Michel Cormier a assuré le rôle de juge de lignes lors de 1101 matchs dans la LNH. Il n’a toutefois jamais pris part à une finale de la Coupe Stanley. Si Max Domi du Canadien (photo) ignore toujours s’il sera des séries, Cormier a accepté de rejoindre ses collègues rayés, du côté de Toronto.
Michel Cormier a assuré le rôle de juge de lignes lors de 1101 matchs dans la LNH. Il n’a toutefois jamais pris part à une finale de la Coupe Stanley. Si Max Domi du Canadien (photo) ignore toujours s’il sera des séries, Cormier a accepté de rejoindre ses collègues rayés, du côté de Toronto.

Cormier, Furlatt et L’Écuyer arbitreront les séries de la LNH

TROIS-RIVIÈRES — Le trio d’officiels de la Mauricie, qui roule sa bosse depuis plusieurs années dans la meilleure ligue au monde, participera aux séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, disputées à Edmonton et Toronto en août prochain. Michel Cormier Jr (Saint-Louis-de-France), Frédérick L’Écuyer (Saint-Tite) et Éric Furlatt (Cap-de-la-Madeleine) ont tous obtenu un vote de confiance des autorités du circuit.

Les trois Mauriciens seront réunis au sein d’un même groupe composé de 20 officiels, soit 10 arbitres et autant de juges de lignes, qui sera délégué pour les activités concentrées à Toronto.

Il y aura également 20 officiels du côté d’Edmonton. Au total, ce sont 40 zébrés qui feront retentir leur sifflet à l’aréna Banque Scotia, à Toronto, et à la Place Rogers, à Edmonton. De ce nombre, sept proviennent du Québec.

Les arbitres Marc Joannette, fort de trois présences en finale de la Coupe Stanley, et François St-Laurent participeront également à ce tournoi hors du commun en compagnie des juges de lignes Pierre Racicot, qui arbore derrière la cravate un impressionnant cumul de dix participations à l’ultime finale et de Jonny Murray, qui n’est pas en reste avec trois présences.

«Je suis fébrile, très excité! Surtout considérant la présence de trois officiels de la Mauricie, c’est une grande fierté. Plus encore, ça fait longtemps que nous sommes arrêtés et loin du hockey. En confinement, c’est encore plus difficile. L’aspect plus craintif, c’est bien sûr le virus, mais j’ai une très grande confiance en la Ligue, qui prend les mesures nécessaires pour que les risques soient minimisés au maximum. L’idée des villes bulles, je trouve ça très bien organisé, c’est rassurant», a expliqué celui qui est devenu en 2003, le deuxième juge de lignes provenant de la Mauricie dans l’histoire de la LNH, Michel Cormier. Le premier a avoir pavé le chemin étant Claude Béchard, intronisé au Temple de la Renommée du Panthéon des sports.

«On est privilégié de faire ce métier. C’est un honneur et c’est encore plus spécial que trois gars de la même place se retrouvent dans les séries éliminatoires», a exprimé celui qui est à l’emploi du meilleur circuit de hockey au monde depuis l’été 2010, Frédérick L’Écuyer.

L’ex-arbitre Stéphane Auger a également salué la nomination de ses anciens collègues québécois.

«C’est excellent, depuis quelques années, la représentation est impressionnante. Le programme de Hockey Québec est une bonne branche au Canada et le crédit leur revient en grande partie. Plus on développe d’officiels, plus il y en a qui font leur chemin.»

Des feuilles de route impressionnantes

Des trois officiels originaires de la région, Furlatt est celui qui a le plus d’expérience en ce qui a trait aux matchs de séries, avec 126 présences. Le juge de lignes Cormier a quant à lui été en action dans 61 rencontres éliminatoires, tandis que l’arbitre L’Écuyer revendique 11 apparitions.

Aucun des trois n’a encore eu l’opportunité d’œuvrer durant la finale de la Coupe Stanley.

Frédérick L’Écuyer totalise 765 rencontres dans le circuit Bettman. Son prochain match de séries éliminatoires sera son douzième.

Les membres du circuit Bettman ont eu l’option de ne pas participer à la reprise des activités sans s’exposer à des mesures disciplinaires. Tout dépendant des scénarios, joueurs et officiels pourraient se retrouver à être séparés de leur famille pour plusieurs semaines.

«J’y pense beaucoup à l’aspect familial, mais c’est notre travail. On l’a choisi, il y a des côtés positifs et négatifs. Personnellement, je trouve que ça serait assez difficile de se plaindre. Il y en a qui vont faire la guerre dans les tranchées pendant quatre ans et reviennent à la maison sans se plaindre. Je serais mal placé de le faire», a expliqué Michel Cormier.

Une période d’adaptation?

Questionné à savoir si la reprise de l’action directement en mode séries éliminatoires, où l’action est généralement plus rapide et robuste et où l’enjeu en fait rêver plus d’un pourrait revêtir des difficultés pour les officiels du circuit Bettman, tous s’entendent pour dire que le naturel revient au galop.

«C’est un enjeu pour tout le monde. Les joueurs, les entraîneurs et les officiels, ce sont tous des professionnels. Pour les arbitres et les juges de lignes, la forme physique, ce n’est pas un problème. C’est sûr qu’il va y avoir des petits ajustements, mais ça revient assez rapidement. Je ne m’inquiète pas, ils n’ont pas été inactifs assez longtemps pour que ce soit un trop gros défi», croit Stéphane Auger.

Même son de cloche pour Michel Cormier, qui peine à cacher son envie de renouer avec l’action.

«C’est comme faire du bicycle, ça revient toujours, ce sera simplement de s’ajuster. Avec notre expérience, je crois qu’on va être assez professionnel pour le faire rapidement.»

Frédérick L’Écuyer abonde également en ce sens et estime que les changements seront majoritairement à l’extérieur de la surface glacée.

«Une fois qu’on embarque sur la glace, la game reste la game. Ce qui entoure le match, c’est du nouveau, mais notre travail reste le même.»

Garder la forme

«J’ai la chance ici, en Caroline du Nord, de louer une glace. J’ai toujours pensé que ça allait recommencer, j’ai donc toujours continué à m’entraîner. Notre travail nous demande d’agir en professionnel. On connaît l’importance d’être en forme physique, il n’y a eu aucun relâchement», ajoute L’Écuyer.

Michel Cormier, lui, pourrait renouer avec les plaisirs de la surface glacée dès cette semaine.

Éric Furlatt a arbitré 1206 parties de saison régulière. Il revendique 126 présences en séries, sans toutefois avoir participé à une finale de la Coupe Stanley.

«Je n’ai pas encore touché à la glace puisqu’elles étaient presque toutes fermées dans la région. C’est un choix personnel, mais je respecte une petite quarantaine chez moi. J’évite les risques inutiles. Je vais essayer d’y aller cette semaine, seul, probablement deux fois, tout dépendant les différentes consignes.»

Le tournoi qui devrait consacrer les futurs champions de la Coupe Stanley, si tout se déroule comme prévu, se terminera quelque part au début du mois d’octobre et vise un départ à compter du 1er août. Les officiels devront respecter le même protocole que les joueurs. Ils devront, tous et chacun, se soumettre quotidiennement à un test de dépistage de la COVID-19 ainsi qu’à une prise de température et à une vérification de symptômes.