Mikaël Robidoux verra sans doute ses responsabilités augmenter chez les Cataractes, où il sera l’un des attaquants parmi les plus expérimentés.

Robidoux, le grand frère venu de Québec

Shawinigan — La relation entre un entraîneur adjoint et un joueur en est une de proximité. Souvent, des liens de confiance vont se développer, des liens qui sont parfois plus difficiles à tisser avec l’entraîneur-chef. Daniel Renaud, aujourd’hui à la barre des Cataractes, peut en témoigner, lui qui a bien connu son nouveau protégé, Mikaël Robidoux, alors que ce dernier amorçait son stage junior dans la LHJMQ chez les Remparts.

Renaud et Robidoux ont travaillé ensemble pendant les deux premières années du fougueux attaquant à Québec. Au terme de sa saison de 17 ans, Robidoux a assisté, impuissant, au départ de Renaud vers Shawinigan. D’adjoint à Philippe Boucher, celui-ci graduait enfin en tant qu’entraîneur-chef, mais à 90 minutes du Centre Vidéotron.

«J’avoue avoir versé une larme quand il est parti. Dan, il a vraiment été bon pour moi et je sais que plusieurs gars peuvent dire la même chose. Il nous amenait jouer au tennis, il m’a beaucoup appris sur la vie de hockeyeur, sur la vie en général», racontait la nouvelle acquisition des Cataractes, quelques minutes avant de sauter sur la glace du Centre Gervais Auto pour sa première pratique officielle dans le maillot des Shawiniganais, à l’aube d’un affrontement contre les Tigres à Victoriaville.

«C’est la première fois que je changerai d’uniforme dans le junior. Ç’a été un choc, mais avec le recul, ce sera bon pour moi. J’aurai l’occasion de me faire valoir du côté offensif. Je sens que la mentalité, dans ce vestiaire, va beaucoup changer après les Fêtes. Nous allons parler davantage de victoires et de points au classement.»

Robidoux le sait, il arrive en Mauricie avec une réputation, et ce n’est pas nécessairement celle d’un enfant de choeur, du moins pas sur la patinoire. Depuis ses premiers coups de patin dans le circuit Courteau, l’athlète de 19 ans originaire de La Prairie a purgé huit suspensions. La dernière lui a valu un retrait de la compétition, le temps de 15 parties.

«Je joue sur la fameuse ligne et j’ai peut-être tendance à la traverser quelques fois, j’en suis conscient. Je ne veux pas changer ma game, mais je sais que je peux l’améliorer. L’an passé dans un club compétitif à Québec, j’affrontais les meilleurs trios adverses. À l’attaque, je suis persuadé que je peux m’impliquer davantage, grâce à ma vitesse et mon tir. C’est ce que je veux faire à Shawinigan.»

Ça tombe bien, il y a de la place pour lui dans ce département, surtout avec cette offensive remplie de jeunots! «Je vais agir comme un pro pour aider tout le monde, surtout les jeunes. Des gars comme Raphaël Maheux et Yannick Turcotte ont eu un impact sur mon développement, je veux recréer ça. Plus important encore, je sais que Daniel me donnera cette chance.»

Des affinités

Daniel Renaud admet d’emblée qu’il a des affinités avec Robidoux.

«On a passé beaucoup de temps ensemble à Québec. Tu veux être le plus équitable possible avec tous tes joueurs, mais j’avoue que Mikaël a toujours été un athlète que j’aime côtoyer. C’est une bonne personne dans le vestiaire. En situation de jeu, il va terminer toutes ses mises en échec pour créer de l’espace. Pour un joueur de rôle, surtout s’il est émotif comme Mikaël peut l’être, l’éternel défi demeure de jouer sur la ligne sans toutefois la dépasser. Lui, sa priorité, ç’a toujours été l’équipe. Nos partisans vont l’aimer et nos joueurs aussi. Il sera comme un grand frère pour eux.»

«Ça ne me dérange pas d’être aimé uniquement dans mon aréna local», sourit le principal intéressé, qui conserve des souvenirs en tant que patineur «ennemi» à Shawinigan. «Oui, il y a eu quelques accrochages avec Mathieu Olivier et Gabriel Sylvestre. Ça brassait pas mal!»

Mais voilà, ce temps est révolu. Il y a une dizaine de jours, il a été échangé des Remparts aux Cataractes. Il faut dire que ça ne cliquait pas avec l’entraîneur Patrick Roy.

«J’ai été élevé chez les Remparts dans la mentalité de Philippe Boucher. Aujourd’hui, par contre, je comprends la décision de Patrick. D’ailleurs, il m’a toujours défendu sur la place publique et ça, je lui en serai toujours reconnaissant. À la suite de ma dernière suspension, j’ai dû fermer mon compte Facebook et changer de nom parce que je recevais des menaces. Bob Hartley m’a comparé à un gars des Hells, Jean-Charles Lajoie s’en est mêlé. Ça n’a pas été une période facile à gérer pour moi, mais Pat a été sensationnel. Il avait vécu une histoire semblable avec son gars Jonathan en 2008, il savait donc comment gérer la situation.»

Carnet de notes

Les Cataractes joueront trois matchs en quatre jours. Après leur escale à Victoriaville vendredi, Robidoux et ses nouveaux coéquipiers en découdront avec les Remparts, samedi à Québec, avant de revenir à la maison le 31 décembre, contre Baie-Comeau.

Rappelons qu’en plus de Robidoux, le gardien Justin Blanchette (Drakkar) et le défenseur Félix Tremblay (Remparts) ont rejoint l’équipe avant Noël. Par ailleurs, les Cataractes ont rappelé Fabrice Drouin (Séminaire Saint-François), William Veillette (Lévis) et Philippe Blanchet (Trois-Rivières) du midget AAA, en plus de Zackary Daneau des Dragons du Collège Laflèche.