Aucune patineuse de vitesse n'arrive à la cheville de Florence Brunelle dans son groupe d'âge au Québec. La Trifluvienne de 13 ans est aussi une excellente joueuse de soccer, elle qui a été sélectionnée au Centre national de haute performance.

Dans une classe à part... dans deux sports

Au terrain de soccer, elle jongle avec le ballon avec une aisance qui ferait rougir certaines joueuses universitaires. Sur la patinoire, quand elle enfile ses patins pour une séance de courte piste, la rattraper relève pratiquement de l'exploit pour les filles de son groupe d'âge. Elle n'a que 13 ans mais déjà, Florence Brunelle fait sensation et semble promue à un bel avenir dans les deux disciplines.
En mars dernier, la Trifluvienne avait épaté le public réuni à Charlottetown, au Championnat canadien de l'Est. Victorieuse sur les distances du 200, 400, 1500 et 2000 mètres, elle s'était aisément imposée au classement cumulatif comme la patineuse à battre. D'ailleurs, ses chronos enregistrés au 200 m et au 400 m étaient les plus rapides de la compétition, toutes catégories confondues!
La jeune Brunelle a réalisé un autre important fait d'armes, il y a quelques mois, en battant le record canadien sur la distance du 500 m chez les cadettes. Une marque qui appartenait jusque là à l'olympienne Valérie Maltais. Elle a aussi bouclé le 400 m en moins de 40 secondes, du jamais vu à son âge.
«Elle a du talent, ça saute aux yeux. Mais c'est surtout une fille combative dotée d'une grande puissance. Pour moi, c'est la définition même de l'athlète naturelle», affirme son entraîneur chez les Élans de Trois-Rivières, Steven Bernard. «Chaque année au Québec, il y a quelqu'un qui se démarque dans une catégorie. En ce moment, chez les patineuses de 13 ans, c'est Florence.»
Mais voilà, Florence Brunelle n'excelle pas seulement en patinage de vitesse courte piste, c'est aussi une excellente joueuse de soccer. Dans un sport collectif où les succès individuels sont parfois plus difficiles à mesurer, l'adolescente a reçu l'ultime reconnaissance en étant sélectionnée au Centre national de haute performance (CNHP). Elle se retrouve donc au sein d'un groupe d'une vingtaine de joueuses, triées sur le volet à la grandeur du Québec. 
Parmi les 3000 adeptes du ballon rond de son groupe d'âge, le CNHP a cru bon la contacter afin qu'elle poursuive son développement au sein du centre spécialisé, à Laval. Elle devra donc étudier la possibilité de continuer son développement loin de Trois-Rivières.
«Il n'y a pas un plus haut niveau chez les filles au Québec, explique son entraîneur au Club de soccer de Trois-Rivières, Shany Black. Ça fait longtemps que nous identifions Florence comme une athlète à fort potentiel et d'obtenir cette reconnaissance du CNHP, c'est énorme.»
Vrai que son talent sur le gazon ne date pas d'hier. En 2014, alors qu'elle venait à peine de terminer sa quatrième année du primaire, Florence Brunelle était recrutée sur l'équipe de la Mauricie pour les Jeux du Québec. Dans la sélection, des filles de secondaire 1 l'entouraient. «Comment la décrire? Florence est une athlète complète qui peut jouer à toutes les positions. C'est remarquable ce qu'elle accomplit sur un terrain.»
Un amour égal
Ne demandez toutefois pas à Florence Brunelle de choisir entre ses deux passions. Pour elle, la pratique de ses deux sports se complète. Il n'y a pas de favoritisme pour un ou pour l'autre.
«De toute façon, je ne serais pas capable de choisir. Pas pour l'instant en tout cas», répond l'étudiante du Séminaire Saint-Joseph, dont les propos trouvent écho chez ses parents, Stéphanie Cousin et Jean-François Brunelle. Sa maman est professeure d'éducation physique tandis que son père, un ancien joueur et entraîneur adjoint chez les Patriotes hockey, a toujours gravité dans le monde du sport. Sa soeur Clémence, de trois ans sa cadette, suit ses traces autant en patinage de vitesse qu'au soccer.
En 2012, la famille Brunelle a séjourné pendant cinq semaines en Italie, où Jean-François a secondé Éric Bédard qui entraînait alors l'équipe nationale de patinage courte piste. Du haut de ses huit ans, la petite Florence a pu côtoyer quotidiennement les membres de la sélection, dont Arianna Fontana, triple médaillée à Sotchi deux ans plus tard.
«J'adorais déjà le patin à cette époque, mais de pouvoir échanger avec les filles de l'Italie, ça m'a inspiré, surtout qu'elles ont eu du succès aux Jeux olympiques par la suite. Arianna, c'est un de mes modèles avec Marianne St-Gelais. J'ai eu la chance de parler avec les deux, ça me rapproche de mes objectifs parce que je veux me rendre loin.»
Est-ce que ce serait possible d'y parvenir dans deux sports? «Je sais que c'est très difficile, mais je ne veux pas avoir à prendre cette décision tout de suite. Parce que j'aime autant le soccer!»
Ses parents, eux, sont simplement heureux de voir leur fille s'épanouir dans deux disciplines. En fait, son histoire, bien qu'elle soit encore jeune, rappelle celle d'une autre athlète surdouée de la région. Justine L'Heureux était tout aussi dominante en athlétisme qu'en patinage de vitesse.
«Le plus important pour nous, c'est qu'elle y trouve du plaisir. Nous, on est devenus des résidents secondaires du Complexe sportif Alphonse-Desjardins, sourit Jean-François Brunelle. En courte piste, elle bat des plus vieilles mais au soccer aussi, elle est très forte. Pour l'instant, j'aime bien sa naïveté. Elle commence à comprendre qu'elle a du potentiel mais pour Florence, tout est naturel.»