Après avoir soulevé la coupe Jimmy-Ferrari et remporté la médaille d’or au Mondial junior, Maxime Comtois vise la coupe du Président avec les Tigres de Victoriaville.

Comtois vise un tour du chapeau spécial

À tort ou à raison, il n’y a pas de qualité plus prisée dans les sports collectifs que d’être identifié comme un champion. Parce qu’en fin de compte, la quête de championnat est le but ultime à atteindre de chaque équipe.

Dans cette optique, Maxime Comtois a un tour du chapeau spécial à sa portée au cours des prochains mois. Adolescent, il a soulevé la coupe Jimmy-Ferrari dans le midget AAA. Puis, il y a quelques semaines, il a aidé Équipe Canada à reprendre son trône de meilleure équipe junior au monde, une expérience dont il sort grandi et qui, espère-t-il, lui permettra maintenant de guider les Tigres jusqu’à la Coupe du Président.

C’est un jeune homme excité par ce défi qui s’est entretenu avec Le Nouvelliste ce week-end. Son directeur-gérant Kevin Cloutier a magasiné fort à la dernière période de transactions. Ce gros coup de pouce a été très apprécié dans le vestiaire.

«C’est assez clair, nous sommes all-in! On veut aller jusqu’au bout, on a l’équipe pour le faire. Ça serait fou gagner une Coupe du Président à Victoriaville, ça fait trois ans que je suis là et je sais que nos partisans le méritent. C’est le but à tout le monde au sein de l’équipe.»

Les Vitalii Abramov, Étienne Montpetit et Dominic Cormier ont notamment été ajoutés ces dernières semaines. Mais l’un des plus gros ajouts, c’est peut-être Comtois lui-même qui est revenu transformé du Mondial junior. En endossant pleinement son rôle d’attaquant de puissance, il noircit maintenant la feuille de pointage à un rythme infernal.

«J’ai connu un bon tournoi, ça m’a permis de réaliser quel genre de joueur de hockey je peux être dans le futur. C’est dur à expliquer, tout le bagage que j’ai pu emmagasiner avec Équipe Canada junior. Mais ce qui est certain, c’est que je vais m’en servir pour aider les Tigres d’ici la fin de l’année.»

Les Tigres tardent un peu en ce moment à exploiter pleinement leurs ressources. Il y a quelques blessures qui n’aident pas, mais il y a aussi cette période de rodage impossible à éviter quand une demi-douzaine de nouveaux visages s’installent dans un vestiaire.

À l’interne, Comtois assure que personne n’est inquiet. «Nous sommes en processus d’apprentissage. La saison, c’est 68 matchs pour te préparer aux séries. Au premier match des séries, c’est là que tu dois avoir ton rythme de croisière. On s’en va vers ça. On a commencé à jouer avec un sentiment d’urgence.»

La fatigue?
Justement, Comtois est impliqué dans un long marathon depuis deux ans. En plus du rythme pas évident du hockey junior, il a fait du travail supplémentaire avec les équipes nationales et les Ducks d’Anaheim qui l’ont choisi l’été dernier en deuxième ronde. Ajoutez le stress qui venait avec son année de repêchage l’an dernier et vous avez un athlète dont le citron commence à être joyeusement pressé. Il faut toutefois cogner à une autre porte que la sienne pour recevoir une plainte!

«C’est vrai que parfois, c’est un peu difficile, mais c’est un apprentissage nécessaire. Au plus haut niveau, c’est 82 matchs, et possiblement quatre rondes de séries. C’est du stock! Je pense que si tu es prêt à accepter de faire des sacrifices et que tu prends soin de toi, tu peux gérer ton horaire efficacement. En tout cas, de mon côté, je n’ai aucune inquiétude côté énergie quand les séries vont commencer. C’est le genre de défi qui me fait carburer.»

Sur les traces de Beauvillier?
Comtois a été le seul Québécois à percer l’alignement de Dominique Ducharme avec la plus récente cuvée d’Équipe Canada junior. Il a réalisé l’exploit à 18 ans. Le dernier avec un tableau de chasse comparable fut Anthony Beauvillier. Dès la saison suivante, il tirait un trait sur le hockey junior, se faisant une place avec les Islanders de New York…

«C’est sûr que jouer dans la LNH à 19 ans, ce serait spécial. Tu peux être sûr que je vais pousser très fort au prochain camp des Ducks. Je le fais chaque fois que je participe à un camp. Avec Équipe Canada, c’est comme ça que je me suis fait une place, car je n’étais certainement pas parmi les favoris pour rester», confie-t-il.

«Par contre, mon focus n’est pas sur les Ducks en ce moment. Je me concentre sur ma fin de saison avec les Tigres. Il reste du gros hockey d’ici à l’an prochain.»

Voir l’arbre, pas la forêt
Neuf points d’écart pour une équipe qui a du mal à gagner, voilà une situation qui peut être perçue comme une montagne à l’interne.

Voilà pourquoi, le week-end dernier, Daniel Renaud a invité ses équipiers à regarder la situation autrement. Les Cataractes ont les yeux sur l’arbre devant eux, pas sur la forêt derrière! L’idée, c’était de découper le reste de la saison en trois segments de sept matchs. Dans chaque segment, il fallait retrancher trois points à l’avance des Foreurs, qui se cramponnent au 16e et dernier rang donnant accès aux séries. «On a fait un bon pas en fin de semaine en retranchant deux points. Il nous reste donc cinq matchs pour aller en chercher un autre», expliquait le pilote recrue.

Ces nouvelles mathématiques sont peut-être porteuses d’espoir à l’intérieur du vestiaire, mais elles prennent le bord si les Foreurs ajoutent eux aussi des points au classement!

Mais bon, les Cataractes n’ont pas le luxe de trop regarder dans la cour des Foreurs. Ils ont en ce moment bien d’autres chats à fouetter, notamment stabiliser leurs unités spéciales. Et puis il y a la gestion des énergies à doser, puisqu’ils sont au cœur d’une séquence de neuf matchs en 16 jours.

Renaud a d’ailleurs libéré quelques blocs pour permettre à ses équipiers de recharger les piles, avant l’affrontement de mardi au Centre Gervais Auto face aux Remparts. Ces derniers semblent un peu plus vulnérables par les temps qui courent; ils n’ont gagné que cinq de leurs dix derniers matchs.