Sabrina Gervais impose sa loi sur le terrain en interceptant les passes des quarts-arrière adverses.

«Ce sont nos Olympiques»

Trois-Rivières — La Trifluvienne Sabrina Gervais aura la chance de briller lors des Mondiaux de flag-football, du 9 au 12 août au Panama. Seule représentante de la région sur l’équipe canadienne, la demie de sûreté a fait trembler les quarts-arrière et les receveuses de passes des 16 pays participants lors des deux derniers Mondiaux.

Gervais est membre de l’équipe Fleur de lys de Montréal. Ce groupe de joueuses remporte depuis 2014 le tournoi qui désigne l’équipe nationale qui prendra part au Championnat du monde, présenté aux deux ans.

«Nous avons été championnes du monde en 2014 et nous avons terminé 4e en 2016. C’est certain que ce n’était pas le sort que nous souhaitions lorsque nous avons perdu le match de la médaille de bronze», lance Gervais, au bout du fil depuis le Panama. «Là, on vise la médaille d’or... c’est sûr. [...] Les Championnats du monde, ce sont nos Olympiques.»

Sabrina Gervais participe au Panama à ses troisièmes Mondiaux de flag-football.

Un peu plus de la moitié des joueuses de l’équipe du Canada sont des vétéranes et ont l’expérience des compétitions de haut niveau. Les autres sont de jeunes joueuses qui pourront prendre la relève après le départ de piliers comme Gervais. «Peut-être que je vais changer d’idée si on gagne une médaille d’or, mais ça doit être mes derniers Mondiaux», précise la Trifluvienne qui travaille comme kinésiologue, massothérapeute et entraîneure en conditionnement physique. «J’étudie aussi en ostéopathie et je suis maman de deux jumeaux de deux ans. J’ai moins le temps d’aller m’entraîner à Montréal.»

Pour l’instant, Gervais et ses coéquipières se concentrent sur le premier match contre le Panama jeudi.

«Le Panama est l’équipe championne et c’est l’équipe à battre», soutient-elle. «Elles ont de très bonnes athlètes. Mais nous avons une excellente chimie et on se connaît comme des sœurs.»

Rapide et athlétique, Gervais sait imposer sa loi en défensive. La demie de sûreté talonne les receveuses et ses interceptions peuvent faire changer l’allure d’un match. La meilleure quart-arrière européenne qui évolue pour l’équipe d’Autriche, Saskia Stribrny, a d’ailleurs placé Gervais dans son top-5 des joueuses les plus dures de la planète. «Le flag-football est un sport qui a un important côté tactique et un côté physique. Il n’y a pas de contact, mais on peut faire sa place», indique-t-elle avec un sourire dans la voix.

La Trifluvienne a été piquée par la passion du flag-football alors qu’elle était élève au Collège Marie-de-l’Incarnation (CMI). Lorsqu’elle était en cinquième secondaire, son équipe a même remporté le championnat provincial chez les juvéniles. «J’ai ensuite joué au basketball collégial AAA pour les Diablos, pour retourner au flag-football à ma troisième année. Et on a remporté le championnat provincial collégial», se souvient-elle.