À 27 ans, Alexandre Béland devient l’entraîneur-chef des Aigles juniors. Il succédera à Jean-Philippe Lemay, qui quitte après trois saison passées à la tête de l’équipe.

Changement de garde chez les Aigles juniors

Trois-Rivières — Après trois ans de performances tantôt réjouissantes, tantôt décevantes, Jean-Philippe Lemay était prêt à laisser sa place.

L’entraîneur-chef des Aigles juniors a annoncé jeudi ce que l’organisation savait depuis environ un mois, c’est-à-dire son départ de toutes ses fonctions, incluant celle de directeur général.

Son adjoint Alexandre Béland lui succédera, tandis que Steeve Ager, une autre figure bien connue du baseball mauricien, prendra les rênes au poste de DG.

Visiblement ému, Lemay, dont la fiche s’établit à 78 victoires contre 49 défaites, a tracé le bilan de trois années qu’il qualifie d’inoubliables. Les blessures à des joueurs d’importance, jumelées à l’inconstance de certains, auront malheureusement empêché les Aigles d’atteindre leurs objectifs en 2018.

L’équipe fait maintenant face au défi de la reconstruction. Celle-ci se préparera avec de nouvelles têtes dirigeantes.

«J’ai senti qu’il y avait moins de magie dans le nid, que ça prenait un changement de culture», a dit Lemay, entouré de l’état major des Oiseaux juniors.

L’homme de baseball, qui a pris le temps de remercier les partenaires, les joueurs ainsi que les membres des médias, a été fidèle à son habitude en faisant preuve de beaucoup de transparence.

«Il fallait savoir lire la situation. J’aurais aimé gagner le dernier match de l’année, mais ça ne s’est pas produit. Je pense que l’arrivée de Steeve accélérera le processus du virage jeunesse. Quant à Alexandre, je savais dès son embauche comme adjoint il y a deux ans que la perspective d’une bonne relève existait.»

On comprend aussi que Lemay quitte les Aigles en bons termes avec les dirigeants. Le directeur général de la structure, René Martin, s’est montré aussi ému que Lemay, qu’il considère comme un ami.

«Jean-Philippe aura su tenir le fort à la suite du départ de Rémi Doucet. Il n’y a rien qu’il n’a pas fait depuis trois ans pour aider la cause des juniors. Je trouve qu’il s’autoévalue assez durement. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi dédié que lui», a soutenu Martin, appuyé par le gouverneur Patrice Proulx.

La suite logique pour Béland

Dans le monde du baseball, on entend souvent que les meilleurs gérants sont ceux ayant œuvré comme receveur durant leur carrière de joueur. Béland, 27 ans, sourit quand on lui rappelle cette théorie.

«C’est une position à laquelle tu es appelé à faire l’analyse du jeu», confirme celui qui s’est bâti une belle réputation dans la Ligue de baseball junior élite du Québec en tant qu’homme masqué. Il a notamment remporté l’or aux Jeux du Canada en 2009 en plus du championnat canadien junior, trois ans plus tard. Il a évolué pour les Eagles de Post University, au Connecticut, pendant son stage universitaire aux États-Unis.

Durant les plus récentes saisons, il a dirigé le programme des Dragons du Collège Laflèche en plus de s’impliquer chez les Estacades.

C’est donc la suite logique de son cheminement que de le voir atterrir aux commandes des Aigles juniors.

«Je vis du baseball depuis cinq ans, je me sens privilégié! À un certain moment, on pensait que Rémi Doucet serait l’entraîneur des Aigles jusqu’à sa mort, alors c’est un bel honneur», a lancé en riant le nouvel homme de confiance, en parlant du long règne de Doucet, qui a précédé celui de Lemay.

«Ce sont des gens que je respecte et qui m’ont influencé. Je vais travailler fort pour être à la tête des Aigles le plus longtemps possible.»

Proulx et Gaboury comme adjoints

Pour l’appuyer, Béland fera appel à Jean-Félix Proulx et Kevin Gaboury en tant qu’adjoints.

Le premier, reconnu pour sa vaste connaissance de tous les joueurs du baseball junior, dirigera du banc, alors que Gaboury veillera au développement des lanceurs.

Quant à Ager, le fait qu’il se soit impliqué pendant des années dans la structure du baseball AA lui permet d’avoir un lien particulier avec les joueurs de la relève.

René Martin a rappelé pendant le point de presse qu’il fallait absolument séparer les tâches d’entraîneur-chef et de directeur général de l’équipe.