Les deux Ponomarev espèrent évoluer ensemble dans le monde du hockey.

Quand fiston traîne papa

SHAWINIGAN — Si la plupart des équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec possèdent des joueurs européens dans leurs rangs, rares sont celles qui embauchent les parents de ces jeunes hommes au sein de leur personnel d’entraîneurs. C’est pourtant le cas des Cataractes, qui peuvent compter sur le centre Vasily Ponomarev ainsi que sur son père Pavel, qui agit à titre d’entraîneur des habiletés individuelles.

C’est pour se rapprocher de son fils et de son rêve que papa Ponomarev a décidé de quitter la Russie pour Shawinigan. Connaissant très bien les rudiments du sport de son rejeton, il a souhaité s’impliquer dans l’organisation dès son arrivée dans la région. C’est ainsi qu’il est devenu entraîneur des habiletés des Cataractes.

Pour Ponomarev fils, s’entraîner en compagnie de son père revêt une valeur inestimable. «Depuis le tout début de ma carrière, mon père est à mes côtés. Il m’aide souvent à travailler mon patinage ainsi que mes habiletés individuelles sur la glace. Je suis content qu’il soit ici avec moi», confie le jeune joueur.

Par ailleurs, contrairement à ce que l’histoire peut laisser croire, Vasily n’a pas marché sur les traces de son père pour se rendre là où il en est aujourd’hui.

«Avant que je ne commence à jouer au hockey, mon père était plus un spectateur. Ce n’est que lorsque je suis devenu joueur qu’il s’est intéressé à l’entraînement. Ce n’est pas moi qui l’ai suivi, mais bien le contraire» a-t-il fait savoir sous les yeux bienveillants de papa.

L’apport de Pavel Ponomarev ne se limite d’ailleurs pas à son fils. C’est toute la formation qui peut bénéficier de l’aide du nouvel entraîneur des prestations individuelles. «En plus d’aider Vasily à s’intégrer et à s’améliorer, la présence de son père nous aide énormément pour l’encadrement des joueurs. Il leur donne de précieux conseils en ce qui concerne les habiletés de chacun. Compter ces deux-là dans nos rangs est une grosse addition pour notre équipe», soutient l’entraîneur adjoint de l’équipe, Adrien Plavsic.

Pavel Ponomarev ne peut cacher la fierté qu’il éprouve envers l’éthique de travail et les accomplissements de son fils, Vasily.

Maître de son avenir

Comme la plupart des joueurs aspirant à jouer chez les pros, le centre de 17 ans chérit le rêve d’un jour porter à bout de bras la coupe Stanley. Celui qui est perçu comme un espoir de premier plan en vue du prochain encan de sélection de la LNH ne cache pas qu’il serait encore plus magique de pouvoir réaliser ce rêve aux côtés de son paternel.

Lorsque questionné sur ce qu’il aimerait voir son fils accomplir dans le futur, Pavel Ponomarev répond avec aplomb et sans hésitation. «L’avenir de Vasily est entre ses mains. C’est son futur et non le mien. Je sais qu’il a pour but de gagner la Coupe Stanley, mais jamais je ne lui mettrai de pression afin qu’il atteigne un objectif qui n’est pas le sien. Moi, tout ce que je veux, c’est que mon fils soit heureux lorsqu’il joue au hockey», raconte M. Ponomarev.

Quant à sa carrière en tant qu’entraîneur, il aimerait bien la voir se terminer derrière un banc de la LNH, mais il savoure pleinement ce qu’il a la chance de vivre avec les Cataractes présentement.

«Tout entraîneur de hockey qui se respecte souhaite se rendre chez les professionnels. Toutefois, je suis extrêmement reconnaissant de l’expérience qu’on me permet de vivre ici. J’ai la chance de travailler avec d’excellents coachs qui me font confiance en ce qui a trait aux stratégies d’équipe», a-t-il souligné dans sa langue maternelle, avant de souligner qu’il allait devoir améliorer la qualité de son anglais pour espérer atteindre de plus hauts sommets dans le hockey.

Adaptation rapide

Lorsqu’ils arrivent en sol canadien, avec les patinoires plus petites et les styles de jeu différents, il est fréquent que les joueurs européens soient plus lents avant de démontrer toute l’étendue de leur talent.

Qu’à cela ne tienne, depuis son arrivée avec les Cataractes, Ponomarev revendique pas moins de 13 buts et 16 passes, pour un total de 29 points en autant de joutes. Une récolte qui a de quoi rendre le paternel fier de sa progéniture.

C’est donc dire que le jeune homme n’a pas perdu de temps avant de transporter ses connaissances acquises de l’autre côté de l’océan sur la patinoire du Centre Gervais Auto.

«J’aime beaucoup jouer sur les patinoires plus petites, c’est parfait pour mon style de jeu. Je me sens très confortable sur la glace ici», a-t-il ajouté.