Les Cataractes ont une fois de plus causé la surprise dans cette série contre les Huskies.

Sans complexe!

Shawinigan — Ces jeunes Cataractes n’ont pas fini de faire suer les puissants Huskies!

Mercredi au Centre Gervais Auto, les équipiers de Daniel Renaud ont, contre toute attente, réussi à créer l’égalité 2-2 dans cette série quatre de sept en mettant la main sur une victoire de 4-3.

C’est Gabriel Denis qui a fait bondir les 2300 personnes présentes sur l’avenue Jacques-Plante en rompant l’égalité de 3-3 en fin de match, battant Samuel Harvey pendant un avantage numérique. Une scène qui a fait rager les visiteurs, puisque cette pénalité pour bâton haut avait été décelée par un juge de lignes… à retardement. De plus, quelques instants auparavant, Rafaël Harvey- Pinard s’était échappé durant le jeu de puissance shawiniganais, et il avait dû subir un bon cinglage de Jan Drozg, qui est resté impuni.

Les Huskies doivent quand même se regarder dans le miroir. On a beau chercher depuis le début de la série, on ne trouve pas les 86 points qui séparaient les deux clubs avant le début de la grande valse du printemps. L’indiscipline de la Meute étonne. Et mercredi, comme samedi dernier, c’est ce qui l’a coulée. Les Cataractes ont marqué trois de leurs quatre filets en avantage numérique. L’autre but, celui de Mavrik Bourque, est survenu quelques secondes après une autre présence des Huskies au cachot.

L’autre dénominateur commun de deux victoires des négligés, c’est Justin Blanchette. Déçu de sa propre performance lors du match numéro trois, le gardien de 18 ans est revenu avec 40 arrêts, gagnant son duel avec celui qui est étiqueté comme le meilleur de sa profession dans le circuit, Samuel Harvey. Blanchette n’a pas eu besoin de voler le match comme samedi, ses coéquipiers ont tenu davantage leur bout. Mais il s’est interposé au bon moment, notamment sur un désavantage numérique de deux hommes. «Je suis un gars de caractère, je suis revenu fort. Les gars aussi ont joué tout un match, ce fut un mélange parfait», expliquait Blanchette, impliqué dans une tumultueuse bousculade en fin de match. Peter Abbandonato n’a pas apprécié se faire barrer le chemin par Blanchette, il l’a menacé de ce qui semblait être un geste coupe-gorge. «Je ne vais pas commenter, je vais laisser le comité de discipline faire son travail. Si vous voulez savoir ce qu’il m’a dit, allez le lui demander!»

Daniel Renaud disait de son côté vouloir consulter la reprise avant de décider s’il allait soumettre le clip aux autorités de la ligue. «Mais tout le monde dans l’aréna a vu le geste», affirmait le pilote des Cataractes, qui s’est présenté devant la presse fort détendu, sans cravate ni veston! «Ça nous prenait 25 gars engagés et c’est ce qu’on a eu ce soir. Justin a excellé, comme les autres. On a eu de l’implication physique, on a bien géré la rondelle. On affronte la meilleure équipe au Canada, les Huskies ne sont pas ébranlés c’est sûr. Mais de notre côté, on peut être fier de notre travail.»

Gabriel Denis était un peu plus démonstratif. Faut le comprendre, il a connu un hiver difficile. Il s’est déchargé d’un gros poids en marquant ce but fatal. «Ça faisait longtemps que je n’avais pas marqué, c’était un bon timing pour le faire! J’ai ressenti un feeling incroyable. On affronte la meilleure équipe au Canada, elle va sûrement s’en sortir. Mais on n’a pas fini de l’embêter», souriait-il.

Dans l’autre camp, Mario Pouliot se serait passé volontiers de son rendez-vous avec la presse. «Nous ne sommes pas habitués à autant d’adversité, il faut contrôler nos émotions. Ce qu’on contrôle, c’est notre façon de compétitionner. On ne peut pas se laisser déconcentrer par les décisions des officiels. On doit trouver une façon de jouer davantage à cinq contre cinq.»

Son capitaine, Rafaël Harvey-Pinard, était un peu plus loquace. «C’est sûr qu’on est un peu surpris (que la série soit 2-2). Faut revenir à la base, et mieux contrôler nos émotions. On va gérer ça à l’interne. En séries, les compteurs retombent à zéro pour tout le monde, et il faut donner du crédit aux Cataractes, qui travaillent très fort. Blanchette est très solide, il faut créer plus de trafic autour de lui.»

Jan Drozg et Charles Beaudoin ont complété la marque pour les vainqueurs, dominés 43-22 dans la colonne des tirs cadrés. Les deux clubs se retrouvent vendredi soir, à nouveau au Centre Gervais Auto.