Le ministère de la Faune rappelle que les chauves-souris ne sont pas agressives.

«Colmater les fissures, ça aiderait»

Trois-Rivières — Même si les utilisateurs de l’église Sainte-Cécile préféreraient ne pas partager la bâtisse centenaire avec elles, il ne faut pas craindre la présence des chauves-souris dans les hauteurs de l’édifice, avise le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

«Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, car elles ne sont pas agressives. Par contre, on doit éviter de les toucher», explique la biologiste Nathalie Desrosiers, au lendemain de la parution, dans Le Nouvelliste, d’un article traitant de la présence de petits mammifères volants dans l’ancien lieu de culte, aujourd’hui converti en centre de trampoline.

«Elles n’attaqueront pas les humains. En fait, elles ont autant peur de vous que vous pouvez avoir peur d’elles.»

Lorsqu’un expert du ministère de la Faune s’est déplacé sur les lieux l’an passé, il n’a pas été en mesure d’étudier des spécimens. «Par contre, on soupçonne qu’il s’agit de l’espèce de la grande chauve-souris brune, qui peut s’installer dans les greniers de maison ou dans les grands bâtiments, comme une ancienne église. Elles vont y trouver refuge et hiberner.»

Souvent, les chauves-souris entreront dans les bâtiments par les fissures. Puisque des problèmes d’infiltrations d’eau ont aussi été constatés à l’église Sainte-Cécile, ce scénario est plausible. «Colmater les fissures, ça aiderait. Ceci dit, les risques de contacts avec l’être humain sont minimes.»

Nathalie Desrosiers rappelle qu’il ne faut jamais manipuler une chauve-souris sans avoir auparavant enfilé des gants en cuir épais. Il est fortement recommandé d’utiliser une boîte avec un couvercle et un filet. En cas de contact, il faut appeler à la ligne Info-Santé (811). «S’il y a contact, c’est parce que l’humain l’aura voulu. C’est pour ça que nous avons sensibilisé les parents et les enfants du club Trampoline Intercité l’an dernier. Ils peuvent les observer, mais pas les manipuler. Et la plupart du temps, ils ne les verront pas.»

L’experte souligne au passage que plusieurs courriels ont été échangés en 2017 à la suite de la demande de vérification à l’église Sainte-Cécile, autant avec son ministère qu’avec la Santé publique. La situation avait été prise au sérieux, comme tout signalement associé à la présence de chauves-souris dans un établissement. «Les chauves-souris sont en déclin, on veut les protéger.»

Le syndrome du museau blanc fait des ravages depuis quelques années et inquiète les chercheurs. «C’est pour cette raison qu’on désire conserver les maternités et leurs emplacements. À l’église Sainte-Cécile toutefois, on parle probablement de quelques spécimens et non d’une grosse colonie.»

Quant à la présence de fientes, rapportée par des parents à quelques reprises, il n’y a pas lieu de s’inquiéter non plus. «À moins que celles-ci s’accumulent à un endroit précis, ce qui n’est pas le cas à l’église.»

Bref, il faut demeurer vigilant, mais la présence des chauves-souris ne représente pas une menace. À mots couverts cependant, il est clair que les membres du club de trampoline ne diraient pas non à une relocalisation.