Valentin Nussbaumer a été accueilli par Daniel Renaud et Martin Mondou. Le Suisse fera ses débuts avec les vétérans de l’équipe vendredi.

«C’est une grosse année pour moi»

SHAWINIGAN — Même s’il ne fera ses débuts que vendredi avec les Cataractes, Valentin Nussbaumer est déjà au boulot. Le Suisse de 18 ans, choix de Martin Mondou au quatrième échelon du dernier repêchage européen, est débarqué dans la ville de l’électricité dimanche après-midi et 24 heures plus tard, il a tenu à chausser une première fois les patins. C’est en compagnie de quelques anciens joueurs des Cataractes dont Alexis D’Aoust et Dennis Yan qu’il a touché à la glace du Centre Gervais Auto.

«Le voyage a été long pour me rendre jusqu’ici, je suis un peu fatigué. Ça va s’effacer d’ici quelques jours, je serai prêt quand le camp s’ouvrira», promet Nussbaumer.

Ce dernier a été précédé par sa réputation en Mauricie. L’an dernier, il a amassé 18 points en 20 matchs dans le junior en Suisse, en plus de disputer 25 matchs avec les hommes dans la Ligue nationale A, où il a marqué cinq buts. Aucun autre joueur de 17 ans n’a marqué autant de buts que Nussbaumer en Ligue nationale A depuis 10 ans et la liste inclut des attaquants de la LNH comme Nikolaj Ehlers, Nico Hischier, Timo Meier et Dennis Malgin ! Le site internet spécialisé thedraftanalyst.com l’a identifié en juin comme le huitième meilleur espoir sur la planète, en vue du prochain repêchage de la LNH.


« Nous allons former une jeune équipe, mais je sais qu’elle sera talentueuse. Ce sera à nous de tracer notre chemin. »
Valentin Nussbaumer

«Je ne savais pas tout ça, vous me l’aprenez. C’est flatteur. C’est vrai que j’ai connu une très bonne saison l’an dernier. Tout s’est mis en place : la chimie avec mes coéquipiers, un peu de chance, un bon départ. J’espère être en mesure de recréer la même chose ici. Je sais que je vais être jugé en fonction des prochains mois. Si je veux rester à ce rang, ou même avancer, je dois bien performer. Si le contraire se produit, je suis conscient que je vais débouler !»

Nussbaumer ne s’est pas fait tirer l’oreille pour traverser l’océan. C’est dans la Ligue canadienne qu’il souhaitait évoluer en 2018-19. «Mon rêve, c’est la LNH. Je pense que c’est le meilleur endroit pour me développer. C’est une grosse année pour moi, qui va mener au repêchage. Je sais aussi que c’est ici que j’aurai la meilleure visibilité.»

Il dit avoir hâte de fraterniser avec ses nouveaux coéquipiers. Jérémy Martin, qu’il a côtoyé l’an dernier durant un camp estival, lui a promis qu’il ne serait pas déçu par son nouvel environnement. «Quand j’ai été repêché par les Cataractes, j’ai bien sûr fait quelques petites recherches sur l’équipe. Ce que j’ai appris ne m’a pas déçu, bien au contraire. Nous allons former une jeune équipe, mais je sais qu’elle sera talentueuse. Ce sera à nous de tracer notre chemin.»

Les Européens tardent souvent à se mettre en marche dans la LHJMQ. Il y a la barrière de la langue, et le fait de se retrouver bien souvent pour la première fois loin de la maison. Pas de souci concernant Nussbaumer dans ces deux rayons. Il parle le français, et il a quitté le nid familial depuis déjà trois ans. Sa maturité crève d’ailleurs les yeux en entrevue. «Tant mieux si ces deux barrières s’éliminent. Je veux connaître le meilleur départ possible. Il y a quand même certaines choses qui seront nouvelles. Je vais tout faire pour m’adapter le plus rapidement possible.»

Renaud impressionné
Voilà qui doit résonner comme de la musique aux oreilles de Daniel Renaud, qui a surveillé les premiers coups de patin de son nouveau protégé lundi. Steve Larouche, Rémi Royer et Martin Mondou étaient eux aussi sur place. Pour Renaud, il n’y a toutefois pas eu de grande surprise, puisqu’il avait eu la chance de l’épier au championnat du monde des moins de 18 ans au début de l’été. «On l’a affronté, et j’ai vu deux autres de ses matchs. Il était le meilleur élément de son équipe. C’est un gars avec du talent, qui joue avec un long bâton. Je ne veux pas lui imposer de pression additionnelle, alors je vais me contenter à ce moment-ci de dire que la première impression est très positive.»