La famille syrienne Al Basha, arrivée dans la région il y a deux ans en provenance du Liban, est bien représentée dans les activités du club trifluvien.

«C’est une façon de les intégrer»

TROIS-RIVIÈRES — Jean-François Hardy le constate et il n’est pas le seul: les enfants des nouveaux arrivants fréquentent souvent les mêmes quartiers. Ils se retrouvent aussi dans les écoles de francisation, ce qui fait que l’intégration n’est pas toujours optimale dans les premières années de leur nouvelle vie.

«Comme parent bénévole impliqué dans le sport, on se questionne alors à savoir comment on peut faciliter les rapprochements. Le soccer se veut un bon point de ralliement.»

Ce l’est pour la famille Al Basha. Originaires de la Syrie, ils ont quitté leur pays en guerre il y a presque quatre ans. Leur résidence familiale en ruine en raison des conflits armés, ils sont partis pour le Liban, où ils sont demeurés pendant un an et huit mois. Ils ont pas la suite émigré au Canada. Ils font d’ailleurs partie de l’une des premières familles syriennes à s’être établies en Mauricie.

Les Al Basha ont cinq filles, la petite dernière étant née au pays il y a deux ans. Les plus vieilles gardent de douloureux souvenirs de la guerre en Syrie.

«On essaie de leur faire oublier, mais ce n’est pas facile. Le soccer est l’une des façons de les distraire et de leur rappeler que nous avons une nouvelle vie», confie leur mère, Samahir Al Basha. «Mon mari était avocat en Syrie. Ici, nous avons dû nous réorganiser et petit à petit, nous cheminons. Des programmes d’aide comme celui du club de soccer nous aident beaucoup.»

L’entraîneur Samy Achache, qui dirige l’équipe de Raghad, 12 ans, et Ariam, 11 ans, est épaté par leur détermination «Ça va très bien pour elles! Des fois, nous sommes vraiment exigeants et pourtant, les filles suivent sans problème. Je suis tout aussi surpris par leur maîtrise du français.»

Bénévole au SANA, Francine Gélinas encourage les parents à s’impliquer à la manière de Jean-François Hardy.

«Notre principal obstacle, ça reste le transport. Jean-François accomplit du boulot formidable. Il faut continuer à travailler à rapprocher les Québécois des nouveaux arrivants. Pour ce faire, on doit trouver les lieux propices aux échanges et le soccer, c’est une passion commune.»

Le vice-président du CSTR planche sur d’autres projets avec son programme pour les enfants immigrants. «On souhaiterait étendre le programme pour la saison hivernale au Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Plus tard, on aimerait également que ces jeunes deviennent entraîneurs, qu’ils s’impliquent dans le club d’une quelconque façon. Nous avons beaucoup d’idées pour la suite», conclut Jean-François Hardy, qui a notamment pu bénéficier du Fonds de développement des territoires, gracieuseté de Développement économique Trois-Rivières. Le fonds d’aide des bingos est aussi venu en aide au CSTR.

«Ça nous encourage à continuer, car notre démarche est assez unique. On ne fait pas de recrutement spécifique parmi les nouveaux arrivants, nous voulons seulement que les jeunes s’intègrent à la communauté en s’amusant.»