Les Cataracates ont repris possession du premier rang de la LHJMQ, dimanche face au Drakkar, grâce entre autres au but du défenseur Samuel Girard, réussi avec une trentaine de secondes à écouler au cadran.

Les Cataractes, à l'arraché

Martin Bernard doit bien se demander quand il réussira à battre son ancien club. Son Drakkar était à moins d'une minute d'amener le duel face aux Cataractes en prolongation dimanche, mais il est finalement reparti avec un revers crève-coeur de 3-2 subi devant 3500 personnes réunies au centre Gervais Auto.
C'est Samuel Girard, superbement alimenté par Samuel Blier, qui a fait mal au Drakkar en battant Antoine Samuel d'un bon tir frappé décoché avec 30 secondes à écouler au cadran. La séquence a mis un terme à un exténuant week-end où les Cataractes ont extrait quatre points sur une possibilité de six, même s'ils ont été dans les câbles durant les deux derniers matchs. Ce n'est peut-être pas la façon la plus élégante de s'y prendre, mais les Shawiniganais ont ainsi repris possession du premier rang au classement général.
Panne d'inspiration
Dimanche, le Drakkar, 17e au classement général, méritait néanmoins un meilleur sort. Antoine Samuel a été solide devant son filet et ses jeunes coéquipiers n'ont pas cédé un pouce à leurs réputés rivaux. 
Claude Bouchard a été obligé de changer ses combinaisons à l'attaque au milieu du duel, tellement l'attaque ne semblait pas inspirée. Son meilleur élément sur son échiquier offensif a été Samuel Blier, pourtant un col bleu... C'est lui qui a réanimé son club en deuxième avec une percutante mise en échec au centre de la glace. Les Cataractes tiraient à ce moment de l'arrière 1-0, et la hargne de Blier s'est un peu propagée au banc des siens, ce qui a mené au but en avantage numérique de Brandon Gignac.
Après avoir résisté à six minutes de désavantage numérique, les Cataractes ont pris les commandes du match en troisième, sur un tir parfait de Dennis Yan. Il en fallait davantage pour faire plier le Drakkar, qui a trouvé une façon de créer l'égalité grâce au filet de la recrue Gabriel Fortier. 
Tout ce beau monde semblait alors se diriger vers la prolongation, mais c'était avant que Blier ne repère Girard seul au point d'appui. D'un élan, la Tornade de Roberbal a anéanti tous les efforts des visiteurs. 
«Tout le mérite revient à Blier, qui a fait une grosse passe sur le jeu. Ça n'a pas été un week-end facile mais on peut être satisfait de notre récolte», témoignait l'espoir des Predators de Nashville, en convenant que l'horaire chargé des dernières semaines commençait à peser. «C'est sûr que je ressens de la fatigue. On a joué beaucoup de hockey dernièrement. Les entraîneurs le savent, on aura droit à un peu de repos au cours des prochains jours.»
Héros obscur de ce match, Samuel Blier avait du gaz à brûler, lui. Il était très heureux d'avoir eu un impact sur le match et d'avoir été l'architecte du but gagnant... après que son entraîneur ait augmenté ses responsabilités. 
«C'est rare que j'ai ma chance sur un trio offensif, je suis content d'avoir saisi l'occasion. Il y a eu le but en fin de match, on a aussi provoqué quelques chances avec (Brandon) Gignac et (Samuel) Asselin. En deuxième, j'ai voulu réveiller un peu l'équipe, fallait jouer de façon un peu plus physique. C'est une victoire importante pour nous.»
Victoire qui est accueillie à bras ouverts par Claude Bouchard, qui savait dès les premiers instants que sa troupe allait en avoir plein les bras.
«On n'avait pas d'émotions, on sentait la fatigue mentale sur le banc. Ce n'est pas une excuse, c'est un fait que nous venons de traverser quatre semaines avec trois matchs, et une avec quatre. Défensivement, ça va quand même bien mais offensivement, on a plus de mal à générer du positif. Faut se rentrer dans la tête qu'on ne peut pas jouer de la même façon que l'an dernier. Ça prend moins de dentelles, il faut accepter d'utiliser les jeux de base. Le hockey c'est une question de pouces, on a eu une chance en or de faire 3-1 avant que le Drakkar ne crée l'égalité 2-2. Je me demande encore comment Samuel a pu faire cet arrêt aux dépens de Fitzgerald. Mais même à 2-2, je n'ai jamais senti les gars paniquer. On est habitués d'être impliqués dans des matchs serrés.»
Le Drakkar est lui aussi un spécialiste des matchs serrés, à la différence qu'il se retrouve plus souvent qu'autrement dans la peau des perdants. «Je suis vraiment tanné de perdre par un but. On méritait un meilleur sort. Et c'est comme ça souvent depuis quelques temps. Ça devient frustrant», soulignait Samuel, déçu d'avoir été battu en fin de match par un tir qui avait des yeux. 
«Il y avait du trafic comme sur l'autoroute 40 devant le filet, tout le monde a essayé de bloquer le lancer. Mais c'est ça Samuel Girard, si tu lui laisses un petit trou, il va le trouver.»
Son pilote Martin Bernard préférait voir les signes positifs. «C'est notre 20e défaite par un but. Il nous manque seulement un peu de millage, on réussit à compétitionner contre les gros clubs. C'est décevant de perdre de cette façon, mais on ne va pas tout tirer à la poubelle pour autant. On va continuer à bâtir.»
Carnet de notes
Blessé à nouveau au bas du corps samedi à Victoriaville dans la défaite de 3-2, Alexis D'Aoust a évité le pire. Son état sera évalué sur une base quotidienne et Claude Bouchard n'a pas exclu qu'il soit disponible pour le match de mercredi face à l'Océanic.