Les quelque 80 participants au défi du C-2 du Festival de la rivière ont rendu hommage aux travailleurs de la première ligne ainsi qu’aux personnes décédées de la COVID-19.
Les quelque 80 participants au défi du C-2 du Festival de la rivière ont rendu hommage aux travailleurs de la première ligne ainsi qu’aux personnes décédées de la COVID-19.

Clin d’oeil à la Classique, en attendant 2021

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Shawinigan — Il y a eu un départ symbolique, des hymnes nationaux, des milliers de coups de rame et même des canots renversés. Ce n’était pas tout à fait la Classique de canots, mais l’esprit de fête la caractérisant était lui bien présent, dimanche au parc de l’Île Melville. Le Festival de la rivière aura permis à des dizaines d’athlètes de se retrouver, le temps d’une journée.

La vitesse à laquelle ont procédé les organisateurs pour accoucher du projet rappelle les meilleures courses de la traditionnelle descente de la rivière Saint-Maurice, entre La Tuque et Trois-Rivières. Un marathon!

En l’espace de deux semaines, le parc de l’Île Melville, la direction de la Classique, l’Association des coureurs en canot du Québec et plusieurs autres partenaires ont été en mesure de préparer une activité à la hauteur des attentes. Ces efforts n’ont pas été vains: plus de 130 personnes ont répondu à l’invitation. Du nombre, on comptait plus de 40 équipes de C-2.

Poing en l’air, rame en l’air

Depuis 1934, la Classique n’avait été interrompue que durant la Seconde Guerre mondiale. Afin de témoigner leur reconnaissance aux combattants en Europe, les canotiers ont pris part à un départ symbolique, à La Tuque, de 1941 à 1945. Durant cinq ans, un seul coup de rame fut donné lors de chacune de ces éditions.

L’organisation de 2020 a eu la bonne idée de reproduire un départ symbolique, cette fois près de l’île Melville, et en soutien aux travailleurs de première ligne dans la lutte contre la COVID-19.

Poing en l’air, rame en l’air, les participants au Festival de la rivière ont observé une minute de silence pour eux ainsi que pour tous ceux qui ont perdu la vie depuis le début de la pandémie. La grande région de Shawinigan fut d’ailleurs l’une des plus touchées au Québec au printemps dernier, avec de nombreux décès déplorés dans les CHSLD Laflèche (Grand-Mère) et Mgr-Paquin (Saint-Tite).

Il y avait de jeunes canotiers parmi les participants.

Corbin et Proulx devant

Jeunesse et sagesse se côtoyaient dans l’embarcation ayant franchi les 20 km du parcours devant toutes les autres. Serge Corbin, le roi de la rivière Saint-Maurice, a gagné en compagnie de Christophe Proulx, l’un des bons canotiers de la nouvelle génération en Mauricie.

Ce tandem a été suivi des bateaux de Jérémy Marchand et Guy Rousseau ainsi que de Mario Blackburn et Jérémie Fortin.

«Très surpris», s’est exclamé le directeur général de la Classique, Dominic Thibault, en s’exprimant sur la réponse des amateurs de sports de rame.

«Avec le court délai, on s’attendait à 80 ou 100 participants. On se rapproche de 140!»

À ses yeux, le Festival portait bien son nom. «Les gens sont retournés à la base, il n’y avait pas de compétition, pas de stress de performance. Certains se sont trompés dans les parcours, mais à la fin, tout le monde avait du plaisir et c’est ce qu’on recherchait!»

Le Festival en ajout à la Classique?

Le Festival de la rivière pourrait, dans un proche avenir, servir de prélude aux activités entourant la Classique de canots.

Serge Corbin et Christophe Proulx, les gagnants du Festival de la rivière.

«Je suis encore au parc de l’Île Melville en ce moment et des campeurs m’en parlent. Nous étudions la forme que pourrait prendre cette activité. Ça pourrait être une épreuve à relais, avec du canot et de la course à pied. Tout ça reste à voir. Nous avons plein d’idées!»

L’esprit familial était vraiment de la partie dimanche. Deux canotiers d’expérience, Patrick Armstrong et Éric Gagnon, ont choisi de ramer avec leur fils respectif, Matthew et Zaïc.

Un défi symbolique

Tout a été fait pour satisfaire un maximum de monde. Les adeptes de paddleboard, un sport en vogue, ont aussi pu s’inscrire à une course.

Francis Trudel et John-Francis Hayes, vainqueurs de l’édition 2020 du Défi Réjean-Huard.

Idem pour les habitués du Défi Réjean-Huard, cette course réunissant, au sein d’une même embarcation, un athlète de canot marathon ainsi qu’une personne vivant avec une déficience intellectuelle.

Les gagnants de cette édition 2020 sont John-Francis Hayes et Francis Trudel. «Je n’ai presque pas ramé cet été en plus. Francis et moi avons fait un beau retour pendant la course», souriait John-Francis, sous le regard complice de son coéquipier.

«C’est important pour eux, ils y tiennent à cette course et nous aussi.»

En fait, on constatait dimanche qu’ils sont encore plusieurs à chérir les activités de la Classique. «Je n’aurais jamais pensé recevoir autant de monde. Je me disais qu’avec la fête du Travail, les gens avaient sûrement prévu faire autre chose», se questionnait à voix haute Dominic Thibault.

Pourtant, depuis 75 ans, la fête du Travail rime avec Classique de canots en Mauricie. Et 2020 n’y a pas vraiment fait exception.