Mathieu Pelletier
Mathieu Pelletier

«C’est encourageant pour Laurence»

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Mathieu Pelletier n’est pas dans le secret des dieux, mais le premier entraîneur de Laurence Vincent Lapointe aime croire qu’elle aura gain de cause quand le comité de contrôle antidopage de la Fédération internationale de canoë fera état de sa décision.

«Je suis confiant. Ce nouveau délai, ça veut dire qu’ils réfléchissent, qu’ils y pensent au moins», est d’avis l’entraîneur du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières (CKTR), qui demeure en contact avec sa protégée, bien qu’il ne puisse diriger ses entraînements en raison de la suspension provisoire pour dopage au ligandrol.

Dans le communiqué envoyé aux médias mercredi, l’avocat de Vincent Lapointe, Me Adam Klevinas, explique ce retard dans la décision par «complexité du cas de Laurence, ainsi que d’autres affaires imprévues auxquelles la fédération internationale a dû faire face, telle que la suspension de la Russie par l’Agence mondiale antidopage et les conséquences sur la qualification olympique.»

D’autres évoquent que le fait que le ligandrol reste une substance encore méconnue. «Si les arbitres n’avaient pas cru sa version, le dossier aurait été fermé beaucoup plus rapidement. Les arguments de Laurence et de son avocat ont amené à une réflexion. C’est comme ça que je l’interprète. Je pense que c’est encourageant pour Laurence.»

Rattraper le temps perdu

Pelletier voit d’un bon œil le retour sur l’eau de la reine du canoë. En Floride, Laurence Vincent Lapointe retrouvera le goût de la compétition en attendant le verdict, selon lui.

«C’est une longue pause. Oui, elle a réussi à ramer un peu en solitaire cet automne à Trois-Rivières, mais ce n’était rien de structuré. La motivation était moins présente. Qu’elle retourne à son bateau en Floride, c’est bon pour son moral. En plus, elle se rapprochera des membres de l’équipe nationale.»

Pas question cependant de rejoindre ses coéquipiers. De toute façon, la fédération internationale le lui interdit. «Elle ne courra pas de risque inutile. Elle ne sera pas loin de nous. Si elle reçoit une bonne nouvelle, elle pourra nous rejoindre. D’ici là, Laurence doit simplement se changer les idées.»

Le camp de l’équipe canadienne commence le 20 janvier. S’en suivra ensuite les sélections nationales, du 16 au 19 avril dans l’État de Géorgie. À ce moment, si Vincent Lapointe est blanchie et qu’elle remporte les courses de C1, elle mériterait son entrée pour les Jeux olympiques.

Il resterait alors à qualifier le bateau C2 du Canada, probablement aux qualifications continentales, en mai au Brésil.

Mais toutes ces compétitions pointent encore bien loin à l’horizon, tant que la Trifluvienne ne sera pas fixée sur la décision du comité de contrôle antidopage de la fédération internationale.

Pelletier promu chez Canoë-kayak Canada

Par ailleurs, Mathieu Pelletier a reçu un vote de confiance de Canoë-kayak Canada, qui l’a désigné tout récemment comme assistant entraîneur.

Par ces nouvelles fonctions, Pelletier veillera entre autres à la préparation des athlètes masculins en kayak, comme le Trifluvien Laurent Lavigne. Le contrat est d’une durée d’un an et il demeurera disponible pour les affaires de son club local du CKTR, sur l’île St-Christophe à Trois-Rivières.

«C’est une belle promotion! Peu importe avec qui je travaillerai, une partie des activités se concentrera encore en Mauricie. Je vais donner un coup de main à l’équipe senior ainsi qu’aux jeunes de la relève.»

Pelletier ignore pour l’instant s’il fera partie du personnel d’entraîneurs pour la délégation canadienne, aux Jeux de Tokyo.

En attendant, il continue d’espérer un jugement favorable pour Laurence Vincent Lapointe. «C’est elle qui mérite le plus d’y aller, aux Olympiques.»