Jean-François Harvey a dirigé son dernier match comme entraîneur de basketball.

Coach Harvey tire sa révérence après 33 ans

Trois-Rivières — Une page d’histoire se tourne dans le monde du basketball régional, alors que l’entraîneur Jean-François Harvey tire sa révérence après 33 ans passés dans les gymnases à enseigner les rudiments de son sport à plusieurs générations de jeunes.

Tout au long de ces années, coach Harvey a encadré des joueurs et des joueuses de basketball de tous les niveaux, et ce, dans différents programmes de la région, mais principalement avec le Vert et Or du Séminaire Saint-Joseph (SSJ).

C’est d’ailleurs à la tête de la formation féminine cadet AAA de cette institution qu’il a mis le point final à sa carrière en remportant la médaille de bronze lors des derniers championnats provinciaux, qui ont eu lieu au début du mois d’avril à Trois-Rivières.

Il a également été honoré lors du gala qui a précédé cette importante compétition alors qu’on lui a décerné le titre d’entraîneur par excellence à l’échelle provinciale dans la catégorie cadet féminin. Une belle façon de boucler la boucle pour l’enseignant en histoire qui continuera tout de même à côtoyer les jeunes adeptes du sport qu’il aime tant dans les salles de classe ainsi que dans les corridors de l’école.

«Je dirais que c’est le contact privilégié avec les jeunes en dehors du contexte académique qui va le plus me manquer», confie-t-il alors qu’il est assis dans son bureau, dont la fenêtre donne directement sur le vénérable Garden du Séminaire, où il a passé des milliers d’heures dans le cadre d’entraînements et de matchs.

Le principal intéressé est d’ailleurs un peu nostalgique quand on lui demande d’énumérer quelques moments marquants de toutes ces années passées sur les lignes de côté. Les deux championnats provinciaux avec des équipes féminines, au début de la présente décennie, ainsi que sa deuxième saison avec la Vert et Or en 1993-1994 – il dirigeait alors la formation masculine juvénile AAA – font partie de ses souvenirs les plus chers.

En plus d’avoir eu le privilège d’encadrer ses deux filles – sa cadette faisait partie de l’équipe qu’il entraînait cette année – il se considère privilégié d’avoir pu côtoyer de nombreux jeunes adultes qui ont su faire leur chemin par la suite dans la vie. Pour lui, la réussite de ses anciens joueurs et joueuses est plus importante que tous les championnats et tournois qu’il a remportés. Il se dit également très fier des carrières athlétiques de plusieurs d’entre eux, dont Sébastien Salois et Alexandre Bougaïeff qui ont notamment évolué dans les rangs universitaires américains ainsi que chez les professionnels après leur passage avec le Vert et Or.

L’une de ses anciennes protégées, Marie-Pier Bastrash, ne tarit d’ailleurs pas les éloges à son endroit. La femme maintenant âgée de 27 ans, qui complète présentement sa deuxième année de résidence en gynécologie-obstétrique, va même jusqu’à dire qu’il est le plus passionné des passionnés. Cette dernière a notamment fait partie des équipes avec lesquelles le jeune retraité du coaching a gagné deux championnats provinciaux, soit au niveau benjamin et par la suite chez les juvéniles.

«Il s’engage à fond dans tout ce qu’il fait. Je souhaite que mes enfants aient la chance d’avoir des coachs comme lui», affirme-t-elle.

Celle qui a évolué pour les Dynamiques du Cégep de Sainte-Foy au niveau collégial et les Martlets de l’Université McGill par la suite se rappelle que celui qu’elle appelle spontanément «JF» n’était pas le genre de coach qui se tenait à l’écart de ses athlètes.

«Il lui arrivait même de courir avec nous dans les rues du centre-ville afin de se mettre en forme en prévision de la saison. Il voulait nous développer comme joueuses, mais aussi comme personnes», raconte-t-elle.

Membre de la première équipe du SSJ que coach Harvey a entraînée – il avait été embauché en prévision de la saison 1992-1993 afin de pallier la perte de Guy Parizeau qui avait accepté le poste d’entraîneur-chef des puissants Nomades du Collège Montmorency dans le circuit collégial AAA – Dany Poliquin se souvient également de son ancien pilote comme d’un jeune homme intense et combatif. Et comme il arrivait à la tête d’une équipe jeune qui n’était pas du même calibre que l’édition précédente, son attitude avait eu un grand impact sur le développement de ses joueurs.

«On s’est vite rendu compte que c’était tout un compétiteur. Il était très impliqué dans les matchs. Mon père disait que ça aurait pris des gars comme lui sur le ‘‘court’’! Il était également très intense dans les entraînements lors des démonstrations des exercices», se remémore le membre du conventum 1995-2009, qui est présentement directeur des ressources humaines dans une boîte montréalaise spécialisée dans la conception de jeux vidéo.

Également responsable de l’ensemble du programme de basketball à l’époque, il avait mis en place plusieurs mesures et posé des gestes qui ont fait progresser rapidement le programme. Alors que le football avait toujours été roi et maître au cours de la saison automnale, il avait entre autres été le premier à s’entendre avec ses homologues du ballon ovale afin que les joueurs qui pratiquaient les deux sports puissent le faire en même temps.

Jumelée avec le recrutement de bons joueurs provenant d’autres écoles de la région, dont un certain Alexandre Bougaïeff qui mesurait 6 pieds et 10 pouces à l’époque, cette nouveauté avait permis à la cuvée 1993-1994 d’être prête dès le début de la saison et de faire partie des puissances du circuit provincial juvénile AAA.

«Il y avait déjà une culture gagnante au Séminaire, mais il l’a amenée à un autre niveau», selon Dany Poliquin.