En plus de 32 arrêts pendant le match, Mikhail Denisov en a rajouté en stoppant les sept adversaires qui ont défilé devant lui lors des tirs de barrage.

Les Cataractes l'emportent en fusillade

Dans cette lutte sans merci pour la tête du classement général, tous les points sont importants. Les Cataractes peuvent donc remercier Justin Bernier, seul patineur à marquer en fusillade, qui a décroché le point boni qui vient avec ce gain de 3-2 inscrit face aux Saguenéens devant près de 3800 personnes réunies au Centre Gervais Auto.
Bernier, premier tireur de la septième vague, a battu Julio Billia d'un tir des poignets parfait à l'intérieur du poteau. Cette séquence a mis un terme à un excellent duel de gardiens, tant Billia que Mikhail Denisov ayant à négocier avec 34 tirs cadrés au cours des 65 premières minutes de jeu.
Mais résumer ce match à une simple bagarre de portiers serait injuste. Parce que 38 autres joueurs ont eux aussi donné l'effort maximal vendredi soir. De la vitesse, des guerres de tranchées et beaucoup de finesse ont aussi agrémenté cette belle soirée de hockey. Seule note discordante, la surface de jeu était tout sauf optimale...
Un bijou signé Nicolas Roy
Les Saguenéens ont pris l'avance 1-0 en première même s'ils ont été dominés 17-9 dans la colonne des tirs. C'est Nicolas Roy qui a battu Denisov, en se moquant d'abord de la défensive devant lui. Arrivé avec de la vitesse en zone ennemie, le grand capitaine des Saguenéens a eu droit à de l'espace gratuit à la ligne bleue et il en a fait le théâtre de son 22e filet de la saison.
Les Cataractes ont fini par percer Julio Billia au milieu de la deuxième, mettant sur pied une séquence de 16 secondes où ils ont pris l'avance 2-1. Simon Benoît a parti le bal en faisant dévier le tir d'Antoine Demers, puis Dennis Yan a fait bondir les spectateurs en brûlant la défensive, s'amenant seul en échappée où il a eu le desssus sur le portier vedette des visiteurs à l'aide d'un bon tir.
En troisième, les Cataractes semblaient sur le bon chemin pour protéger leur courte avance, mais Frédéric Allard a envoyé tout le monde en prolongation avec un superbe filet.
Puis le dernier mot est revenu à Bernier, qui a livré ce qu'il avait promis à Claude Bouchard. «La glace était mauvaise, je lui ai dit que c'était sûr que j'allais lancer s'il m'envoyait. Mon idée était faite avant de partir, quand j'arrive avec cet angle-là devant le gardien, il y a souvent une ouverture du côté du bloqueur», souriait le petit numéro 8, qui dit que son équipe avait été inspirée par la présence d'Anthony Beauvillier. «Tout le monde l'aime. On en a gagné une petite pour lui. C'était l'fun de célébrer avec lui, on est tous très fier de ce qu'il fait.»
Claude Bouchard aussi a bien aimé fraterniser avec son ancien capitaine, mais il aurait préféré lui faire une place dans l'alignement! «Il est arrivé avant la séance d'échauffement, j'ai texté Yannick (Jean) pour lui demander s'il était d'accord que je l'habille. Il n'était pas d'accord du tout», rigolait Bouchard. «Blague à part, tout le monde est content de le revoir. Je lui lève mon chapeau, la LNH ne l'a pas changé. Pourtant, faire sa place dans le show à 19 ans, c'est assez spécial. C'est le même gars qui était ici en septembre qui est venu nous voir.»
Quant au match, Bouchard était fier de ses hommes. «Les grands gagnants, ce sont les amateurs car ils ont eu droit à tout un match. Les Saguenéens nous avaient battus chez eux sans Roy et Rubstov, on vient de leur remettre la monnaie de leur pièce sans D'Aoust et Guilbault. Ce n'était pas évident, ils misent sur beaucoup d'attaque. On a respecté notre identité et le résultat est très satisfaisant.»
Dans l'autre vestiaire, Jean relevait lui aussi la qualité du spectacle. «Wow! Tout un match de hockey junior. Si on était en séries, on serait encore en train de jouer. On avait mal paru à nos deux premiers matchs ici, on voulait faire mieux cette fois. Ç'a été le cas. Ça ne peut que nous donner confiance, si nous avons à revenir ici.»