Charles Moreau
Charles Moreau

Ces gens qui peuvent tous nous inspirer…

Isabelle Gagnon
Isabelle Gagnon
Collaboration spéciale

En ce temps de l’année, la motivation pour bouger, ou s’entraîner, n’est pas toujours au rendez-vous. Les journées raccourcissent, la météo devient de plus en plus maussade et le thermomètre perd des degrés… Même en tentant de mettre en application divers principes et conseils qui ont fait l’objet de chroniques récentes, parfois c’est une bonne idée de puiser un peu d’inspiration dans le parcours des autres.

Personnellement, c’est une formule qui m’inspire. À la limite, ça me bouleverse!

Je vous présente cette semaine quatre personnes dont le cheminement est, à mes yeux, exceptionnel. Ils ont dû se réapproprier leur vie, après un seul moment qui a tout chambardé. Notre routine du quotidien peut nous sembler parfois anodine, parfois complexe. Pour eux, chaque action devient une difficulté supplémentaire (études, travail, vie personnelle, entraînement). Ils ont tous ces points en commun: détermination, vivre chaque moment avec passion, un lâcher-prise indispensable, bouger comme source d’équilibre primordiale. Tout ça porte à réfléchir sur la facilité d’accomplir ces étapes de la vie. En toute confidence, je vous assure que simplement les avoir écoutés m’amènera à repousser davantage les motifs que je me donnais le droit d’utiliser pour reporter un entraînement ou même une tâche!

D’un doctorat aux Olympiques

C’est dans sa voiture sur le pont Laviolette de Trois-Rivières, le 20 janvier 2008, que Charles Moreau tombe en panne au moment où un dix-roues emboutit sa voiture, causant des lésions au niveau de la moelle épinière.

Étudiant au doctorat en chiropratique, Charles était un triathlète et un passionné des activités de plein air. Depuis ce jour, le Victoriavillois se déplace en fauteuil roulant, ayant perdu l’usage de ses jambes et de la portion inférieure de ses abdominaux. Un cauchemar devenu permanent.

Malgré l’accident, Charles a gradué! Mais en raison de plusieurs embûches administratives, il ne peut malheureusement pas pratiquer. Triathlète avant son accident, Charles qui est nouvellement le personnage d’un miniroman, Charles, super-héros, s’accomplit et se réalise maintenant en tant qu’athlète paracycliste national et international. Il s’entraîne rigoureusement au quotidien afin de finaliser sa qualification pour Tokyo 2021 (minimalement quinze heures par semaine). Médaillé d’argent et de bronze aux Jeux de Rio, ce qui n’est pas peu dire, il confirme que grâce à son sport, à ses entraînements, il a l’impression de revivre, de réduire les douleurs présentes tous les jours et d’avoir cette impression satisfaisante de sentir ses muscles et les endorphines, un peu comme avant son accident.

S'investir pour l'objectif d'un autre athlète

Athlète de haut niveau en ultra trail, ayant obtenu une bourse complète américaine pour des études universitaires, Marianne Hogan est devenue guide d’une paratriathlète en avril 2019.

Jessica Tuomela et Marianne Hogan

Jessica Tuomela, qui a décroché de nombreuses médailles pour le Canada en natation aux Jeux paraolympiques de Sydney en 2000 et des top 10 à ceux de Grèce en 2004, a perdu complètement la vue à l’âge de trois ans à la suite d’un rétinoblastome.

Marianne, native de Bedford, qui depuis sa rencontre avec Jessica s’investit en étant ses yeux à 100 %, est une présence primordiale pour les avant, pendant et après-compétitions. C’est une complicité unique où règne une communication indescriptible.

«Je m’entraîne pour guider de façon optimale Jessica, car elle doit nager en eau libre, pédaler avec moi sur un tandem et courir sans rien voir des obstacles et des autres concurrents. Je dois tout lui communiquer! Tout ça m’impressionne», mentionne Marianne. Elle s’émerveille aux sons, aux odeurs des endroits les plus exotiques de la planète, repousse ses limites physiques, tout ça, sans aucune faculté visuelle! Toutes deux déploient un effort hors du commun lors des événements!

Marianne doit fournir l’effort pour être à la hauteur de Jessica et doit demeurer alerte; Jessica doit se concentrer sur tout stimuli malgré l’effort physique qu’impose la compétition. C’est grâce au sport et à l’école secondaire pour les élèves ayant un handicap visuel qu’elle a fréquentée que Jessica, de Sault-Sainte-Marie, a le sentiment profond de s’être vue reconnaître à sa pleine valeur en tant que personne et de pouvoir pratiquer le sport, ce qui n’avait malheureusement pas été le cas auparavant.

«Des malades»

Louise Atkinson-Clark

Coureuse depuis quarante et un ans, nageuse pour le plaisir depuis un peu moins longtemps, la première fois qu’on lui a parlé de triathlon, Louise Atkinson-Clark, de Mont-Tremblant, a dit à la blague que les fervents de ce sport étaient «des malades».

À 70 ans, dans une posture irréprochable, Lou (pour les intimes) s’entraîne maintenant pour le triathlon. Elle compose avec des adaptations particulières lors de ses entraînements et des compétitions, elle qui fut happée à vélo par un conducteur qui s’est endormi au volant. Malgré les dix-huit fractures, le pneumothorax, des côtes amochées, ne sachant pas si elle allait être en mesure de marcher à nouveau, Louise a porté un corset pendant plus de quatre mois.

Aujourd’hui, la retraitée fait de son mode de vie, qu’elle prend au sérieux pour se faire du bien dit-elle, une vie active par la pratique des sports que compose le triathlon, le ski, du yoga et encore. Malgré le fait qu’elle doit s’étendre au sol entre la portion vélo et course afin d’éviter les douleurs insupportables lombaires, séquelles de l’accident, Louise a complété plusieurs demi-Ironman en triathlon. Force de la nature, certains diront? Elle parle plutôt de croire en soi, de lâcher prise et de se donner de petits objectifs réalisables au jour le jour.

Des références

Ces athlètes ont tous les mêmes motivations! Se réaliser, croire en soi, profiter des bienfaits de bouger, franchir les obstacles qui se retrouvent sur notre chemin. Personnellement, certains le savent déjà, je ressens encore quotidiennement les effets pervers d’un accident à vélo, survenu en 2000. Bouger me fait du bien, tout en me permettant d’évacuer le stress et ces mauvais souvenirs.

Ces personnes me servent de source d’inspiration! Je parie que ça peut aussi devenir des références pour vous, quand la motivation est au plancher. Qu’en dites-vous? Je suis curieuse, faites-moi savoir par courriel si ces histoires vous touchent de la même façon que moi. N’hésitez pas non plus à m’écrire si vous avez des questions en relation avec l’activité physique.