Le spécialiste des longues remises Louis-Philippe Bourassa (50) aura la chance de goûter au match de la Coupe Grey à sa deuxième saison dans la Ligue canadienne de football.

Coupe Grey: «c’est assez irréel»

Trois-Rivières — Lorsqu’il a remporté le Bol d’Or dans l’uniforme de l’Académie les Estacades, à l’automne 2006, Jean-Christophe Beaulieu espérait en faire une habitude pour les années à venir. Douze ans plus tard, le Trifluvien rêve toujours à son prochain sacre et l’attente pourrait bien prendre fin dimanche soir lorsqu’il participera à la 106e Coupe Grey avec le Rouge et Noir d’Ottawa.

«Quand je visualise ce match, il y a une partie de la visualisation qui me permet de graver mon nom sur une partie de l’histoire», mentionne le centre-arrière qui a marqué un touché dans la victoire décisive du Rouge et Noir 46-27 aux dépens des Tiger Cats de Hamilton en finale de l’Est le week-end dernier.

«Ça fait cinq ans que je suis arrivé dans la ligue. Ça fait cinq ans que je rêve de gagner la Coupe Grey. Mais il faut éviter de s’emballer à travers tout ça. Je dois rester concentré sur le travail à accomplir. Ça demeure un match de football», ajoute l’ancien des Diablos du Cégep de Trois-Rivières.

«ASSEZ IRRÉEL»

Au même titre que Beaulieu, le Shawiniganais Louis-Philippe Bourassa attend toujours son prochain championnat. Sa disette n’est toutefois pas aussi longue puisqu’il avait été sacré champion de la Coupe Vanier avec les Carabins de l’Université de Montréal en 2014.

«On ne peut pas se rendre plus loin que ça. Je ne peux pas demander mieux que de jouer le match de la Coupe Grey à ma deuxième année dans la ligue. C’est assez irréel. Je vais savourer le moment à 100%», indique l’ex-Diablos.

Fondé en 2014, le Rouge et Noir n’a pas mis de temps à se bâtir une crédibilité enviable à travers la Ligue canadienne de football avec trois présences en finale au cours des quatre dernières saisons. En plus d’avoir mis la main sur l’emblème de la suprématie du circuit Ambrosie en 2016, les représentants de la capitale fédérale ont aussi atteint la finale en 2015. «Ce n’est pas surprenant de voir cette organisation encore là cette année», souligne Bourassa.

Le centre-arrière Jean-Christophe Beaulieu a marqué un touché dans la victoire qui a permis au Rouge et Noir d’accéder au match de la 106e Coupe Grey.

DUEL AU SOMMET

Pour la 106e édition de la Coupe Grey, les Stampeders de Calgary porteront l’étiquette de favoris. Après tout, ils ont affiché le meilleur rendement de la LCF en saison régulière, avec 13 victoires contre 5 défaites. De plus, ils ont eu raison du Rouge et Noir deux fois en autant de tentatives, par les marques de 24-14 et 27-3. «Les Stampeders sont vraiment très bons à l’intérieur de leur système. Mais, côté athlétique, on peut très bien rivaliser avec eux», lance Bourassa.

«Calgary joue du bon football. Ils ne l’ont pas eu facile cette année avec beaucoup de blessures. Mais on n’a pas enlevé notre place en finale nous non plus. On l’a mérité. On va devoir bien protéger notre ballon et bien exécuter dimanche. On est très en confiance présentement, sans tomber dans l’arrogance», poursuit son coéquipier Beaulieu.

Appelé à contribuer avec un touché alors que le pointage était toujours serré en finale de l’Est, Beaulieu se dit prêt à toute éventualité pour ce duel au sommet. Si jamais le ballon est lancé en sa direction, il ne laissera pas la pression avoir le dessus sur lui. «C’est certain que lorsque le ballon s’en vient, il y a une petite nervosité. Mais ça ne dure qu’une fraction de seconde et les qualités athlétiques embarquent. Ça se fait naturellement, comme je le fais depuis 16 ans», explique le Trifluvien de 28 ans.

DE BONNES PENSÉES

Avant de sauter sur le terrain pour le match le plus important de sa carrière, Bourassa aura une pensée pour ses proches qui l’ont grandement supporté au cours de son parcours plutôt atypique.

«Je vais penser à ma mère, car je lui dois tout. Je ne me serais jamais rendu ici sans elle. Puis, il y a aussi mon défunt grand-père Paul-Émile qui a beaucoup pris soin de moi. Je vais aussi jouer le match pour Alice, ma petite nièce née il y a quelques semaines à peine», indique le spécialiste des longues remises de 26 ans.

Quant à Beaulieu, il songera également à ses proches avant la rencontre. Mais c’est surtout la fin de match qui s’annonce intense pour lui. «Quand le cadran va tomber à zéro, les émotions vont remonter à la surface.»

Le botté d’envoi sera donné à 18 h au Stade du Commonwealth d’Edmonton.