Mario Carrière et Martin Mondou sont excités à l’approche du repêchage 2018 qui se tiendra dans leur cour samedi, au Centre Gervais Auto de Shawinigan.

Les deux mains dans le buffet!

SHAWINIGAN — Habitué depuis deux ans de voir les pièces de résistance lui passer sous le nez, le dépisteur-chef des Cataractes Mario Carrière va avoir les deux mains dans le buffet samedi matin, lorsque va s’amorcer le repêchage des joueurs midgets au Centre Gervais Auto.

Carrière dispose des 3e et 11e choix de la première ronde, en plus d’avoir accès à trois autres sélections en deuxième ronde. Pas besoin de vous dire que le vieux renard est fébrile. «Le travail est le même mais c’est sûr que cette année, c’est un peu plus excitant. Quand tu piges seulement au milieu de la deuxième ronde, tu sais que tu dois faire une croix sur un certain groupe de joueurs. Cette fois, ce n’est pas le cas. On aura accès à du talent de grande qualité.»

La cuvée 2018 est peut-être un peu moins sexy que celle de l’an dernier, mais Carrière croit qu’elle va très bien vieillir avec les années. «Il n’y a pas d’Alexis Lafrenière, mais ça reste une bonne cuvée. Le top 8 est très solide à mes yeux, après il y a une petite démarcation. Il sera quand même possible de choisir de très bons joueurs dans les deux premières rondes, à toutes les positions. C’est une année où il y a un équilibre certain entre les positions.»

La dernière fois que les Cataractes ont parlé au troisième échelon, ils avaient réclamé un certain Samuel Girard, qui est devenu l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de l’équipe. Carrière sourit quand on lui demande si on peut espérer une prise du genre. «On aimait beaucoup le potentiel de Samuel quand nous l’avons repêché. Mais je ne crois pas que personne pouvait prédire qu’il dirigerait le jeu de puissance de l’Avalanche du Colorado dans la LNH à 19 ans. Ça ne donne rien de comparer le joueur que nous prendrons au 3e rang samedi à Samuel. Mais ce que je peux dire, c’est que son potentiel nous excitera tout autant que celui de Samuel il y a quatre ans. Nous sommes assurés de mettre la main sur un excellent joueur de hockey.»

Dans sa tournée des meilleurs espoirs, Carrière dit ne pas avoir été embêté par des familles qui souhaitent éviter Shawinigan. Il y a des années où les joueurs de poker sont plus nombreux. «Je n’ai pas senti de problématique à ce niveau. À Shawinigan, ça va bien de ce côté depuis quelques années. S’il y a des joueurs qui ne se présentent pas chez nous, c’est parce qu’ils ne se présentent pas ailleurs non plus. Chez les joueurs des Maritimes, il est vrai par contre qu’il faut parfois rassurer les parents sur l’environnement que nous offrons. Mais, on a eu du succès avec des joueurs de ce coin dans les dernières années, ça nous aide.»

Plus près de Shawinigan, les Estacades midget AAA et les Estacades midget Espoir ont fait tourner les têtes cet hiver. Carrière reconnaît que plusieurs joueurs des deux clubs sont intéressants. Mavrik Bourque, des Estacades midget AAA, est d’ailleurs identifié comme l’un des meilleurs joueurs disponibles samedi. «On les voit souvent, on les connaît bien. Je pense qu’il y a une petite valeur ajoutée aux joueurs locaux, qu’ils ont tendance à en donner un peu plus quand ils ont le privilège de jouer à la maison. On verra comment la séance va se dérouler. Mais nous avons les joueurs du coin à l’œil, c’est certain.»

Bourque devrait être disponible quand les Cataractes vont monter sur l’estrade. Difficile par contre d’établir hors de tout doute qui seront appelés aux deux premiers échelons. Hendrix Lapierre, natif de l’Outaouais, semblait perçu comme le futur premier choix de cette séance de sélection qui est détenu par les Saguenéens de Chicoutimi. Mais voilà que l’admissibilité de Théo Rochette, un patineur doué qui évoluait en Europe l’an dernier, pourrait mêler les cartes. En coulisses, on croit qu’il sera choisi dans le top 5. Chose certaine, il ne dépassera pas le top 10, même si les clubs n’ont pas eu la chance de l’épier l’hiver dernier.

«Ce n’est pas évident de l’évaluer avec les autres, mais il faut quand même le placer sur la liste. On fait nos devoirs le mieux possible, on parle à des hommes de hockey, on regarde des vidéos. Tout le monde essaie d’amasser le plus d’information possible sur lui. Ce qui est clair, c’est que le risque est plus grand avec un gars comme ça, qui n’a pas évolué dans la même structure que les autres», fait valoir Carrière. «Ce sera intéressant de voir quelle équipe sera la plus audacieuse dans ce dossier. Peut-être qu’une équipe qui dispose de plus de choix dans les premières rondes sera davantage tentée de parier sur lui rapidement…»