L'ambiance délirante lors des matchs locaux des Predators fait jaser à travers la LNH.

«C'est fou raide à Nashville»

Jean-Philippe Glaude a dû avoir du mal à retourner à sa routine mardi. Le dépisteur des Predators débarque d'un séjour un peu fou à Nashville, où il a vu son équipe créer l'égalité 2-2 en grande finale de la coupe Stanley grâce à deux victoires devant des partisans déchaînés.
Jean-Philippe Glaude a ressenti beaucoup de fierté en voyant Frédérick Gaudreau marquer deux buts vainqueurs.
Avec ses compagnons de travail, Glaude a été placé dans cette foule qui fait parler d'elle à travers l'Amérique du Nord depuis quelques semaines. Une expérience unique.
«Nous sommes invités à Nashville quelques fois par saison, et l'ambiance est toujours très bonne. Mais là, on parle d'une autre dimension. Carrément. Il y a une frénésie à l'extérieur de l'aréna, à l'intérieur, durant la séance d'échauffement. C'est assez difficile de croire que nous sommes dans un marché non traditionnel», sourit Glaude.
«On a passé 55 des 60 minutes de jeu du quatrième match debout. Pas le choix, sinon on ne voyait rien! Je vais me rappeler longtemps de ces deux matchs-là. C'est fou raide à Nashville en ce moment.»
Glaude était donc aux premières loges pour voir le premier joueur qu'il a vendu à l'organisation, Frédérick Gaudreau, marquer les deux buts gagnants. Jamais repêché, ni dans la LNH, ni dans la LHJMQ, l'ex-capitaine des Cataractes est devenu l'une des belles histoires de ces séries 2016.
«Je ne peux cacher que j'ai ressenti de la fierté quand je l'ai vu marquer ces deux buts-là. J'ai ressenti beaucoup de joie aussi pour Fred, un être humain exceptionnel. L'un des entraîneurs adjoints me disait que s'il le pouvait, il l'adopterait! Ça donne une idée de comment Fred est apprécié au sein de l'organisation», témoigne Glaude, qui a eu la chance de lui faire un brin de jasette pendant son séjour au Tennessee.
«On s'est croisé par hasard dans un restaurant. Dès qu'il m'a vu, il est venu à ma rencontre. Il était avec ses parents, il me les a présentés. Ils m'ont remercié d'avoir cru en Fred, je leur ai dit que celui qui croyait le plus en Fred, c'était lui-même. Quel bel exemple de ténacité pour nos jeunes!»
Glaude rappelle que ce jeune homme natif de Bromont qui rend actuellement de fiers services à Peter Laviolette est parti de loin. Il se souvient de son premier camp d'entraînement au sein de l'organisation, où Gaudreau semblait un peu intimidé.
«À son deuxième match, il avait été placé sur le même trio que Forsberg et Fiala, il capotait quand il avait appris ça en matinée. En soirée, il avait passé la soirée à se débarrasser de la rondelle. Ceux qui ont vu les matchs de la finale savent qu'il n'est plus du tout comme ça.
Entre les deux, il a travaillé d'arrache-pied pour grimper les échelons, pour s'améliorer. Il n'est pas le seul de nos jeunes à donner un coup de main, on avait six gars au dernier match qui avait amorcé la saison dans la Ligue américaine à Milwaukee. Voilà qui démontre de l'excellent travail effectué par nos hommes de hockey qui sont en charge de veiller au développement de nos joueurs.»
Gaudreau, Glaude, et les Predators se retrouvent donc à deux victoires de mériter le privilège de boire dans le trophée le plus prestigieux de leur sport. Une zone à laquelle peu de gens ont accès.
«Il faut savourer le moment, ça n'arrive pas souvent dans une carrière de vivre ça. J'ai des collègues suédois et finlandais qui sont avec les Predators depuis 20 ans, ils vivent leur première finale! Il reste deux matchs à aller chercher, la tension a grimpé un peu. On a tous hâte au prochain match.»