Jimmy Brière avait souvent entendu parler de la Mustang Boss 302 de son père Roger, mais il ne l’avait vue qu’en photos, avant la fin de semaine dernière.

Dans le siège de son père, 50 ans plus tard

TROIS-RIVIÈRES — Le temps de quelques tours de piste sur le circuit de Lime Rock au Connecticut, Jimmy Brière a pu renouer avec une voiture dont son père, Roger, lui avait beaucoup parlé quand il était jeune. Une voiture qu’il avait pilotée au Grand Prix de Trois-Rivières, il y a une cinquantaine d’années. Le propriétaire de cette Ford Mustang Boss 1969, un Américain, est parvenu à retracer Jimmy, qui a vécu une expérience inoubliable la fin de semaine dernière.

Jimmy Brière n’avait jamais vu cette Mustang auparavant. Mais Roger, décédé en 2005 à 63 ans, lui avait raconté plusieurs anecdotes sur ce fameux bolide. Le paternel est bien connu des amateurs trifluviens de course automobile. Il a notamment remporté la Coupe du Maire, en 1967, au volant d’un autre véhicule.

«J’en savais déjà beaucoup sur les modifications apportées par Roger sur la Mustang. Un jour, quand j’étais ado, il m’avait proposé d’aller la voir chez un monsieur Eliott de Saint-Barthélemy, qui en était devenu propriétaire. Ça n’a toutefois jamais adonné.»

Les modèles Boss 302 ont été conçus sur une courte période, au tournant des années 60 et 70. La Mustang de Roger Brière a roulé au Grand Prix de Trois-Rivières à cette époque.

«Ces voitures ont fait la pluie et le beau temps, Ford et d’autres manufacturiers prenaient de grands moyens, il y avait de grosses pointures. C’est une véritable pièce de collection et je sentais, chaque fois qu’il en parlait, que mon père en était bien fier.»

Roger Brière (au centre), à l’époque où il pilotait la Mustang Boss 302.

Le rêve devient réalité

Après avoir coursé avec sa Mustang Boss 302 il y a près de 50 ans, Roger Brière l’a transformée en voiture de rue. Tel qu’expliqué plus tôt, sa belle sportive a ensuite changé de propriétaires à quelques reprises.

Il y a deux ans environ, Mark Larsen, un collectionneur du Connecticut, a fait l’achat du bolide, qui appartenait alors à un Nicolétain.

«Le nom de mon père apparaissait toujours sur la voiture, donc monsieur Larsen a commencé à chercher des membres de la famille.»

En consultant les résultats de la série Super Production Challenge, il a vu le nom de Jimmy Brière. «Nous sommes entrés en contact, je n’en revenais pas! Il m’invitait à participer à une course de voitures d’époque à Indianapolis.»

C’était en 2018. Malheureusement, la voiture n’était pas prête pour retourner en piste. Le fils de Roger devait donc retarder ce rendez-vous attendu.

Jimmy Brière a aidé le propriétaire du véhicule, Mark Larsen, à adapter la voiture pour la faire rouler en piste.

Celui-ci est enfin devenu possible la fin de semaine dernière, à Lime Rock, dans le cadre d’un événement regroupant plusieurs modèles d’autrefois. On y soulignait aussi les 55 ans de Mustang.

«Je l’avais vue en photos, mais jamais en personne. C’était un moment très spécial pour moi.»

Quelques tours de bonheur

En débarquant à Lime Rock, Jimmy Brière a rapidement constaté que la bonne vieille Mustang de son père n’était pas prête à attaquer la piste.

«Le siège n’était pas installé! Monsieur Larsen y avait mis beaucoup d’énergie, mais avec son horaire du temps chargé, il fallait tout de même procéder à des réglages importants.»

Normal, cette voiture n’avait pas roulé sur une piste de course depuis près de 50 ans! En fait, la dernière fois qu’elle avait défié une piste, c’est Roger Brière qui la pilotait.

Roger Brière (sur la photo) a transmis sa passion pour la mécanique à son fils.

«J’ai manqué les qualifications ainsi que les pratiques, on a ajusté le carburateur et la suspension.»

En se penchant sous la voiture, Jimmy Brière a d’ailleurs eu un choc en se rappelant certaines anecdotes de son père. «Il a travaillé pas mal sur la voiture dans le temps, je me souvenais des détails qu’il avait changés parce qu’il en parlait souvent. Ils étaient toujours visibles, 50 ans plus tard.»

Jimmy Brière admet que la voiture aurait pu être encore mieux préparée. Il a néanmoins pu boucler quelques tours de piste. La Mustang atteignait des vitesses de pointe de 140 milles à l’heure.

Sans ses connaissances en mécanique, transmises entre autres par son père, rien de tout cela n’aurait été possible. «On était vraiment heureux! L’essence de mon trip aux États-Unis, c’était de renouer avec cette voiture, qui valait cher aux yeux de mon père.»

Tout porte à croire qu’il y aura une prochaine fois. Mark Larsen, impressionné par les aptitudes de Jimmy Brière, voudrait le faire courir de nouveau avec la Mustang 69, à Watkins Glen ou à Mont-Tremblant.

Après avoir apporté les réglages nécessaires, Jimmy Brière a pu compléter quelques tours sur le circuit de Lime Rock, au Connecticut.

«Mont-Tremblant, ce serait super. C’est là-bas que Roger a fait son école de pilotage avec Gilles Villeneuve.»