Qu’est-ce qui attend maintenant Simon Kean? D’abord, quelques semaines de vacances.

Ce qui ne tue pas rend plus fort

CHRONIQUE / Simon Kean peut reprendre sa route vers l’échiquier mondial des poids lourds.

Il a vaincu ses peurs samedi soir de belle façon. Non, ça n’a pas été un pique-nique, cette revanche face à Dillon Carman. Ce dernier avait raison, le K.-O. enregistré en octobre dernier face au Grizzly avait laissé de profondes cicatrices.

Kean était hésitant en début de combat, Carman l’a beaucoup touché avec son jab. C’est probablement ce qui l’a rassuré: le Trifluvien a pris les coups de son bourreau sans broncher, cette fois. Plus le combat avançait, plus Kean prenait de l’assurance, et sa vitesse s’accentuait.

Le combat a alors basculé en une petite minute. C’est ça, les poids lourds. La marge de manœuvre est mince. Carman était en contrôle après deux rounds. Un round plus tard, tout le monde fêtait à l’intérieur du Centre Gervais Auto!

Ce scénario a bien sûr soulagé Camille Estephan. Il a choisi Simon Kean comme image de marque de sa business, avec David Lemieux. Sans lui, les prochains mois auraient été bien plus difficiles. Voilà que sa vedette répond à ses détracteurs qui lui reprochaient sa mâchoire de verre, et qu’il termine son travail par un spectaculaire K.-O. dans un amphithéâtre d’où s’est échappé un énorme soupir de soulagement collectif.

«Avant, il y avait Montréal et Québec. Shawinigan s’est inséré là-dedans. Ça faisait depuis 2003 qu’il n’y avait pas eu un combat de boxe sur les ondes d’une télévision généraliste. C’est à Shawinigan qu’on a renoué avec ça en 2019. Encore une fois, les Cataractes ont livré la marchandise», souriait Camille Estephan.

Ce dernier a sorti un rapport de statistiques avancées devant les journalistes, qui comptait une trentaine de pages et qui prédisait justement une victoire au troisième round de l’olympien. «On a tout étudié de Simon. Et de Dillon Carman. Rien n’a été laissé au hasard. On savait ce qui s’en venait. Reste que ça prend du cran pour affronter une soirée comme celle-là, quand c’est toi qui as la pression sur les épaules. Simon mérite beaucoup de crédit ce soir», martelait Estephan, qui a promis de s’ouvrir une bouteille de champagne pour célébrer.

Roger Lavergne était lui aussi aux anges. Finalement, ce sont 3600 personnes qui ont accepté l’invitation des Cataractes. Les promoteurs visaient 4000. Ils ont cru longtemps qu’ils toucheraient à peine les 3000. Entre les deux, avec la victoire de Simon, personne ne faisait la bouche fine. «Les gens qui sont venus sont repartis contents de leur soirée. C’est ça l’important, pour nous, d’abord et avant tout. On reçoit des félicitations de personnes que nous ne connaissons même pas. C’est sûr que ça donne le goût de recommencer!», a lancé Lavergne… avant de donner un coup de main à l’équipe chargée de démonter la salle!

Rendez-vous en novembre ou décembre.

La suite

Qu’est-ce qui attend maintenant Kean? D’abord, quelques semaines de vacances.

Par la suite, les options ne manqueront pas. Dillon Carman souhaite une trilogie. Adam Braidwood rêve d’une revanche. Mladen Miljas et son titre canadien sont dans le collimateur du clan Kean.

Il y a toujours quelques options de l’autre côté de la frontière, par exemple Trey Lippe Morrison dont le nom est vendeur. Et puis gardez en tête que Tony Yoka et Kean souhaitent se retrouver un jour ou l’autre sur le même ring. Yoka est ce champion olympique de 2016, battu aux Jeux de Londres par Kean en 2012…

Bref, Estephan a l’embarras du choix pour le prochain casting de son poulain. Le promoteur repart de Shawinigan avec des réponses. Kean est un bagarreur. Il sait prendre la pression. Il est capable d’encaisser. Oui, il reste des choses à peaufiner au gymnase. C’est l’évidence. Mais avec les atouts qu’il a affichés samedi, Kean a ce qu’il faut pour s’incruster dans le paysage sportif québécois. Après tout, ce qui ne tue pas rend plus fort, selon l’expression consacrée.