Sebastian Vettel

Comme un pétard mouillé

MONTRÉAL — La saison 2018 du championnat de Formule 1 devait relancer la lutte au sommet de la série reine du sport automobile. Or, comme ç’a été le cas lors de la saison précédente, elle s’est révélée un pétard mouillé. Voici les principaux enjeux de la dernière saison, et ceux qui monopoliseront l’attention en 2019:

1 - Vettel s’effondre, une fois de plus

De grands espoirs étaient fondés sur Ferrari et Sebastian Vettel, mais le pilote allemand a courbé l’échine devant Lewis Hamilton pour une deuxième saison consécutive. Tout était en place pour une campagne enlevante, alors que Vettel et Hamilton se faisaient la lutte pour l’obtention d’un cinquième championnat des pilotes en carrière, égalant ainsi l’Argentin Juan Manuel Fangio.

Ce scénario ne s’est toutefois jamais concrétisé par la faute de Vettel lui-même. Meneur au championnat par huit points après 10 des 21 courses au calendrier, tout semblait lui sourire, d’autant plus que sa Ferrari était légèrement supérieure à la Mercedes de Hamilton. Mais une série d’impairs — Azerbaïdjan, France et Allemagne — ont suffi à faire dérailler sa saison.

Il a finalement concédé 88 points de classement à Hamilton et s’est incliné 11-5 pour le nombre de victoires. Hamilton tentera en 2019 de s’approcher à un titre du détenteur du record absolu (7), qui appartient à Michael Schumacher.

2 - Charles Leclerc en renfort chez Ferrari

Afin de stimuler Sebastian Vettel dans sa reconquête du titre, Ferrari a pris l’audacieuse décision de remplacer son coéquipier, le Finlandais Kimi Raikkonen, par le Monégasque Charles Leclerc. Si Raikkonen, un modèle de constance chez Ferrari, était clairement identifié comme le pilote no 2 de la Scuderia, il n’en sera rien en 2019 avec Leclerc.

Ce dernier a fait tourner bien des têtes à sa saison recrue en 2018, au sein de la modeste équipe suisse Sauber. Leclerc, qui a bouclé le championnat des pilotes 2018 en 13e position en vertu d’une récolte de 33 points, a d’ailleurs été nommé la recrue de l’année aux ‘Autosports Awards’ au début du mois de décembre. Il sera intéressant de suivre sa progression en 2019.

3 - La stabilité chez Mercedes...

C’est bien connu, on ne change pas une recette gagnante. Après avoir remporté les deux derniers championnats des constructeurs et avoir vu son pilote étoile Lewis Hamilton conquérir les deux derniers championnats des pilotes, Mercedes a choisi d’accorder une prolongation de contrat au Finlandais Valtteri Bottas en 2019.

Ce dernier a cependant déçu la saison dernière, après s’être révélé incapable d’enlever les honneurs de la moindre course. L’équipe allemande a donc mis la table pour l’avenir en embauchant Esteban Ocon à titre de pilote d’essai, après que le Français se soit retrouvé sans volant en raison de l’embauche par Force India — maintenant Racing Point — du Québécois Lance Stroll.

4 - ... et du mouvement en fond de grille

Le jeu de la chaise musicale en F1 a commencé au retour de la pause estivale, en août, lorsque l’Australien Daniel Ricciardo a annoncé contre toute attente qu’il quittait Red Bull pour se joindre à Renault. Cette décision a eu un effet domino au sein du plateau des pilotes. Le Français Pierre Gasly épaulera maintenant chez Red Bull Max Verstappen, que plusieurs considèrent comme un aspirant au championnat en 2019.

Quatre équipes (McLaren, Williams, Toro Rosso et Sauber) ont également fait table rase et offert des ententes à de nouveaux pilotes. Une page d’histoire s’est aussi tournée lorsque l’Espagnol Fernando Alonso a annoncé son départ de la F1 afin de poursuivre d’autres opportunités — il souhaite compléter la triple couronne du sport automobile en remportant le printemps prochain les 500 Miles d’Indianapolis, d’autant plus qu’il a remporté les 24 heures du Mans en juin dernier avec l’équipe Toyota.

5 - Un nouveau départ pour Lance Stroll

Après une première saison encourageante pour Lance Stroll chez Williams en 2017, le rêve s’est transformé en cauchemar cette année. En dressant son bilan de fin de saison, le pilote âgé de seulement 20 ans a reconnu qu’il venait de connaître «une saison très difficile». Williams, dont le dernier titre de champion du monde a été acquis par Jacques Villeneuve en 1997, n’a obtenu que sept points de classement en 2018 — dont six ont été acquis par Stroll. Ainsi, après des mois à spéculer sur son avenir, le pilote de Mont-Tremblant a annoncé qu’il se joint à l’écurie Racing Point (ex-Force India), rachetée en août dernier par le consortium d’homme d’affaires mené par son père Lawrence Stroll. Il ne fait aucun doute que Stroll sera sous pression la saison prochaine: il devra rapidement livrer la marchandise à bord de sa nouvelle voiture, sinon ses détracteurs se feront très bruyants.

Un autre pilote canadien sera à surveiller en 2019. Après avoir pris part à des essais chez Force India en 2018, le Torontois Nicholas Latifi a effectué le chemin inverse de Stroll et accepté en décembre un poste de pilote d’essai chez Williams en 2019. Il secondera ainsi le vétéran Robert Kubica et la recrue George Russell au sein de l’équipe britannique.