Xavier Bourgault.

La tempête parfaite

Shawinigan — Avec 11 matchs à écouler à la saison, Xavier Bourgault a toujours des chances réelles d’accoter les performances d’un certain Anthony Beauvillier au même âge.

À 17 ans, le joueur des Islanders avait enfilé 42 buts à sa deuxième campagne chez les Cataractes. Bourgault en revendique actuellement 33. Il lui manque donc neuf filets pour le rejoindre, un joli pactole pour 11 matchs.

Mais c’est loin d’être une mission impossible pour celui qui est littéralement sorti de sa coquille cet automne. Après huit matchs, il n’avait toujours pas un seul but à sa fiche! Ses 33 buts ont été enfilés en 49 rencontres…

«Je ne suis pas surpris du tout par ses progrès. Ça fait un an que je dis à tout le monde qu’à 19 ans, lui et Mavrik Bourque seront dominants», lance Martin Mondou, qui évoque une tempête parfaite pour expliquer cette éclatante explosion. «Il a le talent. L’an passé, les gens regardaient sa fiche, mais ce qu’ils ne voyaient pas, c’était toutes les responsabilités assumées. Ce millage de qualité le sert cette année. Puis, le dernier ingrédient, c’est le travail qu’il s’est imposé l’été dernier pour se préparer physiquement. Dès son arrivée au camp, on voyait une différence importante dans tous les aspects du jeu en raison de cette préparation. À partir de là, on savait que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il n’explose.»

Beauvillier avait lui aussi connu une première campagne timide, avant de s’élever au rang des meilleurs joueurs de la ligue. On connaît la suite, il était dans la LNH à 19 ans. Mondou a-t-il peur que ce scénario se répète avec Bourgault et Bourque?

«Ça fait partie des possibilités. Ce qui nous est arrivé dans le passé nous a appris à apprécier nos joueurs quand ils sont ici. Notre travail, c’est de les développer le mieux possible. On verra bien comment Bourgault et Bourque vont continuer à évoluer dans les prochains mois.»

Bourque est éligible à la prochaine séance de sélection de la LNH. Malgré sa blessure qui lui aura fait rater le dernier mois de la saison, il va trouver preneur dans les deux premières rondes, peut-être même au premier tour.

Un scénario similaire attend probablement Bourgault un an plus tard, puisque c’est un «late». D’ici là, il devrait continuer de s’amuser aux dépens des gardiens de la LHJMQ.

Les prochains en liste sont ceux du Titan d’Acadie-Bathurst et des Mooseheads d’Halifax, les visiteurs au Centre Gervais Auto en fin de semaine. Engagés dans une lutte de tous les instants pour mériter l’avantage de la glace au premier tour des séries, les Cataractes ne peuvent se permettre de gaspiller ces points à l’enjeu face aux deux pires équipes de la ligue.

«En même temps, c’est un beau défi, dans le sens où nous avons eu du mal cette saison à bien performer contre les clubs derrière nous au classement. Face aux meilleures équipes, les gars sont prêts. Ils doivent se préparer de la même façon en fin de semaine», fait valoir Mondou, qui se dit satisfait du travail abattu depuis la nomination de Gordie Dwyer derrière le banc de l’équipe, il y a près de trois semaines. Les Cataractes ont amassé neuf points sur une possibilité de 12 depuis le congédiement de Daniel Renaud.

«Daniel avait ses qualités, Gordie a les siennes. C’est une voie différente, des méthodes différentes et jusqu’ici, les résultats sont bons. La réaction des joueurs est prometteuse pour la suite des choses.»