Les joueurs des Cataractes ont eu difficilement accès au banc de l’équipe dans leur préparation d’avant-match. Un irritant qui s’est transformé en étincelle pour la jeune équipe de Daniel Renaud.

Savoir se nourrir de petits détails…

CHRONIQUE / Il s’est passé quelque chose de magique dans l’environnement des Cataractes au cours de la dernière semaine. Et ce n’est pas la victoire surprise à Rouyn-Noranda.

Non, c’est plutôt le fait que ce groupe de 25 joueurs est devenu une équipe. Daniel Renaud et ses lieutenants ont fait de l’excellent boulot pour les préparer à défier la meilleure équipe junior au Canada. Ils ont réussi à leur faire croire qu’en suivant religieusement un plan de match précis, ils pouvaient tenir tête aux puissants Huskies.

Peu importe les pointages au tableau à la fin des deux matchs, les Cataractes ont été dans le coup jusqu’à la fin. Ils ont travaillé pendant 60 minutes. Ils ont accepté d’enfin laisser la dentelle au vestiaire. La rondelle a bougé davantage en attaque et en défense, personne n’a triché en se sortant subtilement d’une ligne de tir. Au contraire, il s’est bloqué des tirs comme jamais ces deux dernières années!

Ce boulot impeccable a poussé les Huskies dans leurs derniers retranchements. Bien sûr, Justin Blanchette a dû se surpasser samedi pour aider les Shawiniganais à s’imposer 4-3. Les Cataractes ont marqué un but chanceux en début de match. Tout ça est vrai. Mais ce qu’on oublie de dire, c’est que les Huskies en avaient marqué deux chanceux eux aussi la veille! Le facteur chance existe au hockey. Mais tu peux l’attirer vers toi quand tu fais les bonnes choses…

L’étincelle

Après leur superbe performance de vendredi soir, je dois avouer que j’étais un peu inquiet du sort qui attendait les Cataractes samedi. Pouvaient-ils revenir avec un deuxième match aussi solide en moins de 24 heures? Les derniers mois semblaient indiquer que non. Et puis il était évident que les Huskies, eux, allaient en donner plus.

Heureusement pour Daniel Renaud, il a eu un petit coup de main… des locaux pour allumer ses troupes! Un membre de la sécurité à l’aréna Iamgold a en effet décidé de faire suer les jeunes Cataractes alors qu’ils se préparaient à leur match. Pendant que les Huskies s’activaient dans les gradins, quelques joueurs, dont Mavrik Bourque, ont voulu aller s’asseoir sur leur banc pour faire un peu de visualisation et préparer leurs bâtons tout près de la surface de jeu. C’est une pratique courante, autant dans la LNH que dans le junior.

Mais cette fois, ce membre de la sécurité a décidé de bloquer l’accès au banc, en étant assez impoli merci avec les joueurs. Daniel Renaud s’en est mêlé, Rémi Royer aussi, il n’y avait rien à faire. Le monsieur bombait le torse, il s’était investi d’une mission.

Finalement, c’est un membre de l’état-major de la LHJMQ, Pierre Leduc, qui était présent à l’aréna, qui a forcé le gardien de sécurité à se tasser.

Ce dernier était quand même content de son coup, il pensait avoir réussi à perturber la préparation adverse pendant de longues minutes. Ce fut le contraire. Paraît qu’il a attisé le feu pas à peu près. Une petite heure plus tard, les Cataractes marquaient les trois premiers buts du match en l’espace de 11 minutes!

Coïncidence? Pas impossible. Mais bon, en séries, les entraîneurs sont de véritables maniaques. L’horaire est calculé à la minute près. Chaque mot devant les journalistes est pesé. N’importe quel élément peut devenir une étincelle. Tenez samedi, avant le match, Renaud a demandé au chauffeur d’autobus de rouler 200 mètres de plus. Le pilote ne voulait pas faire entrer son équipe par la porte arrière de l’aréna comme vendredi, plutôt par la porte avant. Après le match, l’arrogance de l’agent de sécurité a été évoquée une couple de fois dans le camp des gagnants…

Le septième joueur

Rentrés à la maison avec le sourire aux lèvres très tôt dimanche matin, les Cataractes ont disposé de deux jours pour se préparer au match numéro trois. Peuvent-ils puiser dans leur environnement une autre étincelle? Oui! Du moins, ils sont impatients de découvrir à quel genre d’accueil ils auront droit des partisans.

À Rouyn-Noranda, les fans ont créé toute une ambiance. Les Shawiniganais ont été impressionnés. Peut-être même intimidés par moments. Justin Blanchette a reconnu avoir entendu la foule scander son nom, il avait hâte de vivre l’ambiance des matchs locaux pour comparer. Les p’tits gars ont entendu certaines histoires à propos de soirées mémorables dans les séries 2016, et au tournoi de la Coupe Memorial, à propos de l’énergie qui se transmettait des gradins au banc…

Vont-ils avoir droit à ce genre de support dans cette mission impossible? Dur à dire. Les derniers mois n’ont pas été faciles, certains partisans ont lancé la serviette. Les résultats du week-end peuvent peut-être les inciter à rentrer au bercail.

Chose certaine, les Cataractes n’attendent que la prochaine mise en jeu pour reprendre là où ils ont laissé samedi. Ils n’ont rien à perdre. Ils ont déjà battu tous les experts qui prédisaient un balayage – lire une boucherie.

Les Huskies se pointent en Mauricie en contrôle. Mario Pouliot n’avait rien à reprocher à ses hommes au terme du match de samedi, à part un peu d’indiscipline. Pariez qu’une autre défaite et soudainement, les champions de la saison régulière vont ressentir une tonne de pression.

Les trois prochains matchs seront disputés au Centre Gervais Auto. Étant donné la façon dont ils se sont battus en Abitibi, les Cataractes s’apprêtent à traverser leur semaine la plus intéressante des deux dernières années!

Veilleux et ses Mooseheads dans l’eau bouillante!

La première ronde des séries est censée être une formalité pour les clubs de pointe. Malheureusement pour eux, certaines équipes négligées n’ont pas lu le mémo!

Le sort des Mooseheads d’Halifax est particulièrement inquiétant après le premier week-end d’activités. Les Mooseheads ont échappé les deux premiers matchs à la maison face aux Remparts, et ils vont devoir disputer les trois prochains dans la Vieille Capitale. Éric Veilleux a beau dire que son équipe joue bien sur la route, la pression sera écrasante en début de match mardi soir.

Les Mooseheads, rappelons-le, seront les prochains hôtes du tournoi de la Coupe Memorial. Cam Russell a été plutôt discret à la dernière période des transactions, probablement pour ne pas hypothéquer son club en vue de l’an prochain.  Avec Benoît-Olivier Groulx sur la touche en raison d’une mononucléose, pariez que Veilleux aimerait pouvoir compter sur quelques chevaux de plus. Mais bon, même sans Groulx, les Mooseheads sont beaucoup plus puissants que les Remparts. Sur papier…

On verra si l’expérience de 2012 de Veilleux à la barre des Cataractes le servira au cours des prochains jours. Cette année-là, Veilleux et ses hommes avaient péri au deuxième tour.

Il faudra aussi surveiller le Drakkar, qui en a plein les bottines face aux Wildcats.