Dillon Carman et Simon Kean ont tenu un face-à-face très tendu, jeudi, à Espace Shawinigan, à 48 heures de leur deuxième combat en l’espace de huit mois.

Combat Kean-Carman: la tension monte

SHAWINIGAN — «Te souviens-tu de cette main droite?». Voilà de quelle façon Dillon Carman (14-4, 13 K.-O.) a accueilli Simon Kean (16-1, 15 K.-O.) sur l’estrade, jeudi midi à Espace Shawinigan, 48 heures avant le combat revanche prévu entre les deux poids lourds, samedi soir au Centre Gervais Auto.

Avec cette réplique, le colosse ontarien cherchait évidemment à déranger le Grizzly trifluvien, en lui rappelant le K.-O. qu’il lui a fait subir le 6 octobre dernier dans le ring du Centre Vidéotron.

Bien que bouillant de nature, Kean n’a pratiquement pas bronché, si ce n’est qu’il a brièvement acquiescé à la question lancée par son rival tout en lui glissant à l’oreille que «ça va être tout un combat». Pour le protégé d’Eye of the Tiger Management, il ne sert à rien de perdre de l’énergie dans les envolées verbales. «Je ne m’étalerai pas dans une guerre de mots. Ma concentration est excellente présentement. Tout est prêt, je suis calibré comme une Formule un. Je ne veux rien déstabiliser», a indiqué l’olympien aux médias.

«De toute façon, je sais ce qu’il va me dire. Qu’il veut mettre fin à ma carrière, que je ne suis pas un boxeur et que j’ai un menton de verre. Bla, bla, bla... Je vais plutôt lui répondre samedi soir en laissant mes poings parler dans le ring.»

Si Kean se contente de peu de mots à l’approche de ce combat crucial pour la suite de sa carrière, Big Country, de son côté, ne se gêne pas pour jouer les verbomoteurs. Il semble carburer à l’attention médiatique. Son message en conférence de presse était d’ailleurs assez explosif. «Ne clignez pas des yeux samedi soir!», a-t-il scandé au micro avant d’enchaîner avec un cri digne des meilleures imitations du lutteur Ric Flair.

En mêlée de presse, il ne s’est pas fait prier pour en rajouter au sujet du poulain de Jimmy Boisvert. 

«Je cogne plus fort que lui. J’ai reçu ses coups à notre dernier combat et je peux dire que j’ai déjà encaissé des coups plus puissants, a-t-il lancé. Mais ça va être une guerre. Nous nous sommes tous les deux très bien préparés pour ce combat. Je ne crois pas nécessairement que ça sera un K.-O. rapide.  Mais je pense que ça va être un combat excitant et que les gens ne voudront rien manquer.»

Kean se dit pour sa part être prêt à faire 10 rounds face à Carman, samedi soir. Mais n’allez pas croire pour autant qu’il ne tentera pas d’achever son rival en début de duel si l’occasion se présente. «Je m’engage à le knocker à chaque round, s’il le veut! À mon dernier combat contre lui, je m’attendais à un combat facile. Cette fois, ça sera différent. Je suis prêt.»

Derrière Simon

La promotion de cette revanche entre Kean et Carman est beaucoup plus intense que celle qui avait précédé le premier choc entre les deux boxeurs, à Québec. Un peu à l’image de la campagne de promotion qui avait entouré l’affrontement entre Kean et Adam Braidwood, en juin 2018 à Shawinigan. Encore une fois, Kean avait préféré demeurer sobre dans ses propos, avant de liquider le Britano-colombien dès le troisième round.

D’ailleurs, les propos de Carman tenus dans Le Nouvelliste, jeudi matin, ont fait grandement réagir. L’Ontarien a déclaré que les amateurs de boxe de la Mauricie ne portaient pas nécessairement Kean dans leur cœur. Et que certains espéraient qu’il perde samedi. Piqué au vif, le copromoteur de l’événement Roger Lavergne s’est même permis de rappeler Big Country à l’ordre lui-même, en début de conférence de presse, en qualifiant ses commentaires de «grand manque de respect».

Kim Clavel a également tenu à encenser son coéquipier, soulignant que toute l’équipe d’EOTM était derrière lui pour ce duel fort attendu. «Ça va être un moment important pour un de nos frères. Eye of the Tiger Management c’est une famille. Samedi, on sera tous derrière lui. Ça va être sa soirée.»

De son côté, le principal intéressé n’a pas tenu à s’éterniser trop longtemps sur les commentaires de Carman quant à son niveau de popularité dans son patelin. 

«Ses propos sont très ridicules et complètement faux. Des haters, il y en aura partout. Mais je pense être très bien aimé en Mauricie et les chiffres le démontrent avec de très bonnes ventes de billets. Ça fait partie de son plan de match. Il cherche juste à me déranger.»

Le prochain face-à-face entre les deux poids lourds est prévu vendredi vers 12 h 30, à l’occasion de la pesée officielle qui s’effectuera à La Plaza de la Mauricie.