L'éthique de travail et la passion de Daniel Renaud ont convaincu le dg des Cataractes de Shawinigan, Martin Mondou (à gauche), de miser sur l'ancien adjoint de Philippe Boucher avec les Remparts, qui en sera à un premier poste d'entraîneur-chef dans la LHJMQ.

Les Cats parient sur Renaud

Plus de 40 hommes de hockey ont exprimé le désir de diriger les Cataractes, dont certains comme Mario Duhamel avaient beaucoup d'expérience. Après avoir rencontré sept candidats, Martin Mondou et son équipe ont choisi de parier sur Daniel Renaud, un jeune entraîneur de 35 ans qui n'avait jamais été entraîneur-chef.
D'ailleurs, Renaud n'avait même pas envoyé son c.v. au directeur-gérant des Cats, lui qui dans le passé avait sans succès traversé quelques processus d'embauche... dans le midget AAA! Il est toutefois tombé dans l'oeil de Mondou en raison de son éthique de travail et sa passion.
Trois entrevues plus tard, celui qui servait d'adjoint à Philippe Boucher chez les Remparts de Québec au cours des trois dernières saisons était officiellement présenté vendredi après-midi comme le successeur de Claude Bouchard, après avoir paraphé une entente de deux ans assortie d'une année d'option. 
«Il partait d'un peu plus loin que les autres, c'est vrai. Mais il s'est démarqué par des éléments précis, importants à nos yeux. C'est un jeune homme très structuré, qui s'est présenté en entrevue bien préparé, avec des documents impressionnants. On l'a beaucoup challengé et il nous a démontré qu'il était prêt pour cet emploi», a souligné le dg Mondou. 
Il ne cachait pas être conscient que son choix paraissait audacieux. «On n'a jamais eu peur de prendre des risques. Depuis mon arrivée avec les Cataractes, j'ai souvent fait confiance à mon instinct et ça m'a bien servi. Daniel n'a peut-être jamais dirigé, mais il a cheminé dans la LHJMQ et participé à plusieurs projets de Hockey Québec. C'est un gars intelligent, qui veut apprendre. Si ses joueurs sont à son image, ça va bien aller.
«Sa maîtrise en psychologie sportive est certainement un atout pour travailler avec les jeunes d'aujourd'hui. Je me rappelle que Guy Boucher n'avait pas plus d'expérience que lui quand Dominic Ricard l'a embauché à Drummondville et ça ne s'est pas trop mal passé. Ça prend du monde pour donner une chance à ces gars-là. Les Cataractes sont fiers de l'offrir à Daniel.»
Bâtir sur le respect
Renaud savourait évidemment le moment. Il s'était aussi bien préparé pour ce premier contact dans sa nouvelle région d'adoption. D'entrée de jeu, il a annoncé ses couleurs.
«C'est un privilège exceptionnel de diriger l'une des 18 équipes de la LHJMQ. Je suis excessivement reconnaissant aux Cataractes, une organisation très solide qui a une excellente réputation. Pour la faire perdurer, je m'engage à donner le meilleur de moi-même chaque jour et c'est ce que je vais demander à mes joueurs», a raconté le natif de l'Outaouais. 
«Les joueurs seront évalués sur l'effort et l'éthique de travail. La valeur fondamentale sur laquelle on va bâtir, c'est le respect. Concrètement, il y aura deux éléments prioritaires, soit d'être un bon coéquipier et de compétitionner. Avec ça, on va amener nos joueurs à leur plein potentiel.»
Le nouveau patron du vestiaire se promet d'utiliser l'été pour apprendre à mieux connaître ses joueurs. D'ici là, il verra à compléter l'équipe d'entraîneurs. Il souhaite le retour de Steve Larouche, si leurs philosophies sont compatibles. Une rencontre est prévue en début de semaine prochaine. Un autre adjoint sera choisi, probablement un ancien défenseur qui pourra veiller au développement des arrières de l'organisation.
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Le nouveau coach se reconnaît en Guy Boucher
«La valeur fondamentale sur laquelle on va bâtir, c'est le respect. Concrètement, il y aura deux éléments prioritaires, soit d'être un bon coéquipier et de compétitionner», a lancé vendredi Daniel Renaud, le nouvel entraîneur-chef des Cataractes, qui se reconnaît un peu en Guy Boucher en raison de leur passion commune pour le coaching et leurs études universitaires en psychologie sportive. «Ma perception de son travail, c'est qu'il arrive à soutirer le maximum de chacun de ses joueurs», a-t-il dit au sujet du coach des Sénateurs, finalistes dans l'Est de la LNH. «Très honnêtement, c'est aussi l'une de mes forces».
L'ancien adjoint de Philippe Boucher à Québec est toutefois reconnu comme un bon gars. Il assure toutefois qu'il saura serrer la vis quand la situation l'exigera. «Je passe d'adjoint à entraîneur-chef, je dois m'ajuster. J'avais d'importantes responsabilités avec les Remparts, je vois ce nouveau défi comme la continuité de ce que je faisais là-bas. Ceci dit, je vais rester authentique. Chialer pour chialer, tu ne récoltes rien. Je suis passionné par la pédagogie, le développement et l'enseignement. Mais les deux éléments de respect dont je vous ai parlé, j'y tiens et je vais perdre rapidement ma patience si je ne les obtiens pas.»