Depuis la fin du Championnat mondial junior, les Cataractes ont droit à du gros hockey de leur gardien Marvin Cüpper.

Dans une zone... diabolique!

Il n'a jamais autant mérité son surnom de Cüpperfield! Si les Cataractes sont à un petit point d'assurer leur place en séries, ils le doivent en grande partie à leur homme masqué venu d'Allemagne pour tenter de réaliser son rêve de porter un jour les grosses jambières dans la LNH.
Alors que ses jeunes coéquipiers semblent à bout de souffle dans le dernier droit, c'est tout le contraire pour Marvin Cüpper qui est entré dans une zone diabolique depuis trois semaines pour guider son équipe dans cette course effrénée.
À ses cinq derniers départs, le vétéran de 19 ans a été le principal artisan du fait que son équipe a amassé sept points sur une possibilité de 10. Bombardé à chaque fois de plus de 40 lancers, Cüpper a fait face à un grand total de 231 tirs et il n'a cédé qu'à dix reprises, pour un pourcentage d'efficacité diabolique de ,959.
Une bonne séquence, tout simplement? Il s'agit plutôt du pic d'une courbe d'excellence amorcé à son retour du championnat du monde junior, un long segment au cours duquel il montre un pourcentage d'efficacité de ,932 à ses 19 dernières sorties.
«Depuis son retour du championnat du monde, il est en mission», résume son entraîneur des gardiens Joël Duguay, qui a rarement vu un de ses protégés être aussi dominant que Cüpper l'a été à ses dernières sorties. «Il est au sommet de son art et quand ça lui arrive, il a l'impression de voir le jeu au ralenti tellement il a un bon sens du hockey. C'est une qualité dont on parle souvent pour un attaquant ou pour un défenseur, mais rarement pour un gardien. Pourtant, c'est une qualité tout aussi importante entre les poteaux.»
Le début de saison de Cüpper ne laissait toutefois pas présager une telle domination. Comme son équipe, l'homme masqué semblait chercher ses repères lors des premières semaines du calendrier. «Il se laissait déconcentrer plus facilement. Un mauvais but pouvait l'affecter, un mauvais jeu d'un coéquipier aussi. On le voyait davantage parler aux arbitres, "picosser" les autres joueurs. Depuis son retour du championnat du monde, il est plus focus» sur son travail, rien ne semble l'affecter.»
Duguay l'a aidé également à injecter une dose d'agressivité dans son jeu. «Après un an et demi dans la ligue, les autres équipes avaient une lecture sur lui et il était constamment testé dans le haut du filet. Il défie davantage les tireurs maintenant, il n'est plus toujours dans son demi-cercle. Grâce à sa lecture de jeu qui est vraiment exceptionnelle pour son âge, le mélange est très solide.»
Assez pour attirer l'attention des clubs de la LNH? Cüpper a beau marcher sur les eaux présentement, il n'a pas trouvé la formule magique qui lui ferait gagner deux pouces afin d'atteindre le standard de six pieds qui semble sacré aux yeux des dépisteurs...
«C'est vrai qu'il est sous les six pieds, mais il joue gros devant son filet. Quand Tim Wieser a raté son lancer en fusillade mercredi, je l'ai vu revenir au banc et dire à son entraîneur qu'il ne voyait aucun trou! Je sais qu'il y a des dépisteurs qui aiment ses qualités, je leur dis souvent qu'ils n'auraient pas l'air fou s'ils invitaient Marvin à un camp professionnel. J'espère qu'il y en aura un qui va avoir le courage de lui donner une chance. C'est tout ce dont il a besoin, une chance. Marvin sait que le chemin qui l'attend ne sera pas facile, qu'il va toujours devoir se battre pour faire sa place et il est prêt à ça. Il est dans une condition physique exemplaire, il élève toujours son jeu d'un cran dans les gros matchs. J'espère sincèrement que quelqu'un, quelque part, lui donnera sa chance.»
Duguay se dit choyé de travailler avec Cüpper, mais également avec Storm Phaneuf, qui a tenu le fort de brillante façon lorsque le gardien numéro 1 titulaire a rejoint son équipe nationale. «Je me demande bien ce qu'on lui reprochait l'an dernier (chez l'Armada). Il a pris le flambeau quand Marvin est parti, il travaille très, très fort à l'entraînement et dans le gym. Lui, il n'en veut pas de jour de congé! Il aurait probablement mérité de voir plus d'action au cours des dernières semaines, mais il ne s'est jamais plaint de son sort.»
C'est Cüpper qui sera utilisé ce soir face aux Tigres de Victoriaville, mais si les Cataractes terminent la soirée avec la confirmation officielle qu'ils seront des séries, il y a fort à parier que Phaneuf aura le privilège d'affronter l'Armada au dernier match de la saison demain soir.