Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin.

Ces séries porteuses d'espoir...

CHRONIQUE / Si Geoff Molson a fait ses devoirs, il sait après cinq ans que son directeur-gérant ne se démarque pas par sa créativité. Sa feuille de route en témoigne, ses paroles aussi.
Quelques heures après l'élimination de son équipe en première ronde des séries, Marc Bergevin a reconnu un seul défaut à son équipe, soit la faiblesse de la ligne du centre.
Il a rapidement ajouté qu'il ne faut pas attendre du renfort d'un club-école démuni, et qu'une transaction pour régler ce problème était pratiquement impossible, puisque les clubs misant sur de bons joueurs de centre ne veulent pas les bouger. Un constat déprimant pour un club qui fait du surplace, non?
Heureusement pour les fans des Glorieux, les présentes séries éliminatoires prouvent le contraire. Des huit équipes encore en lice au deuxième tour, la moitié ont transigé pour garnir leurs deux premiers trios à ce poste névralgique.
Les Sénateurs ont réussi l'exploit avec Derrick Brassard et Kyle Turris, les Rangers avec Mika Zibanejad, les Ducks avec Ryan Kesler et les Predators avec Ryan Johansen. Sont-ils tous des centres numéro un? Non. Mais ils font partie du top-6 de leur équipe. Et à Montréal, ils seraient sur le premier trio!
Si on élargit un peu la recherche et qu'on regarde les trois positions à l'attaque, c'est encore plus impressionnant. Il faut alors ajouter Filip Forsberg, James Neal, Bobby Ryan, T.J. Oshie, Jakob Silfverberg, Alexander Steen et Patric Hornqvist. Faites le décompte, ça fait 12 éléments sur les 48 attaquants évoluant top-6 qui ont patiné en deuxième ronde des séries qui ont été obtenus par le marché des transactions. 
Quelqu'un devrait se charger d'en faire mention à Bergevin. Dans un passé pas si lointain, il a aussi dit que contrairement au Playstation, les grosses transactions ne sont plus réalisables dans la LNH. En ayant tous ces noms sous son nez, peut-être changera-t-il d'avis!
Une offre hostile?
On peut quand même comprendre Bergevin d'aborder le marché des échanges avec prudence. La seule fois où il a tenté un coup d'éclat, il s'est fait bercer comme un bébé par ce vieux routier de David Poile. Le marché P.K. Subban-Shea Weber est déjà à l'avantage des Predators, imaginez dans quelques années quand le déclin de Weber sera encore plus prononcé.
Maintenant, la moisson des joueurs autonomes sans compensation s'annonçant pauvre, Bergevin pourrait-il être tenté par une offre hostile déposée à un joueur autonome avec compensation?
On pense évidemment tout de suite à Leon Draisaitl, le deuxième plus beau morceau de l'armée des Oilers. Il est jeune, talentueux, gros, et il peut jouer autant à l'aile qu'au centre.
Bien des gens pensent que le directeur général Peter Chiarelli va utiliser son privilège d'égaler toute offre hostile acceptée par son joueur vedette. C'est logique, il a pas mal d'espace sous le plafond à sa disposition, du moins pour les deux prochaines années.
Si un autre directeur-gérant offre le maximum à Draisaitl en terme de durée et d'argent, Chiarelli devra quand même se poser la question si ça vaut la peine de complètement chambouler sa structure salariale, plutôt que d'empocher de bons choix au repêchage. Après tout, il y aura aussi un certain Connor McDavid à contenter dans un an!
L'autre cas intriguant, c'est celui de Jonathan Drouin. Ce n'est pas un joueur de centre, mais ça reste un magicien offensif. Québécois. Jeune. Avec du caractère. Et ses droits appartiennent au Lightning, une équipe en mauvaise posture sous le plafond, qui doit aussi renégocier avec Tyler Johnson et Ondrej Palat. Steve Yzerman est un homme de hockey rusé mais force est d'admettre que la situation actuelle le rend vulnérable à une telle stratégie.
Reste à savoir si cette disposition du contrat de travail intéresse Marc Bergevin. Peu de directeurs généraux s'aventurent sur cette avenue. Le directeur-gérant du Canadien est reconnu pour avoir tissé une toile serrée de contacts à travers la ligue, une manoeuvre du genre pourrait lui faire perdre quelques appuis au sein de ce country club. Mais Bergevin joue peut-être son poste au cours des prochains mois, alors l'époque de respecter une loi non écrite est peut-être révolue...