre, qu'il publiera d'ici la fin de l'année avec sa fille, Marika Dubé, aux éditions La Presse.
«J'ai assez de matériel! Le livre ne traitera pas du coaching, mais plutôt du volet psychologique et philosophique de certaines histoires de sportifs bien connus, comme Anthony Calvillo, Georges Saint-Pierre et plusieurs olympiens. Ce sera la revue annuelle des événements marquants, vus de mes yeux.»
Son expérience à Sotchi lui servira aussi pendant ses conférences. «Tous les grands concepts d'équipe sont mis à profit pendant un événement de cette envergure et c'est aussi vrai pour la sphère médiatique.»
Jeudi, les hockeyeurs des Dragons du Collège Laflèche ont eu la chance d'écouter le réputé analyste. À quelques heures du début de leurs séries éliminatoires, parions que l'entraîneur Serge Forcier ne pouvait penser à un meilleur motivateur!