La visite à Trois-Rivières de Dean MacDonald et Glenn Stanford a beaucoup fait réagir à Terre-Neuve, où ils opèrent les Growlers dans la ligue ECHL.

Colisée: Trois-Rivières a «déroulé le tapis rouge»

Trois-Rivières — Simple méthode de négociation ou réel intérêt de déménager? La visite du propriétaire des Growlers de St. John’s à Trois-Rivières, plus tôt cette semaine, a trouvé écho dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Dean MacDonald, dont l’équipe joue dans la ligue ECHL, a lancé des fleurs au comité d’accueil l’ayant reçu pour une visite du nouveau Colisée en construction, au District 55.

«Ils ont déroulé le tapis rouge et ont clairement indiqué qu’ils étaient prêts à faire le saut quand une opportunité se présenterait», a mentionné MacDonald, dans une entrevue accordée au journaliste Brendan McCarthy du Telegram, le quotidien de St. John’s.

Le Nouvelliste n’a pas été en mesure de confirmer ces propos avec le principal intéressé, mais un fait demeure: une tension règne entre les Growlers, la Ville de St. John’s ainsi que l’organisme St. John’s Sports and Entertainment (SJSE), qui exploite le Mile One Centre, domicile des Growlers.

MacDonald, propriétaire majoritaire de la franchise terre-neuvienne, a dit qu’il regardait actuellement d’autres options pour l’avenir de son club en raison de sa frustration découlant de négociations difficiles avec SJSE et la Ville. Aussi bien dire qu’il s’agissait d’une visite «exploratoire».

Les Growlers, champions de l’ECHL, sont affiliés aux Marlies de Toronto de la Ligue américaine, qui eux forment le club-école des Maple Leafs de Toronto.

Selon MacDonald, toutes les options demeurent sur la table pour le futur, dont celle de trouver refuge dans un autre aréna de Terre-Neuve-et-Labrador. Une entente lie les Growlers aux Maple Leafs pour deux autres saisons, sauf que le bail du Mile One Centre contrarie MacDonald.

Ce dernier rapporte, toujours dans l’article paru jeudi dans The Telegram, qu’on lui aurait demandé une hausse de paiement de 65 % comme renégociation de bail.

MacDonald s’insurge contre cette proposition, en ajoutant que son équipe, à l’instar du Edge de la Ligue nationale de basketball du Canada, a perdu de l’argent lors de la saison 2018-19, la première du club à St. John’s. Bref, on ne semble pas près d’une entente, d’autant plus que la Ville souhaiterait revoir les ententes sur la répartition de certains revenus, comme les concessions alimentaires et la vente de boissons.

«On croit que le conseil [municipal] ne veut pas de sports professionnels au Mile One Centre.»

MacDonald et le groupe SJSE ont encore quelques semaines avant d’en arriver à une entente. Les Growlers amorceront leurs activités dans environ sept semaines.

La visite de MacDonald à Trois-Rivières est rapidement devenue publique quand celui-ci a publié une photo sur son compte Twitter. On le voit à l’intérieur d’un Colisée en plein chantier au District 55, accompagné du chef des opérations des Growlers Glenn Stanford.

En entrevue au Nouvelliste mardi, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, a dit avoir accueilli MacDonald et Stanford lors de cette courte escale en Mauricie. S’il y a eu plusieurs rencontres avec divers groupes intéressés, il s’agissait d’une première «pour une visite comme celle-là», selon le premier magistrat.

Les Growlers sont l’une des deux équipes canadiennes évoluant dans l’ECHL, le troisième circuit professionnel en importance en Amérique du Nord, derrière la LNH et la Ligue américaine. L’équipe de Dean MacDonald a attiré en moyenne 3784 spectateurs à domicile l’an dernier.

Le Colisée du District 55 comptera quelque 4000 places et sera prêt pour janvier 2020.

À St. John’s, des milliers d’amateurs craignent de perdre de nouveau une franchise de hockey professionnel. Avant l’arrivée des Growlers, les IceCaps, club-école du Canadien, y avaient joué pendant quelques saisons, avant de partir pour Laval, où ils sont devenus le Rocket à l’automne 2017.

L’ECHL misera sur la présence de 26 équipes pour la saison 2019-20.