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André Tourigny.
André Tourigny.

Championnat du monde hockey: une médaille d’or inespérée

Matthew Vachon
Matthew Vachon
Le Nouvelliste
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Avec trois défaites pour amorcer le Championnat du monde de hockey, le Canada se dirigeait tout droit vers une élimination hâtive. Cependant, grâce à une bonne fin de ronde préliminaire et à un peu de chance, les représentants de l’unifolié, qui comptait l’entraîneur adjoint André Tourigny, ont disputé leur meilleur hockey au moment opportun. Ils sont ultimement revenus à la maison avec une médaille d’or au cou.

«Tu dois le vivre pour comprendre à quel point c’est gros pour les gens et comment ça les rend fiers. Comparativement à d’autres pays, c’est important pour les Canadiens de dominer (dans le hockey) sur le plan mondial. Ça ajoute à la satisfaction», a exprimé le Trifluvien de 47 ans.

Après avoir échappé la victoire face à la Lettonie, aux États-Unis et à l’Allemagne en début de compétition, bien peu d’observateurs osaient prédire une belle fin de tournoi pour les Canadiens. Certains avançaient même qu’il s’agissait de l’une des pires formations à avoir représenté le pays à ce niveau. Des victoires face à la Norvège (4 à 2), au Kazakhstan (4 à 2) et à l’Italie (7 à 1) ont toutefois remis dans le coup les hommes dirigés par l’entraîneur-chef Gerard Gallant.

Une défaite en tirs de barrage contre la Finlande est cependant venue compliquer les choses, car ils n’étaient plus les maîtres de leur destin. Dans le match opposant les Allemands aux Lettons, l’une des deux nations devait gagner en temps régulier face à l’autre pour que les Canadiens passent à la ronde des médailles. Les Allemands l’ont finalement emporté difficilement par la marque de 2 à 1 pour sauver la peau du Canada.

Cette ronde préliminaire en dents de scie s’explique en quelque sorte par un manque de cohésion en raison du fait que les joueurs n’avaient pratiquement jamais évolué sur la même formation. «Tous les pays présents là-bas avaient eu un tournoi lors de la semaine précédente. Ce n’était pas la première fois qu’ils jouaient ensemble. De notre côté, les gars étaient dans les séries (ou venaient de terminer la saison) juste avant, donc ce n’est pas pareil du tout. Il fallait que notre équipe se laisse du temps pour prendre son erre d’aller. Normalement, la saison de la Ligue nationale de hockey se termine avant, nous avons des matchs préparatoires et nous pouvons aller en Europe une dizaine de jours en marge de la compétition. Il y a un moment pour former la chimie. Là, ce n’était pas le cas. Ça ajoutait au défi! Quand nous avons pu développer notre chimie, les choses se sont mises à mieux aller.»

En quarts de finale, le Canada l’a emporté 2 à 1 en prolongation contre la puissante équipe russe. Tourigny et sa bande ont ensuite pu se venger contre les États-Unis en demi-finale (victoire 4 à 2) puis contre la Finlande en finale (3 à 2). C’est l’attaquant des Sénateurs d’Ottawa Nick Paul qui a joué les héros en marquant le but de la victoire en prolongation pour donner le titre aux siens, un premier depuis 2016.

Aux yeux de Tourigny, ce qui a été le plus frappant dans cette équipe, c’est l’esprit de camaraderie. «Les gars en parlaient après le tournoi. Ils étaient impressionnés de voir à quel point ils avaient formé un groupe tissé serré. Il y avait une magie qui s’était créée. Ils voulaient jouer les uns pour les autres. Ça ne se quantifie pas un tel apport, mais ça se ressent de l’intérieur.»

Brown, Henrique et Mangiapane dominants

Certes, le hockey est un sport d’équipe, c’est bien connu. Cela dit, la formation canadienne n’aurait assurément pas pu rafler l’or sans l’apport de son trident offensif composé de Connor Brown (14 points), Andrew Mangiapane (11 points) et Adam Henrique (10 points). À eux seuls, ces trois vétérans de la LNH ont produit un peu moins de 50 % de l’attaque. «Ce sont de bons joueurs qui sont arrivés avec une belle dose de confiance. Souvent, les gars se présentent à ce tournoi après ne pas avoir connu le genre d’année souhaitée avec leur club dans la LNH. Ils ont donc une chance de se reprendre et de finir leur campagne en force. Tu ne veux pas aller vers la saison morte avec un goût amer en bouche. Ils ont saisi cette chance. Ils ont gagné quelque chose, donc ça va rendre leur été plus facile.»

Un été occupé en vue

De retour au Canada depuis lundi, Tourigny devra effectuer son isolement préventif obligatoire avant tout. Il profitera donc de ces quelques jours pour se reposer un peu. Par la suite, le vétéran instructeur se remettra au travail, car il sait parfaitement qu’il y a du pain sur la planche afin de se préparer en vue de la saison 2021-2022. Bien qu’il soit encore sous contrat avec les 67 d’Ottawa dans la Ligue de hockey de l’Ontario (LHO), Tourigny passera la totalité de la prochaine année à travailler pour le Canada, car il sera encore une fois entraîneur-chef du pays au Championnat mondial junior des moins de 20 ans. Il occupera ensuite le rôle d’adjoint aux Jeux olympiques ainsi qu’au Championnat du monde. «Il faut préparer le camp virtuel d’Équipe Canada en vue du Mondial Junior ainsi que le camp estival. Il faut également organiser le camp d’orientation du personnel en vue des Jeux olympiques 2022 en plus de celui des joueurs. Il y a beaucoup de choses au menu pour cet été.»