Avec l'ajout du canoë féminin à la programmation des Jeux de Tokyo en 2020, Laurence Vincent-Lapointe aura finalement la chance de remporter une médaille olympique.

Chance en or pour Vincent-Lapointe

Après avoir dominé son sport pendant plusieurs années et remporté de nombreuses courses sur la scène internationale, la canoéiste Laurence Vincent-Lapointe aura finalement la chance en 2020 de remporter la seule décoration qui manque à son palmarès: une médaille olympique.
La décision rendue publique vendredi par le Comité international olympique (CIO) que le canoë féminin - soit les épreuves de C1 200 m C2 500 m - allait faire son entrée dans la grande famille des sports olympiques lors des Jeux d'été de Tokyo donnera à l'athlète de 25 ans la chance de réaliser son rêve.
Jointe par Le Nouvelliste en soirée vendredi alors qu'elle venait tout juste de débarquer de l'avion après un fructueux voyage en Europe au cours duquel elle a réalisé de très bonnes performances lors d'épreuves du circuit de la Coupe du monde, dont un record du monde au C1 200 m, elle s'est dite extrêmement heureuse d'apprendre que la décision qu'elle attendait depuis des années avait finalement été prise et officialisée. C'est d'ailleurs sa mère qui lui a appris la bonne nouvelle lorsqu'elle est allée la chercher à l'aéroport à Montréal.
«Enfin, c'est pour vrai! Ça faisait longtemps qu'on nous disait que ça s'en venait. Au départ, ils étaient censés l'annoncer après Rio. J'ai de la misère présentement à le réaliser, mais j'aimerais tellement être la première femme à remporter une médaille en canoë aux Olympiques», lance-t-elle.
Comme le rêve olympique pointait à l'horizon, Vincent-Lapointe a d'ailleurs récemment décidé d'alléger ses sessions à l'université afin de pouvoir consacrer plus de temps à l'entraînement et atteindre de nouveaux sommets de performance. Il n'est pas question pour elle de manquer son rendez-vous avec l'histoire.
«Si dans trois ans, après avoir tout donné, il y a une fille qui est plus rapide que moi aux Olympiques, ça sera ça. Mais si je ne donne pas tout et que je ne réussis pas, je ne me le pardonnerai pas», confie-t-elle.
L'entraîneur au Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, Mathieu Pelletier, abonde dans le même sens que son athlète.
«C'est juste ça qu'elle attendait. Elle a tout prouvé et tout gagné et il ne manquait que cette dernière étape», affirme-t-il.
Ce dernier croit par ailleurs que celle qui partage son temps entre le canoë et ses études en sciences infirmières à l'UQTR sera en très bonne position pour monter sur le podium en 2020.
«Elle aura l'âge parfait! Pour les filles, ça se passe entre 22-23 ans et 28 ans et ça peut même s'étirer. Ça n'a pas été rare qu'on voit des filles dans la trentaine qui continuent à faire des courses», explique-t-il.
Avec cette entrée sur la scène olympique, la compétition sera de plus en plus féroce en canoë féminin. Le calibre est d'ailleurs déjà plus relevé qu'il l'était il y a quelques années. Mathieu Pelletier a été aux premières loges pour observer ce phénomène qu'il attribue au fait que la récente décision constituait un secret de polichinelle.
«En sachant que ça avait été proposé par la Fédération internationale de canoë-kayak au Comité international olympique, on se doutait que ça allait passer. Il y a donc plusieurs pays qui ont mis beaucoup d'efforts là-dessus. C'est pour ça que Laurence ne gagne plus de façon aussi facile qu'avant», poursuit-il.
Bon pour le sport
Même si sa protégée doit faire face à plus d'adversité qu'auparavant afin de remporter des victoires et qu'elle ne sera pas la seule à aspirer aux grands honneurs en 2020 au Japon, son entraîneur soutient que cette décision du CIO aura un impact très positif sur ce sport.
«Ça va favoriser énormément le développement. Présentement, tous les programmes dans les clubs et les fédérations provinciales et nationales essayaient de l'encourager, mais les filles avaient toujours l'arrière-pensée qu'elles ne pouvaient pas se rendre aussi loin en canoë qu'en kayak. Mais avec une aussi belle visibilité, ça va encourager les filles à en faire plus», laisse-t-il tomber.