Dans le stationnement du concessionnaire Ford, les 22 participantes au Défi des Demois'Ailes en compagnie de leurs coachs étaient fébriles avant leur départ vers Toronto, d'où elles reviendront à Trois-Rivières à la course.

C'est parti pour les Demois'Ailes!

Les 22 Demois'Ailes et leur équipe avaient de la difficulté à mettre des mots mercredi matin sur l'ensemble des émotions qui les traversaient, avant leur départ pour Toronto, d'où elles commençaient leur course à relais de près de 700 kilomètres, à 20 h.
Tout aussi fébriles, la famille et les amis étaient présents pour lancer un dernier encouragement à ces femmes de la région. Ce défi d'envergure leur permettra d'amasser des fonds et de livrer un message d'espoir aux organismes Le FAR et La Séjournelle qui viennent en aide aux femmes victimes de violence.
C'était pour la majorité un sentiment d'accomplissement devant un long travail sur soi accompli au cours de la dernière année, entremêlé de hâte et de peur, qui les habitait avant de monter dans les quatre véhicules motorisés. Elles considèrent que leur plus grand défi sera principalement la gestion de leur sommeil, alors qu'on sait qu'elles seront appelées à courir de jour et de nuit.
Les coachs qui les accompagnent se disaient très confiantes en leurs capacités physiques et mentales. «Elles sont prêtes!». Ces dernières ont d'ailleurs formé les équipes de courses en fonction des capacités de chacunes et des interactions entre elles. Leur plus grand défi sera de ne pas débuter trop en force pour conserver leur énergie pour les quatre jours du défi.
Chacune des Demois'Ailes aura une dizaine de courses de 10 km à accomplir à intervalle d'environ huit heures, pour un total d'une centaine de kilomètres par coureuse. Pendant le périple où elles seront toutes interdépendantes, elles devront cohabiter dans des véhicule motorisés, qu'elles devront aussi conduire, en plus de veiller à la bonne gestion des relais.
Les participantes tenaient à souligner le soutien de leurs conjoints et de leurs enfants dans cette aventure qui leur a demandé des compromis au quotidien, notamment en raison des heures d'entraînement. «C'était le fun de la voir s'épanouir là-dedans, c'est une expérience de vie, nous on n'a fait que l'appuyer», assure le conjoint de Caroline Rouillard. Sa fille, arborant fièrement un chandail sur lequel était inscrit «Ma mère est une Demois'Aile», promettait de l'accompagner pour son dernier kilomètre à son arrivée dimanche.
Marie-Josée Lepage, doyenne du groupe à 46 ans, a dédié chacun de ses 10 relais à 10 personnes différentes qui l'inspireront dans les moments difficiles. «Ça fait seulement depuis 2 ans et demi que je cours. J'ai perdu 50 livres et ma première course a duré deux minutes et il a presque fallu appeler le 911! J'ai dû m'enlever la pression de la comparaison. C'est avec beaucoup de détermination qu'on peut arriver à faire plein de choses», ajoute celle qui s'est même pris un entraîneur privé en plus des sessions communes.
«C'est nous en entier ce défi-là». Jolyane Damphousse, 21 ans, est la seule participante à revenir pour une deuxième année. «La grande différence avec l'an passé, c'est qu'on n'a pas fait appel à une firme, mais bien qu'on a tout organisé de A à Z, jusqu'à se déplacer pour tracer tout le parcours».
Des femmes qui courent pour des femmes
Julie Pellerin rappelle que le message principal à passer est que la violence faite aux femmes doit cesser. «On est contentes de ramasser des sous pour elles, mais ça ne devrait même pas exister. On espère leur donner un peu d'espoir.»
Ce projet permettra d'amasser des fonds pour les organismes Le FAR (Famille, Accueil, Référence) et La Séjournelle, des maisons d'hébergement qui viennent en aide aux femmes éprouvant des difficultés conjugales, personnelles, familiales et/ou victimes de violence conjugale, qu'elles soient seules ou avec leurs enfants. Les maisons offrent un moment d'arrêt et un temps de réflexion aux femmes afin qu'elles reprennent leur vie en main et développent leur autonomie.
«Des femmes qui représentent des femmes, il n'y a rien de mieux que ça selon moi. On va vivre des difficultés, un peu à l'image de ce que ces femmes-là vivent, même si ça n'égalera jamais leur souffrance. On essaie de se mettre un peu à leur place dans ce défi-là», appuie Jolyane Damphousse.
Bien que leur site Internet soit fermé aux dons depuis mercredi, des bénévoles pédalent au FestiVoix pour continuer d'amasser des fonds pendant leur course. Même si elle ne peut pas encore dévoiler le montant amassé, Jolyane promet qu'il sera beaucoup plus élevé que les 4000 $ de l'an dernier, entre autres grâce à l'organisation autonome qu'elles ont entreprise. Le montant sera dévoilé dimanche le 13 juillet en après-midi, à leur arrivée au parc portuaire de Trois-Rivières, où il sera aussi possible de faire des dons.
Pour suivre les Demois'Ailes pendant leur défi : www.defi-des-demoisailes.com