La 50e saison de la plus vieille concession de la Ligue de hockey junior majeur du Québec s’est déroulée en montagnes russes, avec comme point culminant, un affrontement avec les Huskies de Rouyn-Noranda fort encourageant pour les saisons à venir.

La saison en cinq phases

Après huit mois et près de 80 matchs, la saison des Cataractes a pris fin lundi face aux Huskies de Rouyn-Noranda. Cette deuxième saison de reconstruction n’a pas été de tout repos. Retour sur ce parcours de montagnes russes, en cinq phases.

L’espoir

Les Cataractes ont accueilli le repêchage en juin, une façon de célébrer le 50e anniversaire de la concession. Après une année de misère noire, il y avait de l’optimisme dans l’air, avec cinq choix dans les deux premières rondes, dont le troisième au total.

Avec cette sélection, Mario Carrière a pu choisir Mavrik Bourque, le premier nom qui était sur sa liste confectionnée après des centaines d’heures à ratisser les arénas de l’est du Québec avec sa petite armée de recruteurs. Charles Beaudoin, Antoine Coulombe, William Veillette et Xavier Bourgault complétaient le nouveau noyau autour duquel Martin Mondou voulait bâtir.

Puis, au repêchage européen quelques semaines plus tard, Mondou se félicitait d’avoir pu mettre la main sur Valentin Nussbaumer, qui avait battu plusieurs records en Suisse.

Nussbaumer a d’ailleurs attaqué la saison avec rien de moins qu’un truc du chapeau, dans une victoire spectaculaire de 6-5! La saison semblait bien prometteuse.

Retour sur Terre

Le retour sur Terre a été brutal. Les Shawiniganais ont perdu les sept matchs qui ont suivi. Dans le lot, l’écart a été d’au moins quatre buts à cinq reprises. Il y a eu une tape de 12-1 face aux Voltigeurs, une autre de 9-3 face au Drakkar.

Parti participer au camp des Ducks d’Anaheim, Simon Benoît n’est jamais revenu. Il a battu des records lors des tests physiques des recrues et à 20 ans, il s’est fait une niche dans le club-école de l’équipe dans la Ligue américaine.

Privée de Benoît, la ligne bleue en a arraché pas à peu près. Les défaites n’ont pas arrêté de s’accumuler. Si Mavrik Bourque a été à la hauteur des attentes, autour de lui c’était plus difficile en attaque. Nussbaumer n’a pas eu l’impact espéré, Jan Drozg fonctionnait par séquence.

Du sang neuf

Insatisfait du rendement de son équipe, Martin Mondou a brassé la soupe aux Fêtes. Avec succès. Il a intégré du sang neuf en défense avec l’acquisition de trois adolescents de 17 ans, soit Marc-Antoine Pépin, Xavier Bourgeois et Félix Tremblay. Pépin, arrivé du collégial, s’est tout de suite révélé comme un actif de premier plan grâce à ses dons offensifs et son gabarit. Entre les poteaux, Justin Blanchette est arrivé en renfort. Il a connu de bonnes soirées, quelques mauvaises. Mais son côté bagarreur a donné une identité à l’équipe. On peut dire un peu la même chose de Mikaël Robidoux, obtenu pour une bouchée de pain des Remparts. Robidoux, qui traîne un lourd bagage en matière de suspensions, a été sans reproche depuis son arrivée à Shawinigan et il a endossé volontiers le rôle de grand frère. À noter finalement, la trouvaille du joueur de centre Xavier Cormier au ballotage. En l’espace de quelques mois, il est devenu un incontournable dans le top 9 de l’équipe.

Une course folle

Ces belles additions n’ont toutefois pas permis à l’équipe de gagner avec plus de constance. Faut dire que les ennuis marqués en désavantage numérique plombaient les efforts de la jeune troupe de Daniel Renaud. L’écart s’est rétréci entre les Cataractes et les meilleures formations de la ligue, c’était visible à l’œil. Mais moins visible au classement général, où l’équipe s’est engagée dans une lutte avec les Sea Dogs de Saint-John pour la 16e et dernière place donnant accès aux séries.

Individuellement, le dernier droit a permis à Jérémy Martin de se révéler, à 17 ans, comme un élément en mesure de compléter un top 6. Jan Drozg a quant à lui élevé son jeu d’un gros cran. Valentin Nussbaumer avait plus de mordant.

Les Cataractes ont néanmoins perdu leurs 15 derniers matchs. Ils ont eu besoin d’un point acquis grâce à une défaite en prolongation lors du dernier duel de la saison pour se faufiler en séries et éviter la honte d’être comparés aux Dynamos.

La surprise

Comme récompense, les hommes de Daniel Renaud ont eu droit à un rendez-vous avec les Huskies de Rouyn-Noranda en première ronde des séries, classés la meilleure équipe au Canada. Rien de moins que 86 points séparaient les deux clubs au classement général! Ça sentait le balayage, sinon le carnage à plein nez.

Surprise, les Cataractes avaient gardé le meilleur pour la fin. Grâce à une solide préparation et à un engagement de tous les joueurs, ils ont donné du fil à retordre aux puissants Huskies. Ces derniers ont eu besoin de six matchs pour se débarrasser de leurs rivaux. Ça faisait 27 ans que les champions de la saison n’avaient pas eu à se rendre jusqu’à un match six en première ronde!

Cette série a semblé mettre un baume sur les plaies des partisans, dont la fierté a été amochée depuis deux ans. Lors du match numéro cinq, ils étaient plus de 4500 personnes à s’entasser dans le Centre Gervais Auto pour encourager les jeunes Cataractes dans cette mission impossible.

Grâce à cette série, l’avenir s’annonce prometteur. Seulement quatre joueurs devraient graduer l’an prochain, soit Vincent Senez, Jérémy Manseau, Colin Paradis et Jan Drozg. Du groupe, seule la perte de Drozg est importante. Et même encore là, Martin Mondou bénéficie du neuvième choix au total au prochain encan européen, une position enviable pour lui trouver un remplaçant de qualité. Les Cataractes vont de plus bénéficier d’une sélection top 5 au repêchage midget en juin, un statut qui leur a permis de mettre le grappin sur des Mavrik Bourque, Anthony Beauvillier et Samuel Girard au cours de la dernière décennie. Restera à trouver deux vétérans de 20 ans de qualité pour épauler Mikaël Robidoux et cette équipe pourra faire un appréciable bond au classement en 2019-20.